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L'impact du premier confinement sur la santé des enfants

Mise à jour le 22/06/2021
Pendant le premier confinement, le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) a alerté sur son impact éventuel sur le mode de vie des enfants et sur leur santé physique et mentale. Découvrez les résultats des enquêtes réalisées dans le service de PMI et dans les crèches municipales.
L’analyse des données de ces enquêtes a pour objectif de documenter les conséquences du premier confinement sur la santé des enfants et des femmes enceintes ou venant d'accoucher et de comparer les résultats entre des populations ayant des profils socio-économiques différents.
Ces profils ont été définis à partir des données sur le type de logement dans lequel les familles ont vécu pendant le confinement. Les données recueillies proviennent de la déclaration des parents.

Deux enquêtes sur la santé des enfants et des femmes enceintes

La Direction des familles et de la petite enfance de la Ville de Paris a réalisé deux enquêtes relatives au premier confinement :
  • au sein du service de Protection maternelle et infantile (PMI) en octobre 2020
  • dans les crèches municipales en novembre 2020.

Les populations des enquêtes

À partir du type de logement dans lequel les familles ont vécu le confinement, quatre populations ont été constituées :
  1. en logement individuel habituel (pour l'enquête PMI)
  2. en logement très social (pour l'enquête PMI)
  3. en logement individuel habituel (pour l'enquête dans les crèches)
  4. dans un autre logement individuel (pour l'enquête dans les crèches)
Les populations d’enquête étaient constituées de 500 enfants (7 mois - 2 ans), 956 femmes en PMI et 3 185 enfants en crèche.

Les résultats des enquêtes

Un vécu du confinement dans des conditions moins favorables pour les familles de PMI

Les familles de l’enquête en crèche ont vécu le confinement dans de meilleures conditions (logement plus spacieux, présence du conjoint plus fréquente) que celles de PMI.
Au moins 20 % des parents des enfants accueillis en crèche et 25 % de ceux de PMI ont noté des effets négatifs du 1er confinement sur les indicateurs étudiés de la santé des enfants : augmentation du temps passé devant un écran, modification de l’appétit, apparition de troubles du sommeil, difficultés dans la relation avec l’enfant, vécu compliqué du quotidien avec l’enfant…

Dans l’enquête en PMI, la fréquence de certains indicateurs négatifs était plus élevée pour les familles en logement très social (familles hébergées, à l’hôtel, en centre d’hébergement et sans domicile), comme par exemple, l’apparition de troubles du sommeil ou de difficultés dans la relation avec l’enfant.
Au contraire, dans l’enquête en crèche la fréquence de certains d’entre eux était moindre pour les familles ayant vécu le confinement en dehors de leur logement habituel.
Parmi les femmes enceintes de l’enquête PMI, 68,8 % ont déclaré avoir été « particulièrement inquiètes » pendant cette période (79,3 % en logement très social) et des prestations de santé ont été annulées pour 29,5 % d'entre-elles.
Le 1er confinement a eu un impact plutôt négatif sur la santé du public accueilli en PMI et dans les crèches municipales à Paris. Cependant, le ressenti des conditions dans lesquelles le confinement a été vécu a été différent avec des conséquences d’autant plus négatives pour les familles ayant vécu le confinement dans des conditions de logement plus défavorables, très probablement en lien avec leur contexte social.

Un impact négatif du 1er confinement sur la santé d'environ un quart des enfants

Au moins 20 % des parents des enfants accueillis en crèche et 25 % de ceux de PMI ont déclaré un impact négatif sur leur enfant lié au 1er confinement.
L’augmentation du temps d’écran a été signalée pour un tiers des enfants alors qu’il s’agit d’enfants de 1 à 2 ans et pour 1/3 d'entre- eux. Cette augmentation persiste encore 5 mois après la fin du confinement.

La part des enfants pour lesquels les parents ont perçu une modification de l’appétit est plus élevée en PMI. Cet écart entre ces deux populations pourrait être dû à un stade de croissance différent lié à l’âge, à une activité physique différente liée aux conditions de confinement et à l’anxiété due à cette période.
Plusieurs signes sont probablement des manifestations liées à l’anxiété induite par cette période tels que l’apparition de troubles du sommeil pour un quart des enfants, des difficultés dans la relation avec l’enfant pour un quart des cas et un quotidien avec l’enfant compliqué pour 53 % des cas (enquête PMI) et 66 % des cas (enquête crèches).
Ils pourraient s’expliquer, pour les familles accueillies en crèche, par des difficultés liées entre autres à la co- gestion du télétravail et de la garde des enfants, pour les familles vues en PMI, globalement plus vulnérables, à la taille du logement, perte d’emploi, précaires, parent isolé…

70 % des femmes enceintes « particulièrement inquiètes »

La population des femmes enceintes pendant le 1er confinement comprend 49,9 % de primipares (femmes accouchant de leur 1er enfant).
50 % d’entre elles ont accouché dans les 2 mois précédant l’enquête.
Parmi elles, 68,8 % ont déclaré avoir été « particulièrement inquiètes » pendant cette période. Cette fréquence de 79,3 % est plus élevée pour les femmes vivant en logement très social.
De plus, des prestations de santé ont été annulées pour 29,5 % d’entre elles, avec des différences selon la parité : 33,9 % parmi les primipares, 29,7 % et 21 % respectivement pour les 2e pares et 3e pares ou plus. Il s’agit principalement des consultations médicales et des séances de préparation à la naissance, dont la part diminue avec l’augmentation de la parité.
Ces résultats témoignent d’un besoin des femmes enceintes de soutien et d’accompagnement.
À noter
La méthodologie de l’enquête en PMI par auto questionnaire papier a conduit à des taux de données manquantes importants, notamment, parmi les familles en situation de précarité.

Les résultats sont probablement sous-estimés, car les enquêtes ont été réalisées 5 à 6 mois après la fin du confinement, après la reprise d’une vie plus active par les familles.

L'accompagnement des familles pendant les périodes des confinements

Toute l’année, y compris pendant les périodes du premier et du deuxième confinement, la Ville de Paris propose un ensemble de services destinés à accompagner les parents et à assurer un suivi médical et de prévention des enfants de 0 à 6 ans, ainsi que des femmes enceintes.

Durant le 1er confinement, les centres de Protection maternelle et infantile (PMI) sont restés ouverts afin d’assurer les missions essentielles de vaccinations obligatoires pour les nourrissons de 0 à 16 mois selon le calendrier vaccinal, les consultations du premier mois et celles pour les enfants dans des situations de vulnérabilité.

Les services de la PMI ont également poursuivi l’accompagnement des familles :
  • le suivi des nouvelles naissances a été assuré par téléphone pour permettre d’évaluer le besoin d’un rendez-vous en centre de PMI ou d’une visite à domicile
  • un numéro d’appel unique pour accompagner les femmes sortant de maternité a été mis en place
  • une cellule d’écoute psychologique pour les familles souhaitant un accompagnement a été organisée.
En 2021, les services de la Ville ont apporté des informations et conseils pratiques en ligne pour accompagner les familles à la maison : soutien et écoute, suggestions liées à l’éducation, développement psychomoteur de l’enfant, alimentation, loisirs…

Aujourd’hui, parce que la période a été longue et difficile pour de nombreuses familles, les 59 centres de PMI, les nombreux partenaires du champ du soutien à la parentalité, comme les lieux d’accueil enfants-parents (LAEP) sont à la disposition de tous les parents parisiens !
L’intégralité de l’article est disponible sur le site du Bulletin épidémiologique hebdomadaire.
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