6 couples célèbres qui ont laissé leur empreinte dans Paris

Le saviez-vous ?

Mise à jour le 09/02/2026

A gauche Portrait de Juliette Récamier, (1777-1849). Gérard, François, baron / A droite Chateaubriand.  Gaillard, Ferdinand , Graveur Girodet-Trioson, Anne-Louis , Auteur du modèle Chardon, F. (Aîné) , Imprimeur-lithographe.
Cupidon est de la partie pour cette balade à travers Paris ! Partez à la rencontre de 6 couples mythiques des XIXᵉ et XXᵉ siècles, dont les traces artistiques et intellectuelles ont façonné d’une certaine manière la capitale.

Marie, Pierre et l’Institut Curie

Leur amour n’aura duré que douze ans, mais leurs travaux sont passés à la postérité. Pierre (1859-1906) et Marie Curie (1867-1934), mariés en 1895, ont travaillé main dans la main et ont découvert le polonium et le radium. En 1903, ils se partagent, avec Henri Becquerel, le prix Nobel de physique. La radioactivité est née, et un nouveau champ médical s’ouvre, celui de la radiothérapie. Alors que Pierre meurt accidentellement en 1906, Marie poursuit leurs travaux et reçoit le prix Nobel de chimie en 1911. En 1920, elle crée une fondation puis un dispensaire, rue d’Ulm (5e). Des laboratoires de biologie et un hôpital suivent, en 1932. L’établissement propose des soins innovants pour le traitement des cancers.

Que reste-t-il de leur amour ?

En 1978, l'Institut du radium et la fondation Curie fusionnent et deviennent l'Institut Curie (5e). Aujourd’hui, c'est un centre de recherche de renommée internationale et un ensemble hospitalier de pointe, implanté sur trois sites (Paris, Saint-Cloud et Orsay). On peut aussi visiter le musée Curie (5e), installé dans l'ancien laboratoire de Marie Curie à l'Institut du radium. Il propose de découvrir l'histoire de la famille, de la radioactivité et de ses premières applications. Autre site incontournable : le Panthéon (5e), où le couple repose depuis 1995.

Aristide, Marguerite, le Bon Marché et l'hôpital Boucicaut

À 25 ans, Aristide Boucicaut (1810-1877) quitte sa Normandie et les marchés où il vend laine et tissu pour rejoindre Paris. Il devient vendeur au Petit Saint Thomas, un magasin de nouveautés rue du Bac (7e). De son côté, Marguerite, née Guerin (1816-1887), venue de Verjux, près de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), devient vendeuse dans un bouillon traiteur… rue du Bac. C’est là que les jeunes gens se croisent et tombent amoureux. Ils se marient en 1848, au moment où Aristide rejoint l’enseigne Au Bon Marché, dirigée par les frères Videau. En 1869, ayant acheté les parts des frères Videau, les Boucicaut posent la première pierre du nouveau Au Bon Marché.

Que reste-t-il de leur amour ?

On peut visiter le magasin Au Bon Marché (7e), forcément, mais aussi l'écoquartier Boucicaut. Pourquoi ? Quand Marguerite décède, elle demande à l’Assistance publique, son légataire universel, la construction d’un hôpital moderne qui portera son nom. L'hôpital Boucicaut (15e) sera bien construit de 1894 à 1897, rue de la Convention. Il a fonctionné de 1897 à fin 2000, lorsque ses services ont été intégrés à l'hôpital européen Georges-Pompidou (15e). Le site a aujourd'hui été aménagé en écoquartier, intégrant des bâtiments de l'ancien hôpital.

René, Juliette et le square Récamier

Le XVIe siècle avait Roméo et Juliette, le XIXe siècle eut René et Juliette. Ou, plus exactement, François-René de Chateaubriand, écrivain, mémorialiste, homme politique et précurseur du romantisme français (1768-1848), et Jeanne Françoise Julie Adélaïde Bernard, mariée à Jacques Récamier, dite Juliette Récamier (1777-1849), femme de lettres française. Leur passion ne fut pas sans quelques incartades, jalousie et départs. Mais quand ils étaient ensemble, c'est dans le couvent de l’Abbaye-aux-Bois (7e) que les amants se retrouvaient. Juliette y louait un appartement qui allait devenir l’un des plus importants salons littéraire en Europe. C’est même dans ce salon que Chateaubriand dévoila Les Mémoires d’outre-tombe.

