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Ces professionnels essentiels au quotidien des Parisiens (3)

Mise à jour le 07/05/2020
Ces Parisiennes et ces Parisiens, malgré le confinement et l'épidémie de coronavirus, poursuivent leurs activités professionnelles, essentielles à plusieurs titres. Emmanuel, Joshua, Nathalie et Philippe nous racontent leur quotidien au plus près des Parisiens en ces temps de crise sanitaire.

Emmanuel, facteur : « J'ai eu un dessin d'enfant, je lis des "Merci" sur les boîtes aux lettres… »

Lors de la distribution du courrier, Emmanuel Bourgeois reçoit de nombreux témoignages d'attention. Ce qui renforce la fierté de cet employé de La Poste à exercer sa mission.
Emmanuel Bourgeois, facteur pendant l'épidémie de covid-19
Emmanuel Bourgeois distribue le courrier à pied dans le 20e.
DR
« Confinés à la maison, les Parisiens sont plus attentifs à nous, les facteurs. Sur les 3-4 km que compte ma tournée dans le 20e , je croise des gens dans les halls, aux fenêtres qui nous adressent leur soutien, nous disent bravo. J'entends parfois des gens me dire : « Même si c'est des factures, c'est pas grave, monsieur le facteur ! » J'aime mon métier, tous les jours. Mais c'est vrai que je suis fier de l'exercer en temps de crise, d'être présent pour que tout le monde ait son courrier, ait des nouvelles les uns des autres. Je me sens utile. Nous recevons plus d'attention qu'avant. J'ai eu un dessin d'enfant avec « Merci facteur », je lis des « Mercis » sur les boîtes aux lettres.
De mon côté, j'essaie de rendre service : je poste les courriers dans les boîtes aux lettres de rue pour qu'ils ne sortent pas. Pour ce qui est de l'hygiène, je désinfecte régulièrement le chariot que j'utilise pour ma distribution à pied. J'ai du gel à disposition ainsi qu'un masque et une paire de gants par tournée. C'est essentiel : nous sommes au contact de toutes les poignées, boutons d'ascenseur, portes… Pour les lettres avec avis de passage, je peux faire signer des attestations de parole à parole que je glisse dans la boîte aux lettres, pour éviter tout contact si le client est d'accord. S'il y a moins de courrier à distribuer, j'ai remarqué qu'il y a beaucoup plus de presse. Quotidiens, magazines, journaux… Les particuliers s'abonnent à tout ce qu'ils peuvent, ils en profitent pour lire pendant ce temps qu'ils ont, sans doute. »

Joshua, infirmier : « On en fait un peu plus, on leur fait les courses, on leur achète le journal… »

Joshua Davis est infirmier libéral dans le 10e. Il suit ses patients habituels et aussi des patients diagnostiqués au COVID-19 qui nécessitent un suivi clinique, à domicile.
Joshua infirmier à domicile
Joshua, infirmier à domicile, veut que ses patients se sentent le plus à l'aise possible.
François Grunberg / Ville de Paris
« En ce moment, avec ma collègue, nous avons deux types de visites, celles que nous faisons à nos patients habituels ou à des nouvelles personnes qui ont besoin de soins, et celles que nous effectuons auprès de patients atteints du Covid-19. Ceux-ci sont sortis de l’hôpital mais nécessitent des examens de suivi car ils ont encore des gènes respiratoires. Nous concentrons ces visites en fin de tournée afin de ne pas alterner avec des personnes non contaminées. Nous sommes ultra protégés pour ces visites : surblouse, gants, charlotte, lunettes de protection et masques. Pour les autres visites, nous nous protégeons aussi, bien sûr. Mais certains patients préféraient qu’on ne passe plus, on a alors mis en place des « télé-soins » par visioconférence. Nous les effectuons entre midi et deux.
Nous avons dû mettre en place une nouvelle organisation pour ajuster les tournées. Ce qui s’est ajouté à notre travail habituel c’est tout le démarchage pour trouver du matériel de protection, les masques étant le plus compliqué. Mais nous avons eu des dons de surblouse par une pharmacienne, par exemple, ou même des masques par des malades chroniques. Ces gestes de solidarité font du bien. Personnellement, j’essaye de ne pas penser que je pourrais moi-même être contaminé. Je me comporte comme avec des personnes que je traite parfois et qui ont des infections à forte contagiosité. Je connais les mécanismes de protection. Je pense surtout que je ne voudrais absolument pas être responsable de contaminer des personnes.
Ce qui est important, c’est de permettre aux patients de se sentir à l’aise avec nous et de les aider à garder du confort. Alors, on en fait un peu plus pour certains, comme aller leur faire quelques courses, leur acheter le journal, leur apporter des choses qui leur font plaisir. Nous sentons que c’est très difficile pour eux et qu’avec ces gestes, nous leur apportons un peu de confort et de soutien. Ces personnes nous en sont très reconnaissantes et nous font comprendre qu’on est utiles. Même si cela empiète sur notre temps de travail, cela fait plaisir de le faire. »

