Couturières de la Ville : dans l’atelier des mains expertes des crèches parisiennes
Portrait
Mise à jour le 11/03/2026
Le groupe assure une mission aussi discrète qu’essentielle : habiller le quotidien des crèches de la capitale. Ici, on répare ou on crée à partir de matériaux revalorisés pour enchanter le monde des tout-petits !
Anciens uniformes d’agents municipaux, rideaux démodés,
fins de stocks de tapissiers ou dons de parents… Depuis près de dix ans, les
couturières de la Ville de Paris ont pris le pli de l’upcycling – ou l’art de réutiliser des matériaux –, bien avant que le mot ne devienne une
tendance.
Chaque année, six talents de la couture produisent ainsi près de 4 000 nappes pour habiller les tables pendant les
repas, mais aussi des housses de matelas, des vêtements de poupée, des
déguisements… Un artisanat commandé par les différentes crèches dont elles
dépendent, et une alternative au matériel du commerce, qui peut être inadapté au quotidien d’un groupe de jeunes enfants. Quatre d’entre elles
nous présentent leur métier pas comme les autres.
Les outils de la couturière : un mètre ruban, des épingles et… une machine à coudre !
Crédit photo :
Ludivine Boizard / Ville de Paris
Un sac en tissu pour emporter des livres à la maison.
Crédit photo :
Ludivine Boizard / Ville de Paris
Vêtements de poupée réalisés par les couturières de la ville de Paris.
Crédit photo :
DFPE / Ville de Paris
Tablier d'enfant réalisé par les couturières de la ville de Paris.
Crédit photo :
DFPE / Ville de Paris
Objets réalisés par les couturières de la ville de Paris pour les crèches.
Crédit photo :
DFPE / Ville de Paris
Vêtements de poupée réalisés par les couturières de la ville de Paris.
Crédit photo :
DFPE / Ville de Paris
Christine, la conteuse qui brode le récit
Je faisais déjà un peu de couture. Pour des raisons de santé, je ne pouvais plus occuper mon ancien poste d’agent de service. Les ressources humaines m’ont alors proposé un poste en couture, en lien avec mes compétences.
couturière
Christine adore transformer les classiques de la
littérature jeunesse (Les Trois Petits Cochons, Roule Galette ou encore Boucle
d’or) en « tapis à histoires » pour les établissements des 6e et
14e arrondissements. Le récit quitte la page pour devenir un textile avec une variété de textures et de volumes. Pendant que l’on raconte, on scratche, on touche et on bouge des éléments sur un décor
cousu. Un excellent outil pédagogique, qui se décline également en
tablier. Pas besoin de patron : « Je n’aime pas refaire deux fois
la même chose ! » Christine cherche constamment l’inspiration sur les réseaux
sociaux, elle puise dans son esprit dans le but de fasciner sa galerie de petits
curieux.
Isabelle, la couture au service du soin
La sécurité dicte chaque point : on bannit les perles et les boutons. Rien ne doit pouvoir être arraché, et encore moins avalé, même si les objets sont manipulés par des adultes.
couturière
Pour une crèche du 9e, Isabelle, ancienne de la filière santé, façonne des silhouettes en tissu pour raconter une histoire sur la banquise. L’agente ne se contente pas de décorer, elle répare des usages complexes, car la couture est aussi un prolongement du soin.
En lien étroit avec les Référents Inclusion Handicap (RIH) et les Référents Santé Accueil Inclusif (RSAI), ainsi qu’avec les professionnels qui accompagnent les enfants et les responsables de crèche, elle imagine des solutions sur mesure que le commerce ignore. « On s’adapte toujours à l’enfant », explique-t-elle, citant l’exemple de housses spécifiques créées pour une chaise médicalisée afin de stabiliser la posture d’une petite fille. Un artisanat de précision où chaque point de couture assure autant le confort que la sécurité.
Irène, de l’héritage familial au « réseau couture »
Ma tante m’a appris la couture et, quand je suis entrée à la Ville, j’ai suivi toutes les formations couture proposées.
couturière
Irène transforme le rebut en trésor pédagogique. Sous ses doigts, les vieux jeans deviennent des tabliers robustes et des centaines de sacs de prêts s’alignent, prêts à transporter les livres de la crèche jusque dans les familles. Mais son rôle dépasse la simple confection : elle est l’un des piliers du « réseau couture », un dispositif d’accompagnement permettant à tous les agents de la petite enfance de se lancer dans des projets de création.
Pour elle, la machine à coudre est un héritage autant qu’un engagement professionnel. Aujourd’hui, elle transmet ce savoir-faire technique pour que chaque agent puisse, à son tour, imaginer des outils adaptés aux besoins des enfants.
Christelle, du mètre ruban au sourire des équipes
Ce qui me touche le plus, c’est lorsque le personnel est content, que les enfants utilisent nos créations, et que nous recevons des retours positifs !
couturière
Christelle, la benjamine du groupe, parcourt les établissements de Paris
Centre, mètre ruban en main : « On discute avec les équipes, on
regarde ce qui est possible avec les tissus disponibles. » Marionnettes,
décors, coussin d’émotion… tout est sur mesure !
« Faire crèche dehors »
Leur prochain chantier collectif concernera le développement d’équipements
permettant aux enfants de « faire crèche dehors ». Des prototypes ont
déjà vu le jour à partir de vêtements municipaux recyclés, nourris par des
échanges avec d’autres collectivités, notamment Rennes.
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