Que reste-t-il de leur amour ?

En 1907, l'agrandissement d'une partie de la rue de Sèvres a détruit les lieux, mais les terrains récupérés ont contribué à la création de la rue Récamier et du square Récamier, devenu aujourd'hui le square Roger-Stéphane (7e). À l’emplacement de ce square s'élevait donc l'aile de la maison que madame Récamier occupa pendant trente ans et où Chateaubriand la rejoignit souvent. C'est peut-être pour cela qu'aujourd'hui, cet adorable square bien abrité, à la végétation luxuriante, semble le havre rêvé pour les tourtereaux.

Bruno, Paulette et l'Olympia

Ils n'en sont pas les créateurs, certes, mais leur collaboration amoureuse et leur passion pour la chanson l'ont fait revivre. Bruno et Paulette Coquatrix ont même donné à l'Olympia sa renommée européenne (mondiale ?) dans les années 1950. En effet, en 1954, Bruno Coquatrix, auteur-compositeur à succès se voit confier la mission de donner un nouveau souffle au music-hall que Jacques Haïk vient de reconstruire entièrement. Il avait en effet été transformé en cinéma pendant la crise économique de 1929. Paulette est de son côté costumière de théâtre. Elle rencontre Bruno dans un cabaret. Tous deux tombent amoureux et (re)donnent vie au music-hall.

Que reste-t-il de leur amour ?

En 1979, à la mort de son mari, Paulette hérita avec sa fille de la salle de spectacles qu'elle continua de faire vivre avec passion et détermination, avant de finalement la vendre au groupe Vivendi en 2001 et de mourir à l'âge de 102 ans, en 2018. Mais aujourd'hui encore, le nom de Bruno Coquatrix, accolé au nom de la salle de l'Olympia, éclaire le boulevard des Capucines (8e).

Yves, Pierre et la maison de couture Yves Saint Laurent

Nous sommes en 1958. Celui qui va devenir « le petit prince de la mode », Yves Saint Laurent (1936-2008), présente sa première collection en tant que directeur artistique de la maison Dior. Ce premier défilé va lui ouvrir les portes de la célébrité, et aussi celles de l'amour avec sa rencontre avec Pierre Bergé (1930-2017). Ensemble ils vont créer une maison de haute couture, que Pierre Bergé dirigera. En 1974, la maison de couture Yves Saint Laurent déménage dans un hôtel particulier du 5, avenue Marceau (16e). Pendant près de trente ans, le couturier y poursuit l’œuvre entreprise depuis le début de sa carrière.

Que reste-t-il de leur amour ?

Le 7 janvier 2002, le couturier annonce qu’il met fin à sa carrière et ferme la maison de haute couture. En 2017, quinze ans après sa fermeture et au même emplacement, ouvre le musée Yves Saint Laurent. Sur plus de 450 m2, parcours rétrospectif et expositions temporaires thématiques mettent en lumière l’œuvre d’un des plus grands couturiers du XXe siècle.

Niki, Jean et la fontaine Stravinsky

Leurs amis les appelaient les « Bonnie and Clyde de l'art ». Pour lui, elle était « la sorcière aux yeux bleus ». Jean Tinguely (1925-1991) et Niki de Saint Phalle (1930-2002) se rencontrent en 1955 et se marient en 1960. Pendant 40 ans, Niki, qui exprime son art par des sculptures, de préférence monumentales, et Jean, avec ses « machines qui ne servent à rien » (comme il le disait non sans humour), vont conjuguer recherche artistique et passion amoureuse. En couple bohème, extravagant et nomade, les amoureux laissent, au gré de leur voyage, des créations communes et souvent grandioses !

Que reste-t-il de leur amour ?

À Paris, la création de Niki et Jean la plus connue est sans doute la fontaine Stravinsky, ou fontaine des Automates. Réalisée en 1983, c'est une commande publique entre la Ville de Paris (Jacques Chirac étant alors maire), le ministère de la Culture et le centre Pompidou. L'œuvre est la propriété de la Ville de Paris. Ce monument évoque l'œuvre musicale d'Igor Stravinsky, compositeur russe du XXe siècle qui donne aussi son nom à la place où la fontaine est située.
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