Ces monuments funéraires restaurés en 2026
Mise à jour le 29/10/2026
Chaque année, six à dix tombes ou mausolées remarquables bénéficient de travaux de restauration dans les cimetières parisiens. Tour d’horizon de 4 sépultures qui ont retrouvé leur éclat en 2026.
Le calendrier des travaux de restauration est fixé au regard de différents critères, comme la nécessité d’une intervention selon l’état du monument (travaux d’urgence) et l’opportunité du calendrier (anniversaire de la mort d’un illustre défunt, une exposition, etc.). Le choix est effectué par le directeur de la cellule patrimoine du service des cimetières parisiens de la Ville de Paris. Celui-ci documente, protège ou valorise les quelque 690 000 sépultures réparties dans les vingt cimetières de la Ville.
Les travaux sont confiés par la Ville à des restaurateurs spécialisés ou à une entreprise de marbrerie (Rebillon Patrimoine). Enfin, pour les travaux de grande envergure, une maîtrise d’œuvre extérieure intervient, comme l’agence Pierre-Antoine Gatier pour le tombeau d’Héloïse et Abélard.
Le tombeau de Jacques-Émile Ruhlmann, au cimetière de Passy (16e).
Ce tombeau est édifié à l’extrémité de la rampe qui relie le portail d’entrée au cœur du cimetière de Passy (16e). Dessiné par l’architecte Pierre Patout (1879-1965), il a été érigé en 1935, deux ans après la mort du grand décorateur Jacques-Émile Ruhlmann (1879-1933).
Réalisé en pierre de travertin et en porphyre noir de Suède, il est orné d’une figure allégorique que l’on doit au ciseau d’Alfred Auguste Janniot (1889-1969). Les motifs décorant la base en porphyre noir représentent des outils et des détails d’éléments de mobilier d’après les dessins de Ruhlmann. Son style Art déco fait écho au dispositif d’entrée du cimetière, que l’on doit à l’architecte René Binet (1866-1911).
Il a été restauré par Claire Dard Ternisien à l’hiver 2026, en marge des journées d’étude « Paris au temps de l’Art déco ».
Le tombeau d’Honoré Champion, au cimetière du Montparnasse
Ce tombeau en pierre calcaire est composé d’un soubassement surmonté d’une dalle plate gravée d’inscriptions. Une haute stèle rectangulaire est adossée à la dalle. Elle est creusée d’une niche cintrée dans laquelle prend place un haut relief représentant le défunt Honoré Champion (1846-1913), célèbre éditeur.
On doit ce magnifique relief au ciseau d’Albert Bartholomé (1848-1928), également auteur du monument aux morts installé au cimetière du Père-Lachaise (20e).
Il a été restauré par la restauratrice d’œuvres d’art Béatrice Dubarry au cours de l’été 2026.
La tour du Moulin de la Charité, au cimetière du Montparnasse
Cette tour en pierre, érigée au XVIIe siècle, est le vestige d’un ancien moulin, témoin du passé agraire du site. En effet, le cimetière du Montparnasse (14e) est installé sur d’anciennes terres agricoles ayant appartenu à des ecclésiastiques : les frères de la Charité. Lors de l’ouverture du cimetière, en 1824, le moulin est amputé de ses ailes et est reconverti en logement pour le gardien des lieux. Désaffectée au cours du XXe siècle, la tour du Moulin de la Charité est classée monument historique en 1931, comme l’a souhaité la Commission du Vieux Paris.
Le monument est aujourd’hui en cours de restauration (remplacement de la couverture, reprise des parements de pierre, changement des huisseries, etc.) en vue d’assurer sa conservation et d’envisager un nouvel usage du bâtiment comme équipement cinéraire.
Le monument d’Héloïse et Abélard, au cimetière du Père-Lachaise
Le monument d’Héloïse et Abélard est conçu entre 1801 et 1804 par Alexandre Lenoir (1761-1839), fondateur et conservateur du musée des Monuments français. En 1816, le monument d’Héloïse et Abélard est transféré au cimetière de l’Est, aujourd’hui connu sous le nom de Père-Lachaise (20e), où il rejoint notamment les tombeaux de Molière et de La Fontaine. Cette installation participe à une stratégie visant à faire du nouveau cimetière un lieu de promenade et de mémoire.
Le monument fait l’objet de plusieurs campagnes de restauration au cours de son histoire. Une première intervention est engagée entre 1877 et 1880. L’édifice est ensuite classé au titre des monuments historiques en 1983. Une importante restauration est menée entre 1988 et 1990 par Bernard Fonquernie (1934-2023), architecte en chef des monuments historiques (ACMH). Depuis, seules des opérations ponctuelles de mise en sécurité avaient été réalisées. Mais aujourd’hui, un grand chantier est en cours, conduit par l’agence Pierre-Antoine Gatier, architecte en chef des monuments historiques. Livraison prévue en août 2027.
L’association Les Appels d’Orphée
L’association Les Appels d’Orphée organise depuis 1987 des stages de restauration de monuments funéraires. Encadrés par un restaurateur des monuments historiques, ces stages sont ouverts à tous à partir de 18 ans, de façon bénévole. Sous convention et subventionnée par la Ville de Paris, la structure travaille avec la cellule patrimoine des cimetières.
Cet été, huit bénévoles ont restauré quatre sépultures du cimetière du Montparnasse :
- la tombe Spiegel, surmontée d’une statue d’Henri Varnier (1861) ;
- la tombe de la traductrice Mathilde Crémieux, avec son portrait en bronze réalisé par Jean-Jules-Antoine Lecomte du Nouÿ (1917) ;
- la tombe de François Charles Hugues Laurent de Pourqueville, médecin diplomate et écrivain passionné par la culture grecque, ornée d’un médaillon par David d’Angers (1839) ;
- la tombe de la famille Delafontaine-Arbouse.
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