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Cimetière du Père-Lachaise : la faune et la flore

Mise à jour le 10/06/2021
Le cimetière du Père-Lachaise abrite sur un même site espèces végétales et animales d'une grande diversité. Les animaux domestiques côtoient la faune sauvage, les parterres jardinés à la française contrastent avec les allées ondulantes où poussent les herbes endémiques.
Sitôt les portes du Père-Lachaise fermées, l’absence de présence humaine permet un retour au calme général pour toute la faune, qui peut ainsi commencer à vaquer à ses occupations, d'autant plus que l'éclairage nocturne y est inexistant. La circulation des animaux est facilitée par la présence voisine de la Petite Ceinture située côté Est du cimetière, constituant une trame verte, un véritable corridor écologique.
Le cimetière offre également à chaque espèce le milieu qu'elle affectionne : certains oiseaux et chauves-souris nidifient dans les cavités d'arbres qu'offrent les espaces plus arborés, l’épervier d’Europe préférant pour sa part les étendues plus ouvertes et minérales qui constituent un terrain de chasse idéal. Par ailleurs, l’entretien opéré par les jardiniers est sans traitement phytosanitaire depuis 2015, ce qui participe à l’émergence des plantes sauvages endémiques très appréciées par les insectes.
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Le père-Lachaise côté nature - 20e

Des arbres centenaires aux plantes spontanées

Constituant un poumon de verdure et de fraîcheur de 4 134 arbres, les alignements de tilleuls ou de buis taillés contrastent avec les allées plus romantiques ombragées de marronniers, érables, thuyas et frênes qui composent les essences principales présentes au cimetière du Père-Lachaise. S’ajoutent quelques platanes, robiniers, hêtres, sophoras et noyers qui n’ont rien à envier aux arbres remarquables listés ci-dessous. Aux tombes se mêlent les racines des houx, néfliers communs, lauriers et buddleias.
Le cimetière du Père-Lachaise compte neuf arbres dits remarquables, une appellation attribuée en fonction de leur histoire ou de leur morphologie singulières.
Ampleur et magnificence distinguent le cèdre du Liban (4e div.) en forme de chandelier, et le plaqueminier lotier (77e div.) arborant ses fruits en automne. Certaines espèces étant rares à Paris, l’arbre à gomme aux feuilles d’un vert luisant (75e div.) - le seul arbre à latex des régions tempérées - contraste avec le chicot du Canada (77e div.), dont les branches noueuses défeuillées plus de la moitié de l’année lui donnent l’aspect d’un arbre mort. L’éclat des feuilles dorées à l’automne des deux arbres aux quarante écus (78e et 84e div.) rivalise avec le romantisme des racines tortueuses du platane commun (45e div.) avalant les monuments funéraires. Enfin, le doyen parisien des érables de Montpellier (77e div), planté en 1833, surplombe l’étendue herbeuse du jardin de Dispersion.

Les 9 arbres remarquables classés par division :

4e division - Cèdre du Liban (Cedrus libani) : Essence originaire du Moyen-Orient, il est situé dans l’axe de la porte principale du cimetière. Ses grandes branches étalées horizontalement, telle une sculpture végétale, subliment le Monument aux Morts (1899) d’Albert Bartholomé. Hauteur : 25 m | Circonférence : 3,72 m | Plantation : 1870.

45e division - Platane commun(Platanus hispanica) : Espèce qualifiée d’hybride, croisée entre le platane d’orient et le platane d’occident, ses énormes racines serpentent entre les caveaux et semblent engloutir les pierres. Hauteur : 26 m | Circonférence : 3,62 m | Plantation : 1890.

75e division - Arbre à Gomme ou Gutta-Percha (Eucommia ulmoides) : Les feuilles, de texture coriace et brillante, tombent encore vertes à l’automne. C’est la seule espèce d’arbres qui produit du latex en régions tempérées. En Chine, son écorce fait partie des cinquante plantes fondamentales de la médecine traditionnelle. Hauteur : 12 m | Circonférence : 1,20 m | Plantation : 1959.

77e division- Plaqueminier lotier (Diospyros lotus) : Carl Von Linné (1707-1778, naturaliste suédois) le baptisa lotus croyant avoir trouvé le « lotos », célèbre fruit aux divines propriétés, consommé par Ulysse et ses marins chez les Lotophages. Du grec dios, « dieu », et puros, « fruit », en raison de la taille imposante de ses fruits. Hauteur : 12 m | Circonférence : 1,11 m | Plantation : 1913.

