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Le saviez-vous ?

Cinq boutiques d'autrefois inscrites aux monuments historiques (1/2)

Mise à jour le 12/03/2020
A Paris, on dénombre 1940 sites classés ou inscrits aux monuments historiques, au titre du patrimoine architectural. Si on pense facilement à la tour Eiffel ou au musée du Louvre, il existe aussi, dans chaque quartier, des petites pépites inscrites à ce label et notamment d'anciennes boutiques. Première série, avec photos, de cinq d'entre elles.
Pour mémoire : un monument historique est un édifice qui a été classé ou inscrit afin de le protéger, du fait de son intérêt historique ou artistique. Son champ temporel s'étend de la période préhistorique au XXe siècle. Les boutiques, choisies ici, sont inscrites aux monuments historiques et témoignent de commerces du XIXe et du début du XXe siècle. Tous les monuments sont répertoriés par le ministère de la Culture sur une plateforme ouverte.

Des plumes (pour écrire un mot) : 10 bis, rue Roger (14e)

Depuis la place Denfert-Rochereau, empruntez la rue Froidevaux et longez le cimetière du Montparnasse jusqu’à la rue Roger, sur votre gauche. Dans cette rue tranquille et pavée qui mène à la rue Daguerre, vous trouverez une jolie surprise au 10 bis.
Le rez-de-chaussée de cet immeuble comporte encore la devanture d’une ancienne librairie, installée à la fin du XIXe siècle, vers 1880. Sur le fronton, au-dessus de la porte de gauche, un homme barbu et à chapeau semblait accueillir les clients. En bas du fronton, on peut apercevoir deux plumes, ancêtres de nos stylos. Approchez-vous du bas de la devanture : on peut y lire « livres manuscrits ». Cette devanture a été inscrite aux Monuments Historiques par arrêté du 23 mai 1984. Consultez la notice de la Base Mérimée (patrimoine architectural) du ministère de la Culture)
Pour l’anecdote, le voisin de cette librairie fut longtemps le sculpteur César (1921-1998) qui avait son atelier parisien au 10, rue Roger.

Des têtes de Bachus : 13, rue Michel-le-Comte (3e)

Au 13, de la rue Michel-le-Comte, étroite mais historique rue du 3e, vous êtes peut-être déjà passé devant sans la remarquer…
Cette devanture de boutique date du XIXe siècle. Elle est typique de l'époque Restauration (1814-1830) avec son coffrage de bois simple de panneaux rectangulaires et sa série de petites arcades décoratives. Levez les yeux vers les deux pilastres de l'entrée. Leurs chapiteaux en fonte de fer représentent des raisins, des têtes de Bacchus et des feuilles d'acanthes (feuilles qui ont servi de modèle dans l'antiquité grecque pour les chapiteaux corinthiens) . Selon la base Mérimée, cette devanture était sans doute celle d'un ancien débit de boisson. Elle a été inscrite aux Monuments Historiques par arrêté du 23 mai 1984. Consulter la notice de la Base Mérimée (patrimoine architectural) du ministère de la Culture
L'info en plus : le site paris-rue indique que la rue Michel-le-Comte était l'ancien chemin de ronde extérieur de l'enceinte de Philippe Auguste et porte son nom actuel depuis la fin du règne de Saint-Louis (XIIIe siècle). Et si vous parvenez à entrer au 16 de la rue, vous y verrez un cadran solaire probablement le plus ancien de Paris. L'année 1623 y est inscrite.

Des abeilles et des mosaïques : 9, rue Pierre Lescot (1er)

Dans le tumulte de la rue Pierre Lescot menant aux Halles, arrêtez-vous à l'angle de la rue Rambuteau et levez les yeux.
Aviez-vous déjà remarqué cette ruche traditionnelle en paille, savamment sculptée dans la pierre d'où sortent quelques abeilles presque plus vraies que nature. Vous devinez bien sûr ce qu'il se vendait sous cette enseigne. L'immeuble date de la fin du XIXe siècle, cette enseigne probablement aussi.
En rez de chaussée de l'immeuble, les superbes mosaïques dans les tonalités de bleu sont plus récentes. Elles datent de 1940. L'enseigne et la devanture sont toutes deux inscrites aux Monuments historiques par arrêté du 23 mai 1984. Consultez la notice de la Base Mérimée (patrimoine architectural) du Ministère de la Culture.

Des épis de blé : 62, rue de l'Hôtel de Ville (4e)

A l'angle du 62 rue de l'Hôtel-de-Ville et du 2 rue des Barres se tient un restaurant gastronomique bien connu des habitants du quartier. Mais approchez-vous des décors de panneaux, fixés sous verre, de la devanture.
Les décors figurant un moulin, des moissonneurs et des gerbes de blé ainsi que l'inscription "pains français viennois" ne vous laisseront plus de doutes. Vous êtes devant une ancienne boulangerie datant du tout début du XXe siècle. Les décors sont l'oeuvre des ateliers Gilbert et sont caractéristiques de la Belle Epoque (quinze premières années du XXe siècle). Si vous y aller déjeuner ne manquez pas, à l'intérieur, le plafond peint : un ciel avec envol d'oiseaux.
L'enseigne et la devanture sont toutes deux inscrites aux Monuments Historiques par arrêté du 23 mai 1984. Consultez la notice de la Base Mérimée (patrimoine architectural) du Ministère de la Culture. On y apprend aussi que le rez-de-chaussée de cet immeuble du premier quart du XIXe siècle réunissait deux commerces, la boulangerie ainsi que l'auberge "Au pigeon blanc". Le restaurant conserve d'ailleurs sa grille en fonte datant de 1820.

Des sangliers et des faisans : 4 bis, rue Parrot (12e)

Les petits lampions rouges et la calligraphie chinoise brouillent les pistes. Mais là encore, approchez-vous de la devanture de ce traiteur.
Les décors peints, fixés sous verre, de scènes de chasse au sanglier et au cerf, de natures mortes avec bouquets de fleurs ou gibiers, vous mettent sur la voie. Les inscriptions "charcuteries comestibles ou jambon de paris" vous le confirment, vous êtes devant une ancienne charcuterie. Celle-ci est installée en rez-de-chaussée d'un immeuble construit en 1903. Le coffrage de bois de la devanture est orné de peintures fixées sous verre signées de l'atelier de Benoist et Fils, spécialisé dans le décor des magasins d'alimentation (1885-1936). L 'enseigne et la devanture sont toutes deux inscrites aux Monuments Historiques par arrêté du 23 mai 1984. Consultez la notice de la Base Mérimée (patrimoine architectural) du ministère de la Culture.
Inscrits ou classés ?
La législation distingue deux types de protection.
Sont classés parmi les monuments historiques « les immeubles dont la conservation présente, au point de vue de l’histoire ou de l’art, un intérêt public ». C'est le plus haut niveau de protection.
Sont inscrits parmi les monuments historiques « les immeubles qui, sans justifier une demande de classement immédiat au titre des monuments historiques, présentent un intérêt d’histoire ou d’art suffisant pour en rendre désirable la préservation ».
Pour les édifices classés, comme pour les inscrits, cette protection peut être totale ou partielle, ne concernant que certaines parties d'un immeuble ( ex : façade, toiture, portail, etc.).
Source ministère de la Culture

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