6 couples célèbres qui ont laissé leur empreinte dans Paris
Le saviez-vous ?
Mise à jour le 09/02/2026
Sommaire
Cupidon est de la partie pour cette balade à travers Paris ! Partez à la rencontre de 6 couples mythiques des XIXᵉ et XXᵉ siècles, dont les traces artistiques et intellectuelles ont façonné d’une certaine manière la capitale.
Marie, Pierre et l’Institut Curie
Leur amour n’aura duré que douze ans, mais leurs travaux
sont passés à la postérité. Pierre (1859-1906) et Marie Curie (1867-1934),
mariés en 1895, ont travaillé main dans la main et ont découvert le polonium et
le radium. En 1903, ils se partagent, avec Henri Becquerel, le prix Nobel de
physique. La radioactivité est née, et un nouveau champ médical s’ouvre, celui
de la radiothérapie. Alors que Pierre meurt accidentellement en 1906, Marie
poursuit leurs travaux et reçoit le prix Nobel de chimie en 1911. En 1920, elle
crée une fondation puis un dispensaire, rue d’Ulm (5e). Des laboratoires de biologie
et un hôpital suivent, en 1932. L’établissement propose des soins innovants
pour le traitement des cancers.
Que reste-t-il de leur amour ?
En 1978, l'Institut du radium et la fondation Curie
fusionnent et deviennent l'Institut Curie (5e).
Aujourd’hui, c'est un centre de recherche de renommée internationale et un
ensemble hospitalier de pointe, implanté sur trois sites (Paris, Saint-Cloud et
Orsay). On peut aussi visiter le musée Curie (5e), installé dans
l'ancien laboratoire de Marie Curie à l'Institut du radium. Il propose de
découvrir l'histoire de la famille, de la radioactivité et de ses premières
applications. Autre site incontournable : le Panthéon (5e), où le couple repose depuis
1995.
Pierre et Marie Curie, physiciens français, avec leur fille Irène. France, vers 1900. © Collection Harlingue/Roger-Viollet
Crédit photo :
Roger-Viollet
Aujourd'hui passé à la postérité, le couple a sa statue dans le jardin du musée Curie (5e).
Crédit photo :
Zoomorama
Pierre et Marie Curie avec Monsieur Petit, garçon de laboratoire, à l’École supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris (5e), vers 1898.
Crédit photo :
Roger-Viollet
Laboratoire de chimie au pavillon Curie de l’Institut du radium (5e). Purification de nitrate d'urane et préparation des disques de polonium. Paris, 1920.
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Jacques Boyer/Roger-Viollet
Aristide, Marguerite, le Bon Marché et l'hôpital Boucicaut
À 25 ans, Aristide Boucicaut
(1810-1877) quitte sa Normandie et les marchés où il vend laine et tissu pour
rejoindre Paris. Il devient vendeur au Petit Saint Thomas, un magasin de
nouveautés rue du Bac (7e). De son côté, Marguerite, née Guerin
(1816-1887), venue de Verjux, près de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), devient
vendeuse dans un bouillon traiteur… rue du Bac. C’est là que les jeunes gens se
croisent et tombent amoureux. Ils se marient en 1848, au moment où Aristide
rejoint l’enseigne Au Bon Marché, dirigée par les frères Videau. En 1869, ayant
acheté les parts des frères Videau, les Boucicaut posent la première pierre du
nouveau Au Bon Marché.
Que reste-t-il de leur amour ?
On peut visiter le magasin Au Bon Marché (7e), forcément,
mais aussi l'écoquartier Boucicaut. Pourquoi ? Quand Marguerite décède,
elle demande à l’Assistance publique, son légataire universel, la construction
d’un hôpital moderne qui portera son nom. L'hôpital Boucicaut (15e) sera bien
construit de 1894 à 1897, rue de la Convention. Il a fonctionné de 1897 à fin
2000, lorsque ses services ont été intégrés à l'hôpital européen
Georges-Pompidou (15e). Le site a aujourd'hui été aménagé en écoquartier, intégrant
des bâtiments de l'ancien hôpital.
A gauche, Aristide Boucicaut (1810-1877. A droite, Marguerite Boucicaut (1816-1887).
Crédit photo :
Albert Harlingue/Roger-Viollet
« Les magasins de nouveautés "Au Bon Marché" », rue de Sèvres. Paris (7e). Gravure de Louis-Joseph-Amédée Daudenarde (1839-1907) d'après un dessin de M. Clerget. BNF, estampes.
Crédit photo :
Roger-Viollet
Le grand escalier du magasin Au Bon Marché. Paris, vers 1872.
Crédit photo :
Roger-Viollet
Voitures de livraison devant l’enseigne du Bon Marché, en stationnement rue Velpeau (7e). Paris, 1902.