Chicot du Canada (Gymnocladus dioica)
 : Aussi appelé arbre aux ossements. De grande ampleur, il se démarque par la singularité de ses branches défeuillées, pendant plus de la moitié de l’année. Hauteur : 10 m | Circonférence : 1,49 m | Plantation : 1924.

Érable de Montpellier(Acer monspessulanum) : Petites feuilles à trois lobes d’un vert brillant et fruits formés d’une double ailette membraneuse permettant la dispersion par le vent. Plus vieux spécimen parisien de son espèce. Situé sur le jardin du souvenir. Hauteur : 14 m | Circonférence : 232 cm | Plantation : 1833.

76e division : Marronnier d’Inde (Aesculus hippocastanum) : Essence originaire d’Asie Mineure. Ses branches maîtresses, naturellement puissantes et arquées, forment une structure en chandelier typique. Cet aspect très recherché au XIXe siècle fut longtemps encouragé par la suppression sélective de plusieurs branches pour empêcher leur croissance. En mai, ses fleurs blanches rassemblées en pyramides évoquent des flammes. Hauteur : 22 m | Circonférence : 3,47 m.

78e et 84e divisions - Deux Arbres aux Quarante écus (Ginkgos biloba) : Arbres originaires de Chine dont l’espèce existait déjà au Jurassique. En automne, leurs feuillages aux couleurs d’or sauront vous émerveiller. Hauteur : 15 et 20 m | Circonférence : 1,75 et 1,65 m | Plantation : 1930

Les touches colorées des herbes sauvages

Mousses, lichens, pariétaires, orpins jaunes s’installent sur les pierres tombales et dans les anfractuosités ; se répandent la rue des murailles, le polypode commun, les fougères. Plus de 220 espèces végétales sauvages ont été observées de 2010 à 2020. Au fil des saisons, les herbes sauvages embellissent les allées aux côtés des plantes horticoles décorant les tombes.

Deux saisons aux floraisons distinctes

Au printemps, les violettes tapissent le sol de touches de couleur, puis la morelle douce amère (fleur violette), la pariétaire (rosâtre), le géranium Herbe à Robert (rose), la benoîte commune (jaune), la lampsane (jaune) et le grand plantain (blanche et verte) prennent le relais.
L’été, sur les espaces plus ouverts entre les tombes au sol tassé poussent les picrides fausses vipérines (jaune). Une source de nourriture pour la syritte piaulante, une mouche déguisée en guêpe. Les talus se parent du rose des œillets, du jaune des fleurs du millepertuis, du blanc des carottes ou encore du mauve des cirses. Ces talus, fauchés une seule fois par an, donnent le temps aux plantes de monter en graines, de se ressemer et au cortège de petits animaux de s’y développer.

Attention à ne pas les piétiner lors de vos observations !

Près de 140 espèces animales

Le Père-Lachaise abrite près de 140 espèces animales sauvages qui se sont acclimatées à la proximité du tumulte citadin et aux flux touristiques. Le renard y vit et s’y reproduit depuis le printemps 2020. Très discret, il se déplace surtout la nuit, tout comme la fouine, la chouette hulotte en quête de leurs nourritures, mulots, musaraignes, souris, campagnols et hérissons.
À la sortie de l’hiver, les pipistrelles communes, l’une des sept espèces de chauves-souris du site, partent la nuit, en quête d’insectes.

62 espèces d'oiseaux dénombrées

Le jour, ce sont les oiseaux (62 espèces dénombrées de 2010 à 2020 sur le site) qui sont les plus visibles : le pic vert gambade sur les pelouses à la recherche de fourmis aux côtés des merles, grives et étourneaux ; les mésanges bleues et charbonnières sautent de branche en branche pour consommer bourgeons et graines, tandis que le roitelet huppé y capture araignées, mille-pattes, insectes et leurs larves ; la sittelle torchepot agrippée aux troncs décortique les graines ; le geai des chênes se poste sur un arbre tandis que le pinson des arbres et le rouge-gorge familier virevoltent dans le sous-bois ; enfin, la corneille noire et le rouge-queue noir préfèrent se percher sur les monuments funéraires. Une abondance animale scrutée avidement par le chat errant, qui bénéficie d’une protection depuis 1999.

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