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Entretien

Hauwa Ibrahim, citoyenne d'honneur : « J'ai créé un lien fort avec la ville de Paris »

Mise à jour le 09/12/2021
À l'occasion des 20 ans de la citoyenneté d'honneur de la Ville de Paris, qui récompense des personnes ayant lutté pour la liberté et les droits humains à travers le monde, nous avons interviewé Hauwa Ibrahim, avocate nigériane et citoyenne d'honneur depuis 2005.
Hauwa Ibrahim est la première femme avocate du nord du Nigéria. Reconnue pour son rôle dans la défense d'une femme condamnée à la lapidation pour adultère, elle a reçu la citoyenneté d'honneur de la Ville de Paris ainsi que le prix Sakharov (décerné par le parlement européen). Elle continue aujourd'hui d'œuvrer pour la paix et les droits humains.

Qu'est-ce que la citoyenneté d'honneur a changé dans votre vie ?

Depuis que j'ai reçu la citoyenneté d'honneur, j'ai créé un lien fort avec la ville de Paris. Lors de l'incendie de la cathédrale Notre-Dame, j'ai appelé tous mes amis et demandé de l'aide, car la tragédie m’a beaucoup touchée.
En tant que citoyenne d'honneur, j'ai aussi eu davantage d'occasions de m’exprimer et de dialoguer avec des personnes du monde entier sur les questions qui me tiennent le plus à cœur, la paix et les droits humains.
Recevoir une distinction aussi prestigieuse m’a donné le sentiment d’appartenir à une communauté, car nous partageons tous une humanité commune malgré nos différences.

Quelles sont vos actions aujourd'hui ?

Je préside le conseil d'administration de l'Institut pour la paix. The Peace Institute (TPI) soutient des initiatives culturelles, éducatives et de recherche visant à améliorer la vie des femmes, des enfants et de tous ceux qui pourraient bénéficier d'un monde plus sûr et plus sain. À travers ces initiatives, l’institut cherche à éduquer les individus et à développer les communautés en s’appuyant sur leurs propres capacités.
Par exemple, nous organisons des camps d'été scientifiques pour les jeunes durant lesquels nous utilisons des kits STEM (sciences, technologie, ingénierie et mathématiques) pour leur enseigner des connaissances scientifiques de base grâce à des matériaux locaux. Face au succès rencontré dans trois communautés nigérianes, qui a touché plus de 1 250 élèves, l'initiative s'étend à d'autres communautés d'Afrique occidentale.
Notre deuxième projet s’appelle « Mothers’ Without Borders : Steering Youth away from Violent Extremism » (Mères sans frontières : détourner les jeunes de l’extrémisme violent). Alors que l'irrationalité et l'extrémisme sont en augmentation, personne n'est mieux placé que les mères, les tantes, les sœurs, les épouses et les grands-mères pour détourner les jeunes de ceux qui voudraient les exploiter avec des idéologies extrémistes violentes. Les mères sont le socle de la vie des enfants et souvent leur seul lien constant. Les mères connaissent leurs enfants de l'intérieur et de l'extérieur, elles sont leur monde.

Quelle est la situation des droits humains dans votre pays ?

L'introduction des nouvelles technologies et des réseaux sociaux a modifié l'approche et la compréhension des droits humains partout dans le monde. C’est également vrai pour le Nigeria.
Des problèmes clés tels que la désinformation et les fake news (fausses informations) peuvent augmenter l’insécurité et contribuer à causer des difficultés, des violences et des morts. Comme le gouvernement nigérian est lent à réagir, de nombreuses communautés trouvent des moyens pour lutter localement contre ce fléau.
Les fournisseurs de services de télécommunication et les législateurs doivent s'efforcer de créer un équilibre entre la libre circulation de l'information (indépendamment de son exactitude) qui existe dans la plupart des pays et le contrôle total exercé sur elle par d'autres. Il y a un sérieux manque de responsabilité et de transparence dans les réglementations et les actions des fournisseurs de services en matière d'information.
Engagée dans la lutte contre la désinformation et les fausses informations, je collabore avec un groupe de professionnels de « l'imagination radicale » qui aident les communautés du nord du Nigeria à sensibiliser et à former les gens pour combattre ces problèmes.

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