Bibliothèques municipales : 5 pépites architecturales à découvrir

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Mise à jour le 12/10/2026

Médiathèque James Baldwin.

Un ancien hôtel particulier, un tribunal, une prison pour femmes, un lycée… Au terme d’une réhabilitation, tous ces bâtiments remarquables sont aujourd’hui devenus des lieux de lecture et de culture. Au détour d’un passage dans votre bibliothèque de quartier, ouvrez bien les yeux pour admirer son architecture !

Participez à l’enquête sur les bibliothèques

La Ville de Paris et l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur) lancent une enquête anonyme de dix minutes sur vos habitudes et vos attentes concernant les bibliothèques municipales. Que vous soyez un usager régulier, occasionnel ou non-fréquentant, votre avis permet d’imaginer les bibliothèques de demain.

Répondez jusqu’au 15 novembre 2026

On se blottit devant une cheminée à la bibliothèque Louise-Walser-Gaillard

Poussez la porte du 26, rue Chaptal (9e) et osez pénétrer jusque dans la cour. Un élégant hôtel particulier du XIXe siècle se dresse devant vous. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le bâtiment est réquisitionné par la défense passive (protection des populations en cas de conflit armé), puis devient propriété du département de la Seine en 1943. Pendant une quarantaine d’années, l’immeuble de trois niveaux va ensuite abriter l’École nationale de la protection civile.

Après une importante réhabilitation au début des années 2000, ses 1 000 mètres carrés sont transformés : d’un côté, une crèche ; de l’autre, la bibliothèque Louise-Walser-Gaillard (9e). Certaines salles ont conservé leur remarquable décor néo-Renaissance, avec boiseries, parquet, cheminée inspirée de celle du château de Fontainebleau et peintures au plafond.

L’espace vert attenant à la bibliothèque, baptisé jardin Pauline-García-Viardot (9e), est un jardin partagé, entretenu par les bibliothécaires avec l’aide d’une classe de l’école Chaptal. On peut bien sûr s’y asseoir le temps de se plonger dans une bande dessinée !

On mise sur l’écologie à la médiathèque James-Baldwin

La médiathèque James-Baldwin (19e), ouverte en 2024 dans le quartier de la place des Fêtes, occupe l’ancien lycée hôtelier Jean-Quarré, construit dans les années 1970. Le projet de réhabilitation s’est effectué sans démolition spectaculaire ni de travaux de béton. Et, pourtant, le bâtiment a bel et bien changé de look.

Philippe Madec, pionnier de l’architecture durable, a privilégié le réemploi, le bois, la lumière naturelle et la végétalisation. Par exemple, les dalles de plancher du lycée ont été découpées et ont servi de dallage à l’extérieur du bâtiment. Toitures végétalisées, jardins et terrasses prolongent les espaces intérieurs.

Déployée sur quatre niveaux et plus de 2 800 mètres carrés, la nouvelle médiathèque s’inscrit dans un ensemble avec la Maison des réfugiés Pape-François (19e).

On passe le barreau à la bibliothèque Jean-d’Ormesson

Direction le premier étage de l’escalier A de la mairie du 8e arrondissement, rue de Lisbonne, pour explorer la bibliothèque Jean-d’Ormesson. Un peu plus de 10 000 ouvrages peuplent les rayons des salles de lecture (240 mètres carrés) recouvertes de boiseries. Jusqu’en 2017, c’est le tribunal d’instance du 8e qui occupait ce lieu ! On y traitait notamment des litiges civils du quotidien.

La bibliothèque Jean-d’Ormesson est née en 1926 sous le nom de bibliothèque Europe. En septembre 2024, elle change de nom et déménage dans cet espace, reconfiguré pour une meilleure accessibilité. La réhabilitation a préservé l’identité des lieux et ses décors élégants. Désormais, le patrimoine y dialogue avec des aménagements contemporains.

On enlève les menottes avant d’emprunter à la médiathèque Françoise-Sagan

Ouverte en 2015, la médiathèque Françoise-Sagan (10e) occupe le cœur historique de l’enclos Saint-Lazare, un vaste domaine qui a connu de nombreuses vies. L’immense bâtiment (près de 4 500 mètres carrés) a été construit en 1824 par Louis-Pierre Baltard, père de l’architecte des Halles. Il a successivement servi de léproserie, de couvent, puis de prison pour femmes. En 1932, la prison ferme avant d’être partiellement démolie. Seule l’infirmerie, d’abord transformée en maison de santé pour prostituées, est conservée et réhabilitée par les architectes Stéphane Bigoni et Antoine Mortemard.

Leur projet pour la médiathèque a préservé les façades, les galeries et les escaliers historiques tout en insérant une structure métallique contemporaine. Derrière les arcades en pierre, la nouvelle façade vitrée forme une courbe qui donne, depuis le jardin, l’impression de grandes loggias.

Sur cinq niveaux, la médiathèque permet d’emprunter plus de 100 000 documents, ce qui en fait la deuxième plus grande bibliothèque de prêt de Paris.

On profite de l’air frais à la médiathèque Marguerite-Yourcenar

Ouverte en 2008, la médiathèque Marguerite-Yourcenar (15e), qui se déploie sur sept niveaux (seuls quatre sont accessibles au public) et environ 3 400 mètres carrés, privilégie de vastes plateaux modulables et ouverts. À l’arrière, un jardin de lecture prolonge les espaces intérieurs, mais c’est surtout depuis la rue que l’architecture de l’édifice se distingue.

La façade principale est une immense paroi vitrée orientée plein sud. Elle est constituée d’une double peau, c’est-à-dire de deux enveloppes vitrées séparées par une lame d’air. En hiver, l’espace entre les deux parois contribue à conserver la chaleur. En été, la circulation de l’air permet d’évacuer une partie des calories accumulées par l’effet de serre.

Cette façade est aussi remarquable par ses panneaux et ses stores colorés. Ils filtrent la lumière et donnent à l’édifice une apparence changeante selon l’heure, la saison ou la position des stores.

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