1 lieu, 3 histoires : la caserne Exelmans
Série
Mise à jour le 21/05/2026
Sommaire
Construite en 1909 et propriété de la Ville de Paris, cette ancienne caserne de gendarmerie, située dans le 16e arrondissement, a connu une histoire faite de héros militaires, de célébrités voisines et de multiples usages.
#1 Un nom, deux héros
Tout comme la place Daumesnil ne porte pas officiellement ce nom, la caserne Exelmans ne
s’appelle pas ainsi. Du moins, plus depuis le 22 août 1945 ! Ce jour-là,
elle est rebaptisée en hommage à René Chalvidan. Ce gendarme, capitaine
commandant le site militaire en 1944, s’était engagé dans les Forces françaises de
l’intérieur (FFI) dans les derniers mois de la Seconde Guerre mondiale. Chargé
d’une mission visant à récupérer un stock de munitions allemandes afin de
ravitailler les insurgés de la préfecture de Police, il fut arrêté par une
patrouille allemande puis exécuté sommairement.
Mais cette appellation n’a jamais
supplanté celle d’Exelmans, la désignation d’usage. Notamment car le boulevard sur
lequel se trouve la caserne est lui aussi baptisé en l’honneur de Rémy Joseph
Isidore Exelmans. Ce militaire, cavalier reconnu, multiplia les faits d’armes
pendant les conflits révolutionnaires contre les puissances monarchiques, puis lors
des guerres napoléoniennes. À tel point que son nom fut gravé sur l’Arc de
Triomphe parmi les 660 héros de la Révolution et de l’Empire. Devenu maréchal
(la plus haute distinction militaire française) en 1851, il s’éteint l’année
suivante et est inhumé aux Invalides (7e).
Rémy Joseph Isidore, comte Exelmans, maréchal de France (1775-1852), d’après une peinture de Charles-Philippe Larivière.
Crédit photo :
Charles-Philippe Larivière, Public domain, via Wikimedia Commons
#2 À quelques pas de Claude François
Peut-être que les gendarmes logés
dans la caserne ont déjà entendu, de vive voix, certaines de ses mélodies
entêtantes. Situé au 51, boulevard Exelmans (16e), le bâtiment se trouvait à quelques mètres seulement du domicile
de Claude François, qui résida au no 46 de l’artère de 1963 jusqu’à sa mort, en
1978. Ce boulevard est d’ailleurs étroitement lié au chanteur français : il
y avait installé les bureaux de son label, dans un hôtel particulier localisé au no 122. En 1999, la place Claude-François a été inaugurée au niveau des no 23 à 31
de cette artère de l’Ouest parisien.
#3 Une mission d’hébergement d’urgence
Devenue vacante suite à une
réorganisation (le rôle des gendarmes n’étant plus d’assurer la sécurité dans
Paris intra-muros), la caserne a accueilli Les
Cinq Toits, un projet d’occupation temporaire de 2018 à
2023. Celui-ci a notamment permis de recevoir jusqu’à 350 personnes sur site,
réparties dans les trois centres d’hébergement d’urgence pour les hommes
isolés, les réfugiés bénéficiaires de la protection internationale et les
personnes seules ou en famille.
Bien plus qu’un lieu d’hébergement,
la caserne Exelmans est devenue un espace de rencontres et d’activités : restaurant d’insertion, grand atelier de bricolage
ouvert à tous, site d’agriculture urbaine avec des serres et des ruches,
conciergerie solidaire ou encore salle de sport ! Une multiplicité des
usages se retrouvant aujourd’hui de façon pérenne, puisque, depuis février
2026, l’endroit accueille des logements sociaux, un centre d’hébergement et de
réinsertion sociale ainsi qu’une crèche.
De 2018 à 2023, le lieu a été mis à disposition de l’association Aurore (en partenariat avec Plateau Urbain) par Paris Habitat, dans l’attente de sa réhabilitation.
Crédit photo :
Paris Habitat
Ouvert au public, le projet Les Cinq Toits proposait différents espaces connectés au quartier (pôle vélo, restaurant, atelier de bricolage, jardin) permettant aux riverains de s’approprier ce lieu emblématique.
Crédit photo :
Christophe Jacquet / Ville de Paris
ABC Dates
> 1909 : la caserne, imaginée par l’architecte Julien-Michel Morize, ouvre ses portes
> 22 août 1945 : le lieu est rebaptisé en hommage au capitaine René Chalvidan
> 2018 : les derniers gendarmes quittent la caserne
> 2026 : la caserne est reconvertie en un espace de logements et de services
> 22 août 1945 : le lieu est rebaptisé en hommage au capitaine René Chalvidan
> 2018 : les derniers gendarmes quittent la caserne
> 2026 : la caserne est reconvertie en un espace de logements et de services
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