7 salles étonnantes à découvrir au musée Carnavalet

Focus

Mise à jour le 21/10/2026

Reconstitution d'un décor

Le musée Carnavalet, ce sont des milliers d’œuvres qui retracent l’histoire de la capitale. Mais c’est surtout un musée d’ambiance, où l’on trouve, depuis cent soixante ans, un formidable patchwork de salles plus fascinantes les unes que les autres ! On vous fait visiter 7 d’entre elles.

La salle des enseignes

C’est la porte d’entrée aux collections du musée et une plongée dans le Paris d’autrefois ! On découvre dans cette première salle un extraordinaire ensemble d’enseignes commerciales, jadis suspendues au-dessus des boutiques, des auberges et des ateliers de la capitale. Des panneaux en fer forgé, en métal peint, en bois ou en matériaux sculptés. Certains sont figuratifs, d’autres utilisent des symboles, des animaux, des objets ou des personnages, ce qui permettait à tous de les comprendre, notamment à une époque où une grande partie de la population ne savait pas lire.

Que représente ce chat qui dort ? Il s’agit de l’enseigne d’un marchand de vin anciennement situé au 52, rue Mouffetard (5e). Et ce grand cerf en mouvement ? Une entreprise de transport. La jolie sirène, qui était accrochée au 281, rue Saint-Denis (Paris Centre) ? Le mystère demeure !

La cave aux squelettes

Cette partie méconnue des sous-sols de l’hôtel Carnavalet a été ouverte au public après la rénovation du musée en 2021. Cette « cave » accueille désormais le parcours archéologique dans des espaces voûtés en pierre. On y trouve notamment l’une des dix pirogues mises au jour sur le site du village néolithique de Bercy (12e) et datée entre 4500 et 2000 av. J.-C., un ensemble d’instruments de médecine de la fin du IIIe siècle ou de rares bijoux antiques découverts dans la Seine.

Pour l’anecdote, l’ancienne cave aux squelettes doit son nom au fait que, dès la fin du XIXe siècle, elle exposait des sarcophages, des tombes, des ossements et des moulages de squelettes.

La grande chambre et le cabinet doré de l’hôtel de l’abbé de La Rivière

Pas besoin de se rendre jusqu’à Versailles ou à Vaux-le-Vicomte pour découvrir le travail de Charles Le Brun : le musée Carnavalet a reconstitué, dans deux de ses salles, deux pièces de l’hôtel de l’abbé de La Rivière, dont les décors ont été réalisés sous la direction du peintre. L’abbé était un personnage influent de la cour et possédait une importante fortune. Son hôtel particulier, situé sur la prestigieuse place Royale (actuellement 14, place des Vosges), devait manifester sa position sociale, sa culture et son goût pour les arts.

La grande chambre, consacrée à l’histoire de Psyché, et le cabinet doré, dont le plafond est orné du Lever de l’Aurore, représentent l’un des ensembles les plus importants du musée pour comprendre la naissance du grand décor français sous Louis XIV.

À partir de la Révolution, l’hôtel La Rivière change plusieurs fois d’affectation : mairie d’arrondissement, école, synagogue de la rue des Tournelles. Les éléments les plus précieux sont alors déposés, puis remontés au musée Carnavalet dès 1878. Les décors forment ainsi les premières salles reconstituant l’atmosphère d’une époque, appelées aussi period rooms.

Le décor à grotesques du cabinet Colbert de Villacerf

Ce cabinet se situait dans l’hôtel particulier du 23, rue de Turenne (Paris Centre). Il est associé à Édouard Colbert, marquis de Villacerf qui, dans les années 1660, souhaitait recevoir dans cette pièce les personnalités savantes et celles du monde de la culture.

Ce qui rend ce décor réalisé par un anonyme particulièrement intéressant, c’est sa fantaisie ornementale : des oiseaux et des animaux fantastiques, des angelots, des masques et des vases, mais aussi des végétaux, des rubans, des guirlandes… On appelle cela un décor à grotesques : cela ne désigne pas quelque chose de ridicule, ce terme tire son origine des peintures antiques découvertes à la Renaissance dans les vestiges souterrains de monuments romains, assimilés à des grottes, d’où le nom italien grottesche.

On remarque également le portrait de Mazarin par Pierre Mignard au-dessus de la cheminée. Principal ministre sous Louis XIV, il était le protecteur de la famille Colbert. Enfin, levez la tête pour ne pas rater le plafond consacré à Apollon !

Le décor a été acquis par la Ville de Paris en 1867 et remonté au musée Carnavalet en 1913.

Le salon champêtre de l’appartement du graveur Gilles Demarteau

C’est bouche bée que l’on entre dans cette nouvelle period room – ou, plutôt, ce jardin imaginaire – conçu par François Boucher avec Jean-Honoré Fragonard et Jean-Baptiste Huet. Destinées à l’appartement du graveur Gilles Demarteau, les peintures décoratives, réalisées entre 1765 et 1770, ont été remontées au musée en 1974.

Ce qui rend ce salon rococo exceptionnel, c’est son ambition : transformer une pièce d’un appartement parisien en paysage de campagne idyllique, dotée d’une végétation abondante et peuplée d’animaux et d’anges. Le visiteur a ainsi l’impression de se trouver dans une sorte de pavillon ouvert sur la nature.

Le salon de compagnie de l’hôtel d’Uzès, conçu par Claude-Nicolas Ledoux

Nous voilà plongés dans un intérieur du XVIIIe siècle. En 1768, Claude-Nicolas Ledoux est chargé du décor du salon de compagnie de l’hôtel du duc d’Uzès, au 72, rue Montmartre (Paris Centre). L’architecte urbaniste n’est pas encore célèbre pour ces réalisations monumentales (la saline royale d’Arc-et-Senans, le mur des Fermiers généraux à Paris…).

Il propose ici d’immenses panneaux sculptés de trophées et d’équipements militaires d’une finesse remarquable, quatre grands miroirs et, sur chacune de quatre portes, un animal symbolisant les quatre parties du monde identifiées à l’époque : le cheval pour l’Europe, l’éléphant pour l’Asie, le dromadaire pour l’Afrique et l’alligator pour l’Amérique.

La bijouterie Georges Fouquet

Créée en 1901 au 6, rue Royale (8e) pour le joaillier Georges Fouquet, cette boutique est un chef-d’œuvre de l’Art nouveau imaginé par le célèbre affichiste tchèque Alphonse Mucha. Paons majestueux, motifs végétaux et figures féminines composent un décor féerique où chaque détail célèbre les bijoux précieux.

Dès 1923, l’Art nouveau passe de mode et le bijoutier change le décor de son commerce – de la grandiose façade sculptée aux mosaïques du sol en passant par les vitrines… – qu’il lègue en l’état au musée Carnavalet, accompagné des dessins préparatoires d’Alphonse Mucha. Remontée en 1989, la boutique permet à présent aux visiteurs de découvrir le raffinement de la Belle Époque !

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