Source-Seine : un petit bout de Paris se cache en Côte-d’Or…

Le saviez-vous ?

Mise à jour le 22/06/2026

paysage avec Sequana à Source-Seine

Depuis début juin 2026, un nouveau programme de recherche archéologique a été lancé au sanctuaire antique de Source-Seine, une commune bourguignonne, qui héberge les sources du fleuve… propriétés de la Ville de Paris depuis 1864 !

Situées au cœur de la Bourgogne, à 288 kilomètres de la capitale, les sources de la Seine forment un agréable écrin de verdure, idéal pour une promenade. Outre son patrimoine naturel, ce lieu atypique est également riche d’une longue histoire. Partons à la rencontre de ce petit bout de Paris à travers cinq faits étonnants.

Un ancien sanctuaire gallo-romain

Il y a 2 000 ans, l’eau des sources de la Seine était considérée comme sacrée. Le fleuve était d’ailleurs associé à une divinité, Sequana, qui lui a donné son nom. Dès le Ier siècle avant notre ère, un vaste sanctuaire a été aménagé autour des sources afin de rendre hommage à la déesse. De nombreux pèlerins fréquentaient les lieux et adressaient des offrandes à Sequana, en déposant notamment des ex-voto dans le cours d’eau.

Les premiers vestiges de ce sanctuaire ont été découverts en 1836. Le site a fait l’objet de plusieurs campagnes de fouilles par la suite, qui ont permis d’apprécier l’étendue des aménagements gallo-romains et de mettre au jour près de mille ex-voto en bronze, pierre ou en bois, aujourd’hui exposés au musée archéologique de Dijon (Côte-d’Or). L’essentiel de ces offrandes est constitué de représentations de parties de l’anatomie humaine (pieds, bras, yeux, etc.) désignées par les pèlerins afin d’être guéries par la divinité.

Des fouilles en cours, des découvertes à venir !

Le potentiel archéologique de ce lieu de culte antique thérapeutique est encore conséquent. C'est pourquoi l'Inrap vient de lancer un programme de fouilles pour la période 2026-2029, près de soixante ans après les dernières investigations, avec le soutien de la Ville de Paris.

Il a débuté par une phase d’évaluation des potentiels archéologiques combinant étude des archives et des vestiges anciens et nouvelles investigations de terrain. Les prospections géophysiques notamment visent à préciser l’étendue du sanctuaire et la nature des structures enfouies. Et déjà les premières marches d’escalier, seuils de porte, tronçons de murs et canalisations ont revu le jour ! Elles peuvent désormais être topographiés grâce à des outils numériques modernes.

La Ville de Paris a acheté ce lieu pour 12 500 francs

Bien que distant de près de 300 kilomètres de Paris, ce lieu fait bel et bien partie du patrimoine parisien. Et ce, depuis le XIXe siècle ! Le 6 avril 1864, le conseil municipal de Paris vote l’acquisition du site des sources de la Seine. La zone de plus d’un hectare est achetée pour la somme de 12 500 francs avec le soutien de Georges Eugène Haussmann (1809-1891), alors préfet de la Seine.

En intégrant cette enclave bourguignonne à son patrimoine foncier, la Ville entend mettre en valeur la Seine, un site intimement lié à son histoire et qui contribue à sa renommée. Plus de cent cinquante ans plus tard, la capitale est toujours propriétaire des sources de la Seine et continue d’en assurer la gestion et l’entretien.

Un parc haussmannien en pleine campagne bourguignonne

Pour embellir le site qu’elle vient tout juste d’acquérir, la municipalité parisienne commandite la création d’un parc paysager dès 1865. Le point d’orgue de ce projet repose sur l’aménagement d’une grotte artificielle à l’emplacement de l’une des sept sources du vallon. La conception de ce monument est confiée aux prestigieux architectes Victor Baltard et Gabriel Davioud, proches du baron Haussmann.

Afin de créer un environnement romantique et pittoresque, s’inspirant des allées du parc des Buttes-Chaumont (19e), les deux architectes entreprennent de canaliser la source pour alimenter un plan d’eau sur lequel se reflète la grotte. Celle-ci est inaugurée en 1867 et, avec elle, une statue de la nymphe des sources de la Seine ainsi qu’un petit pont en pierre, le premier sur la Seine.

Une étape du relais de la flamme olympique

En passant par les sources de la Seine le 12 juillet 2024, la flamme olympique a finalement fait son entrée dans la capitale deux jours avant de rejoindre Paris « intra-muros » ! Les relayeuses Emma Ménelot (sapeur-pompier volontaire et double championne de France de lancer de poids en catégorie minimes pompiers) et Allexane Vals ont accompli les 180 mètres qui composaient cette étape du parcours de la flamme, la plus petite de Côte-d’Or !

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