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7 faits insolites sur la voiture à Paris

Mise à jour le 14/09/2021
A l’occasion de la Journée Paris Respire sans voiture, organisée le 19 septembre, retour sur la relation historique qu'entretiennent les Parisiens avec leurs automobiles.
La première journée sans voiture à Paris remonte au 27 septembre 2015. Cette initiative, dont l’édition 2021 a lieu le 19 septembre, est organisée chaque année depuis cette date. En France, c’est La Rochelle qui a été la première ville à instaurer une journée sans voiture en 1998. Initialement fixées, en 1996, au 16 septembre au niveau européen, les journées sans voiture font, depuis 2002, partie d'une initiative plus large, la Semaine européenne de la mobilité.

1- Au XVIIIe siècle déjà, une pétition contre les carrosses et les cabriolets

Omnibus et dames blanches. Voitures, nº 24. Panidochème, 2ème série. Document du Cabinet d'arts graphiques. Lithographie, entre 1828 et 1830. Paris, musée
Omnibus et dames blanches. Voitures, nº 24. Panidochème, 2ème série. Document du Cabinet d'arts graphiques. Lithographie, entre 1828 et 1830. Paris, musée
© Musée Carnavalet/Roger-Viollet
Quelle place pour les voitures dans Paris ? Bien avant les débats contemporains sur la piétonnisation des berges de Seine, la question se pose. « Le débat ne date ni d’aujourd’hui ni de l’apparition de l’automobile », rappelle l’historien Arnaud Exbalin dans un article paru en septembre 2018.
Dès 1790, un citoyen anonyme fait imprimer un texte, « Pétition d’un citoyen ou motion contre les carrosses et les cabriolets », qui contient notamment des propositions destinées à l’Assemblée nationale. On ne sait presque rien de l’auteur de ce pamphlet anti-voiture, qui possède « une voiture, un cabriolet et quatre chevaux » qu’il désire « sacrifier sur l’autel de la patrie », choqué par la brutalité avec laquelle les cochers conduisent dans Paris.
Car, dès le XVIIIe siècle, les rues peuvent s’avérer très dangereuses pour les piétons. En cause : la vitesse. Les voitures hippomobiles deviennent plus légères et plus maniables que les carrosses et atteignent jusqu'à 50 km/heure.
Dans le même temps, le nombre de voitures particulières a explosé : de 300 véhicules au début du XVIIIe siècle, on passe à plus de 20 000 à la fin de ce siècle.

2- Les trottoirs sont peu nombreux jusqu’au XIXe siècle

Les piétons ont longtemps eu peu d’espace pour circuler en sécurité. Présents à Rome sous l’Empire, les trottoirs ont disparu progressivement des villes médiévales. Ils sont de retour dans les villes occidentales à l’époque moderne, d’abord à Londres et dans les grandes cités anglaises dès la fin du XVIIe siècle.
Ainsi, les trottoirs sont pratiquement absents des rues parisiennes à la fin du XVIIIe siècle. Leur présence se limite au pont Neuf, au pont Royal et au quartier de l’Odéon. Ils ne se développent qu’au cours du XIXe siècle, notamment dans les quartiers centraux ; les faubourgs, eux, restent jusqu’au début du XXe siècle sous-équipés en trottoirs.

3- La première édition du Salon mondial de l’automobile date de 1898

Le Mondial de l'Automobile au parc des expositions en 2008
Le Mondial de l'Automobile au parc des expositions en 2008
Ville de Paris
C'est le doyen mondial des salons autos. La toute première « Exposition internationale d’automobile » est organisée dans le Jardin des Tuileries du 15 juin au 3 juillet 1898. Plus de 140 000 personnes ont payé leur billet à 1 franc pour assister à l’événement. Si la capitale compte encore 80 000 chevaux à la fin du XIXe siècle, la progression de l’automobile est fulgurante : en 1900, 688 autos roulent à Paris, puis 5056 cinq ans plus tard pour un peu plus de 26 000 véhicules motorisés en France. Le dernier omnibus hippomobile de Paris s’arrête peu avant la Première Guerre mondiale, en janvier 1913.

4- Louis Lépine, préfet de police de Paris, a inventé l'ancêtre du permis de conduire

À la fin du XIXe siècle, face à l’augmentation du nombre d’automobiles, les autorités réagissent. Le 14 août 1893, le préfet de police Louis Lépine crée le « certificat de capacité » : c’est le document obligatoire pour conduire un véhicule à moteur dans le périmètre de la préfecture de police. Puis un décret national du 10 mars 1899 rend obligatoire ce certificat de capacité pour tous les conducteurs, dans l'ensemble du pays. Le texte fixe même les premières limitations de vitesse : 30 km/h à la campagne et 20 km/h en agglomération.

5- Les premiers panneaux indicateurs automobiles sont nés à Paris

L’année 1908 marque l’organisation du premier Congrès international de la route à Paris, à l’université de la Sorbonne : il adopte notamment le principe des premiers panneaux de signalisation. Quatre panneaux standardisés sont initiés. Triangulaires sur fond jaune, ils annoncent les difficultés suivantes : croisement, virage délicat, passage à niveau, cassis (dos d’âne).

6- Un projet d’autoroutes urbaines a été abandonné

Des voitures sur le boulevard périphérique en 2019
Un projet visait à doter Paris d'un maillage fin d'autoroutes et d'axes routiers à l'intérieur du boulevard périphérique.
Jean-Baptiste Gurliat / Ville de Paris
Imaginé dans les années 1960, le plan autoroutier pour Paris aurait pu profondément bouleverser le paysage de la capitale : il visait à doter la ville d'un maillage fin d'autoroutes et d'axes routiers à l'intérieur du boulevard périphérique. Face à la très vive opposition des associations de riverains et de défense de l’environnement, ce plan est finalement abandonné au début des années soixante-dix. Seule la voie Georges Pompidou (l’actuelle voie des berges de Seine sur la rive droite, piétonnisée en 2016) est réalisée en 1966.

7- 65 % des Parisiens n’ont pas de voiture

Piétons et cyclistes sur les Champs Elysées lors de la première journée sans voiture le 27 septembre 2015. voiture le
Piétons et cyclistes sur les Champs Elysées lors de la première journée sans voiture le 27 septembre 2015.
Marc Verhille/Ville de Paris
Près de deux tiers des Parisiens (65 %) ne possèdent pas de voiture, un chiffre en hausse constante. Quant à la circulation automobile, elle a diminué de moitié depuis la fin des années 1990, à mesure que l’espace public était rééquilibré en faveur des piétons, des cyclistes, du bus et du tramway. La marche est le premier mode de déplacement à Paris et en Île-de-France.
Dans les années 1950, l'ambiance était tout autre, comme nous le montre cet article qui revient en photos à l'époque où « Paris n'était qu’un gigantesque parking à ciel ouvert ».

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