Crédit photo :
Neurdein/Roger-Viollet
L'écoquartier Boucicaut (15e).
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Emilie Chaix / Ville de Paris
La chapelle de l'ancien hôpital construit à la demande de Marguerite Boucicaut, dans l’écoquartier Boucicaut (15e).
Crédit photo :
Emilie Chaix/Ville de Paris
Statues de Marguerite Boucicaut et de la baronne Clara de Hirsch, dans le square Boucicaut (15e).
Crédit photo :
Claire Pignol / COARC / Ville de Paris
René, Juliette et le square Récamier
Le XVIe siècle avait Roméo et Juliette, le XIXe siècle eut René et Juliette. Ou, plus exactement, François-René de Chateaubriand, écrivain, mémorialiste, homme politique et précurseur du romantisme français (1768-1848), et Jeanne Françoise Julie Adélaïde Bernard, mariée à Jacques Récamier, dite Juliette Récamier (1777-1849), femme de lettres française. Leur passion ne fut pas sans quelques incartades, jalousie et départs. Mais quand ils étaient ensemble, c'est dans le couvent de l’Abbaye-aux-Bois (7e) que les amants se retrouvaient. Juliette y louait un appartement qui allait devenir l’un des plus importants salons littéraire en Europe. C’est même dans ce salon que Chateaubriand dévoila Les Mémoires d’outre-tombe.
Que reste-t-il de leur amour ?
En 1907, l'agrandissement d'une
partie de la rue de Sèvres a détruit les lieux, mais les terrains récupérés ont
contribué à la création de la rue Récamier et du square Récamier, devenu
aujourd'hui le square Roger-Stéphane (7e).
À l’emplacement de ce square s'élevait donc l'aile de la maison que madame
Récamier occupa pendant trente ans et où Chateaubriand la rejoignit souvent.
C'est peut-être pour cela qu'aujourd'hui, cet adorable square bien abrité, à la
végétation luxuriante, semble le havre rêvé pour les tourtereaux.
A gauche, Juliette Récamier (1777-1849), par François Gérard. A droite, François-René de Chateaubriand (1768-1848), par Ferdinand Gaillard.
Crédit photo :
CC0 Paris Musées / Musée Carnavalet
Cour du cloître de l'Abbaye-aux-Bois (7e), par Pierre Emonts.
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CC0 Paris Musées / Musée Carnavalet
La chambre de madame Récamier à l'Abbaye-aux-Bois (7e), par Dejuinne Aubry-Lecomte, Hyacinthe Louis, Dessinateur-lithographe Dejuinne, François-Louis, auteur du modèle, en 1827.
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CC0 Paris Musées / Musée Carnavalet
Le square Roger-Stéphane (7e).
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Clément Dorval / Ville de Paris
Le square Roger-Stéphane (7e).
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Clément Dorval / Ville de Paris
Bruno, Paulette et l'Olympia
Ils n'en sont pas les créateurs, certes, mais leur collaboration amoureuse et leur passion pour la chanson l'ont fait revivre. Bruno et Paulette Coquatrix ont même donné à l'Olympia sa renommée européenne (mondiale ?) dans les années 1950. En effet, en 1954, Bruno Coquatrix, auteur-compositeur à succès se voit confier la mission de donner un nouveau souffle au music-hall que Jacques Haïk vient de reconstruire entièrement. Il avait en effet été transformé en cinéma pendant la crise économique de 1929. Paulette est de son côté costumière de théâtre. Elle rencontre Bruno dans un cabaret. Tous deux tombent amoureux et (re)donnent vie au music-hall.
Que reste-t-il de leur amour ?
En 1979, à la mort de son mari, Paulette hérita avec sa fille de la salle de spectacles qu'elle continua de faire vivre avec passion et détermination, avant de finalement la vendre au groupe Vivendi en 2001 et de mourir à l'âge de 102 ans, en 2018. Mais aujourd'hui encore, le nom de Bruno Coquatrix, accolé au nom de la salle de l'Olympia, éclaire le boulevard des Capucines (8e).
Bruno Coquatrix (1910-1979), auteur, compositeur français et directeur de "l'Olympia" de Paris dans son bureau.
Crédit photo :
Claude Poirier / Roger-Viollet
Paulette Coquatrix (Clara Paulette Possicelsky, 1916-2018), costumière française et épouse de Bruno Coquatrix, avec Renaud (né en 1952), chanteur français, à l'Olympia. Paris, 1982.
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© Geneviève Van Haecke / Roger-Viollet
Piaf (1915-1963), chanteuse française, chantant à l'Olympia. Paris, janvier 1961.
Crédit photo :
Philippe Poirier/Studio Lipnitzki/Roger- Viollet
Premier concert des Beatles à Paris. Olympia, Paris (IXème arr.), 16 janvier - 4 février 1964.