Nathalie, hôtesse de caisse : « Avec les collègues, il y a encore plus de solidarité »

Hôtesse de caisse dans un supermarché à Convention (15e), Nathalie Gone est rassurée par les mesures de sécurité qui lui permettent de continuer à travailler et à aider les clients.
Nathalie Gone caissière
Nathalie Gone, hôtesse de caisse, a transmis sa volonté d'aider à sa fille étudiante infirmière.
DR
« Depuis le début de la crise, on porte des masques et des gants, notre sécurité est vraiment garantie. Il y a des vitres en caisse pour nous protéger et on respecte les gestes barrières et les distances. On ne manque pas de rappeler ces gestes barrières aux clients lorsqu’ils ne les appliquent pas spontanément. On sait qu’ils ne sont pas habitués. Lorsqu’ils veulent s’approcher pour discuter, on leur rappelle que ce n’est plus possible, ce qu’ils comprennent très bien. Les clients sont très gentils, ils nous laissent des mots sur un tableau installé par le directeur, ça nous fait très plaisir.
Avec les collègues, il y a encore plus de solidarité. L’envie d’aider prime, lorsque l’une de nous demande de l’aide, une autre lui apporte sans hésiter. Je préfère venir au travail plutôt que rester à la maison.
Grâce à ces mesures, je n’ai pas peur et mes enfants non plus. D’ailleurs, cela a inspiré ma fille qui est étudiante infirmière. Au début de la crise, je craignais qu’elle soit appelée pour venir travailler et je voulais la protéger. Un jour, on lui a demandé de venir travailler et elle a accepté. Mon envie d’aider a déteint sur elle ! »

Philippe, pharmacien : « Plus que jamais, nous tenons à notre relation de proximité avec nos clients »

Dans son officine du 4e arrondissement, Philippe Bellaïche fait face aux préoccupations de ses clients, de plus en plus rares dans ce quartier touristique.
Philippe Bellaïche, pharmacien dans le marais.
Le pharmacien est équipé pour se protéger lui-même et ses clients.
DR
« Début mars, c'était l'afflux de clients ! Les patients atteints de maladies chroniques renouvelaient leurs ordonnances, les autres venaient faire des réserves. Les demandes de masques, de thermomètres, de gel hydroalcoolique et de gants partaient en flèche. Jusqu'au confinement, avec mon équipe, nous avons essayé de gérer la panique. Jour après jour, en fonction des nouvelles informations recensées sur l'épidémie, les clients nous demandaient s'il fallait se procurer tel vaccin, prendre tel traitement, etc. C'était à la fois la course à l'information et la cavalcade pour leur fournir les produits qu'ils nous demandaient.
Nous nous équipons tous de masques et un séparateur en plexiglas est installé pour garantir le mètre de distance entre le comptoir et nos clients. Nous placardons les affiches sur les mesures à suivre en cas de suspicion. À partir du confinement, la fréquentation de la pharmacie est partie en berne. Il n'y a plus un chat dans le quartier du Marais, tous les commerces ont fermé. Nous passons d'un extrême à l'autre. Ceux qui viennent à la pharmacie sont anxieux. À cran, ils s'inquiètent de savoir comment nous allons sortir du confinement.
De notre côté, nous allons de l'avant. La solidarité s'est mise en place : une association nous a fait don de visière de protection, un restaurateur nous a livré des gants en plastique. Nous confectionnons désormais notre propre gel hydroalcoolique sur place. Avec la vente en ligne, nous livrons les médicaments au pied des portes des patients. Plus que jamais, nous tenons à notre relation de proximité en essayant d'être proches d'eux, de resserrer les liens. »

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