Au plus près des publics : immersion dans une opération de dépistage de la tuberculose « hors les murs » du CLAT de Paris
Mise à jour le 27/08/2026
Le mardi 7 juillet 2026, une opération de dépistage de la tuberculose s’est tenue dans une résidence sociale parisienne. Organisée par le Centre parisien de lutte anti-tuberculose (CLAT 75), cette action visait à aller à la rencontre des personnes les plus exposées à la maladie, à faciliter l’accès au dépistage et à favoriser une prise en charge précoce.
À cette occasion, nous avons suivi les équipes du CLAT et échangé avec Lounès Belkacem, médiateur en santé, afin de mieux comprendre le fonctionnement de ce dispositif de dépistage « hors les murs ».
Un dispositif de prévention au plus près des habitants
Dispositif de la direction de la Santé publique de la Ville de Paris, le Centre parisien de lutte anti-tuberculose (CLAT 75) assure des missions de prévention, de dépistage et de suivi de la tuberculose sur le territoire parisien.
En complément des consultations réalisées dans ses antennes, le CLAT intervient grâce à un camion de radiologie mobile qui se rend directement dans les résidences sociales, foyers ou autres structures accueillant des personnes particulièrement exposées à la maladie.
Cette unité mobile permet de réaliser sur place des radiographies pulmonaires, examen de première intention pour dépister la tuberculose. Lorsque le camion ne peut être installé, un autre dispositif mobile peut prendre le relais.
Dépister rapidement pour limiter la transmission
La tuberculose est une maladie infectieuse qui atteint principalement les poumons. Lorsqu’un cas est déclaré, une enquête est menée afin d’identifier les personnes ayant eu des contacts rapprochés avec le patient.
L’objectif est de détecter rapidement d’éventuelles infections, de proposer un traitement précoce et de limiter ainsi la transmission de la maladie.
Aujourd’hui, la tuberculose se soigne efficacement grâce aux antibiotiques, mais un diagnostic précoce reste indispensable.
La médiation en santé, un levier essentiel
Au-delà du dépistage, le dispositif repose sur un important travail de médiation.
Comme l’explique Lounès Belkacem, médiateur en santé, son rôle consiste à créer un lien de confiance entre les équipes médicales et les résidents. En amont de chaque intervention, il travaille avec les responsables des résidences et les délégués des habitants qui jouent un rôle essentiel dans le bon déroulement des opérations.
Présents aux côtés des équipes du CLAT, ces derniers informent les résidents, répondent à leurs questions, facilitent les échanges et contribuent à instaurer un climat de confiance. Leur proximité avec les habitants favorise l’adhésion au dépistage et permet d’accompagner les personnes les plus éloignées du système de soins, parfois freinées par la barrière de la langue, la peur des institutions, leur situation administrative ou la méconnaissance de leurs droits.
Un travail partenarial pour toucher les publics les plus vulnérables
Le CLAT travaille également en partenariat avec l’équipe mobile de lutte contre la tuberculose (EMLT du Samu Social), qui accompagne les personnes en situation de grande précarité, notamment celles vivant à la rue.
Cette collaboration permet de renforcer le suivi médical et l’accès aux soins des personnes les plus éloignées des dispositifs de santé.
Une action de prévention avant tout
Lors de cette intervention, 67 personnes ont bénéficié d’une radiographie pulmonaire.
Si le nombre de cas détectés reste faible – environ un à deux cas pour 500 radiographies réalisées –, ces opérations conservent un intérêt majeur en matière de prévention, de sensibilisation et de diagnostic précoce.
Comme le rappelle Lounès Belkacem : « La tuberculose existe encore. »
Il souligne l’importance de poursuivre ces actions d’aller-vers afin de mieux faire connaître la maladie, favoriser le dépistage et réduire les inégalités d’accès aux soins.
Les bénéficiaires témoignent
Les résidents rencontrés au cours de cette journée partagent un constat commun : la proximité du dispositif, sa gratuité et la rapidité de la prise en charge facilitent largement leur participation.
L’un d’eux, déjà sensibilisé en tant que délégué de résidence, souligne l’importance de ces campagnes dans un lieu de vie collectif et encourage régulièrement les autres habitants à se faire dépister.
Un second résident raconte que c’est grâce à une précédente campagne qu’une tuberculose lui avait été diagnostiquée. Pris en charge rapidement, il a pu suivre un traitement jusqu’à sa guérison. Convaincu de l’utilité du dispositif, il encourage aujourd’hui son entourage à participer au dépistage.
Enfin, un troisième bénéficiaire met en avant la simplicité du parcours : réaliser une radiographie directement au pied de son lieu de résidence lui évite de se rendre à l’hôpital et lui permet de reprendre rapidement ses activités
Au-delà des chiffres, cette journée de dépistage illustre l’importance d’aller vers les publics les plus exposés. En rapprochant la prévention des lieux de vie et en s’appuyant sur un travail de médiation et de confiance, le CLAT contribue à rendre le dépistage plus accessible aux personnes qui en sont les plus éloignées.
Settings Text Html