Crédit photo :
Claude Poirier/Roger-Viollet
Johnny Hallyday (1943-2017), acteur et chanteur français. Paris, Olympia, septembre 1961.
Crédit photo :
© Studio Lipnitzki/Roger-Viollet
Jacques Brel (1929-1978), auteurcompositeur et chanteur belge, et Bruno Coquatrix (1910-1979). Paris, février 1963.
Crédit photo :
Roger-Viollet
L'Olympia 24 boulevard des Capucines (8e) en 2000
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Henri Garat / Ville de Paris
Yves, Pierre et la maison de couture Yves Saint Laurent
Nous sommes en 1958. Celui qui va devenir « le petit prince de la mode », Yves Saint Laurent (1936-2008), présente sa première collection en tant que directeur artistique de la maison Dior. Ce premier défilé va lui ouvrir les portes de la célébrité, et aussi celles de l'amour avec sa rencontre avec Pierre Bergé (1930-2017). Ensemble ils vont créer une maison de haute couture, que Pierre Bergé dirigera. En 1974, la maison de couture Yves Saint Laurent déménage dans un hôtel particulier du 5, avenue Marceau (16e). Pendant près de trente ans, le couturier y poursuit l’œuvre entreprise depuis le début de sa carrière.
Que reste-t-il de leur amour ?
Le 7 janvier 2002, le couturier annonce qu’il met fin à sa carrière et ferme la maison de haute couture. En 2017, quinze ans après sa fermeture et au même emplacement, ouvre le musée Yves Saint Laurent. Sur plus de 450 m2, parcours rétrospectif et expositions temporaires thématiques mettent en lumière l’œuvre d’un des plus grands couturiers du XXe siècle.
Yves Saint Laurent (1936-2008), couturier français. 14 mars 1958.
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Roger-Viollet
Pierre Bergé (1930-2017), écrivain français, et Yves Saint Laurent (1936-2008), couturier français. Paris, Théâtre de l'Etoile. 1958.
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Bernard Lipnitzki / Roger-Viollet
Farah Diba chez Yves Saint Laurent, en novembre 1959.
Crédit photo :
Bernard Lipnitzki / Roger-Viollet
Yves Saint Laurent et la robe de mariage de Farah Diba. Décembre 1959.
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Bernard Lipnitzki / Roger-Viollet
Colette Marchand (1925-2016), danseuse et actrice française, et Yves Saint-Laurent (1936-2008), couturier français. Paris, octobre 1959.
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Boris Lipnitzki / Roger-Viollet
Yves Saint Laurent, Anne-Marie Muñoz et Pierre Bergé dans le studio du couturier en 1977, 5 avenue Marceau, Paris
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Guy Marineau (photo mise à disposition par le musée Yves-Saint-Laurent Paris)
Vue du Musée Yves Saint Laurent Paris 5 Avenue Marceau, 75116 Paris
Crédit photo :
Sophie Carre
Niki, Jean et la fontaine Stravinsky
Leurs amis les appelaient les « Bonnie and Clyde de l'art ». Pour lui, elle était « la sorcière aux yeux bleus ». Jean Tinguely (1925-1991) et Niki de Saint Phalle (1930-2002) se rencontrent en 1955 et se marient en 1960. Pendant 40 ans, Niki, qui exprime son art par des sculptures, de préférence monumentales, et Jean, avec ses « machines qui ne servent à rien » (comme il le disait non sans humour), vont conjuguer recherche artistique et passion amoureuse. En couple bohème, extravagant et nomade, les amoureux laissent, au gré de leur voyage, des créations communes et souvent grandioses !
Que reste-t-il de leur amour ?
À Paris, la création de Niki et Jean la plus connue est sans doute la fontaine Stravinsky, ou fontaine des Automates. Réalisée en 1983, c'est une commande publique entre la Ville de Paris (Jacques Chirac étant alors maire), le ministère de la Culture et le centre Pompidou. L'œuvre est la propriété de la Ville de Paris. Ce monument évoque l'œuvre musicale d'Igor Stravinsky, compositeur russe du XXe siècle qui donne aussi son nom à la place où la fontaine est située.
Fontaine Stravinsky, Place Igor Stravinsky (4e)
Crédit photo :
François Grunberg / Ville de Paris
Fontaine Stravinsky, Place Igor Stravinsky (4e)
Crédit photo :
François Grunberg / Ville de Paris
Fontaine Stravinsky, Place Igor Stravinsky (4e)
Crédit photo :
François Grunberg / Ville de Paris
Fontaine Stravinsky, Place Igor Stravinsky (4e)
Crédit photo :
François Grunberg / Ville de Paris
1983 Inauguration de la place et de la fontaine Stravinsky Jean Tinguely est à gauche de Bernadette Chirac et Niki de Saint-Phalle, à droite de jacques Chirac
Crédit photo :
Marc Verhille / Ville de Paris
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