Chaleur en ville : quels matériaux et quels usages de l’eau pour rafraîchir Paris ?

Focus

Mise à jour le 19/05/2026

Un Parisien passe au milieu de jets d'eau
Cette thèse étudie l’arrosage des rues comme stratégie d’adaptation au changement climatique et de réduction des îlots de chaleur urbains à Paris. À partir d’expérimentations de terrain et de laboratoire, elle analyse les effets de différents matériaux urbains et protocoles d’arrosage sur le rafraîchissement de l’espace public et la consommation d’eau.
Infos clés
Dispositif : Cifre
Chercheur-se : Sophie PARISON
Période : 2017 - 2020
Statut : thèse soutenue
Direction : Direction de l'Attractivité et de l'Emploi
Thématique : adaptation climatique, îlots de chaleur urbains, espace public

Présentation

Cette recherche s’intéresse à l’arrosage des rues comme stratégie de rafraîchissement urbain face aux épisodes de fortes chaleurs et au changement climatique.
Menée dans le cadre d’une convention CIFRE entre l’Université de Paris et la Ville de Paris, elle vise à mieux comprendre les effets thermiques et microclimatiques de l’arrosage urbain ainsi que son adaptation à différents types de revêtements parisiens.
La recherche s’inscrit dans le contexte :
  • du renforcement des canicules ;
  • des îlots de chaleur urbains ;
  • et du développement de stratégies de résilience climatique dans les grandes villes.
Elle étudie :
  • les effets de l’arrosage sur la température de l’air et des surfaces ;
  • les impacts sur le confort thermique des piétons ;
  • les différences entre matériaux urbains ;
  • et les moyens d’optimiser les usages de l’eau.

Méthodologie

La recherche combine :
  • expérimentations de terrain ;
  • analyses statistiques ;
  • simulations thermiques ;
  • et essais de laboratoire.
Des campagnes d’arrosage ont été menées à Paris entre 2013 et 2018 afin d’évaluer les effets de différents protocoles d’arrosage sur :
  • la température de l’air ;
  • les températures de surface ;
  • et le stress thermique des piétons.
La thèse compare également différents matériaux de voirie :
  • revêtements traditionnels ;
  • matériaux “frais” réfléchissants ;
  • chaussées innovantes ;
  • surfaces arrosées ou non arrosées.
Des essais en laboratoire reproduisant des conditions proches des vagues de chaleur parisiennes permettent ensuite d’optimiser les fréquences d’arrosage et les consommations d’eau selon les matériaux étudiés.

Résultats

L’arrosage urbain réduit significativement la chaleur des surfaces
Les expérimentations montrent que l’arrosage des rues permet de diminuer fortement la température des chaussées et de limiter leur accumulation de chaleur pendant les épisodes chauds.
Cette baisse des températures contribue :
  • à réduire le rayonnement thermique ;
  • à améliorer le confort des piétons ;
  • et à limiter les effets des îlots de chaleur urbains.
Les effets dépendent fortement des matériaux de voirie
La thèse montre que l’efficacité du rafraîchissement varie selon :
  • la composition des revêtements ;
  • leur albédo ;
  • leur inertie thermique ;
  • leur capacité d’évaporation ;
  • et leur exposition solaire.
Certains matériaux dits “frais” permettent de limiter davantage l’échauffement urbain.
L’optimisation de l’arrosage permet de limiter la consommation d’eau
L’un des apports majeurs de la recherche est la définition de protocoles d’arrosage adaptés aux différents types de chaussées.
Les résultats montrent qu’il est possible :
  • d’optimiser les fréquences d’arrosage ;
  • de réduire les volumes d’eau utilisés ;
  • et de maximiser l’effet rafraîchissant selon les matériaux urbains.
Le réseau d’eau non potable constitue un levier stratégique pour Paris
La recherche souligne le rôle historique et stratégique du réseau d’eau non potable parisien dans les politiques de rafraîchissement urbain.
L’arrosage urbain apparaît comme une solution rapidement mobilisable pendant les épisodes de canicule.
Les stratégies de rafraîchissement doivent être adaptées à chaque site
La thèse insiste sur la nécessité de tenir compte :
  • de la largeur des rues ;
  • de l’ensoleillement ;
  • des usages de l’espace public ;
  • de la présence de piétons ;
  • des terrasses ;
  • et des matériaux présents.
Elle montre que les stratégies climatiques urbaines nécessitent des approches fines et localisées.

Apports pour la Ville

Cette recherche apporte des connaissances utiles pour :
  • la gestion des épisodes de canicule ;
  • l’aménagement des espaces publics ;
  • les stratégies de résilience climatique ;
  • et l’adaptation des voiries parisiennes au changement climatique.
Elle contribue également :
  • à optimiser l’usage de l’eau non potable ;
  • à guider les choix de matériaux urbains ;
  • et à développer des protocoles opérationnels de rafraîchissement urbain.
Les travaux peuvent enfin alimenter :
  • les politiques de végétalisation ;
  • les parcours de fraîcheur ;
  • les stratégies d’adaptation climatique ;
  • et les expérimentations d’innovation urbaine.

Partenaires

  • Direction de la Propreté et de l’Eau (DPE) - Ville de Paris
  • Direction de la Voirie et des Déplacements (DVD) - Ville de Paris
  • Université de Paris
  • Laboratoire Interdisciplinaire des Énergies de Demain (LIED)
  • ANRT — dispositif CIFRE

Consulter la thèse

Le dispositif Cifre
Cette recherche est menée dans le cadre du dispositif Cifre (Convention industrielle de formation par la recherche), qui permet à un doctorant ou une doctorante de conduire une thèse en partenariat avec une structure publique ou privée.
À la Ville de Paris, ce dispositif favorise le développement de recherches en lien direct avec les politiques publiques parisiennes.
En savoir plus sur le dispositif Cifre
Default Confirmation Text
Settings Text Html