La fin des sacs plastique sur les marchés parisiens

C’est l'une des dispositions phares de la loi sur la transition énergétique: l’interdiction totale des sacs fins en plastique. Déjà en vigueur depuis le 1er juillet 2016 pour les sacs de caisse, c'est maintenant les sacs d'emballage de fruits et légumes qui sont voués à disparaître. À partir du 1er janvier 2017, plus aucun commerçant ne sera autorisé à utiliser ces traditionnels sacs plastiques jetables, sous peine d'avoir une amende.

Après les supermarchés, c'est maintenant aux marchés de rentrer dans le rang. La Ville de Paris lance officiellement la suppression des sacs fins en plastique sur les marchés alimentaires, en autorisant uniquement l’usage de sacs «biosourcés» et «compostables», ainsi que des sacs en papier ou en coton. Un sac biosourcé est composé en partie de matière organique (amidon de maïs ou de pomme de terre) et contient encore du plastique, mais peut se dégrader totalement. Les sacs fins en plastique utilisés jusqu'alors sont tout simplement interdits. Avec ces emballages, commerçants et clients des marchés parisiens vont à l'avenir utiliser des contenants pratiques, solides et respectueux de l’environnement.
Nous nous sommes rendus sur l'un des marchés parisiens les plus fréquentés, celui de la Bastille. Une centaine de commerçants sont installés sur le terre-plein du boulevard Richard-Lenoir, la colonne de Juillet de la place de la Bastille en toile de fond.


Marché de Bastille

Une mesure qui soulève des interrogations

Éric, boucher à la carrure imposante exerçant depuis vingt-deux ans sur le marché, nous montre ses sacs «écolos» avec un grand sourire: «Ceux qu'on utilisait avant n’étaient pas recyclables, maintenant nous allons avoir des sacs aux normes, beaucoup plus épais, recyclables et réutilisables. L'objectif, c'est que nos clients reviennent au marché avec et pas qu'ils s'en débarrassent». Virginie, sur l'emplacement mitoyen depuis deux ans et demi, tend l'oreille et ajoute : «moi je vends surtout des produits pour les touristes, torchons à l'effigie de monuments parisiens, sacs de lavande…, du coup ils ne sont pas habitués à nos réglementations et à se promener avec des sacs en plastique réutilisables, si je dois en fournir un à chaque client, cela va avoir un coût».

Marché de Bastille

Jean-Claude, installé sur le stand d'en face, s'invite dans la conversation: «Tout le monde m'appelle Coco», et pour cause, M. Coco ne vend que des œufs. «J'ai déjà les bons sacs recyclables, j'en ai distribué une grande quantité mais pour le moment, seuls deux clients sont revenus avec pour faire leurs courses».

Si nous jouons le jeu, les clients doivent le jouer aussi

Jean-Claude alias M. Coco,
marchand d'œufs sur le marché de la Bastille

Le président du marché enthousiaste

Nous poursuivons jusqu’à Moussa, surnommé le «vendeur de patates» mais accessoirement maraîcher et surtout président du marché: «Je pense que c'est une bonne initiative, tous nos clients ramènent les sacs et les réutilisent pour leurs courses, certains s'en servent aussi comme sacs-poubelle. Nous allons proposer des sacs en papier kraft mais avec des kilos d'oranges ou de légumes, ça ne tiendra pas. Il faudrait fabriquer de plus gros sacs en plastique recyclable». Moussa s'accorde à dire que le coût est bien plus élevés, 3 centimes l'unité pour les anciens sacs et 80 centimes pour les nouveaux. «Ça reste cher mais on ne les vendra pas aux clients, ce n'est pas l'esprit du marché, il faut rester commerçant! Je pense malgré tout qu'il faudrait réduire partout le plastique, jusqu'aux roues des vélos».

Marché de Bastille

En attendant d'autres mesures, cette initiative va dans le sens de la transition énergétique relative aux emballages et permet à Paris de se positionner comme ville leader dans la lutte contre le changement climatique et pour l’économie circulaire. Rappelons que les sacs plastique à usage unique ne sont pas recyclables et ont surtout une durée de vie de plusieurs centaines d’années. Non seulement ils contribuent à la pollution de la planète, mais leur fabrication requiert l'utilisation de produits pétroliers, d'eau, d'énergie, et émet des gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique. Leur recyclage n'est pas rentable, selon Éco-Emballages, ils seraient trop légers pour être recyclés, et leur recyclage consommerait plus de ressources qu’il n’en restituerait.

Dernière mise à jour le lundi 19 décembre 2016
Crédit photo : Marc Verhille

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