La Fabrique nomade valorise le savoir-faire des artisans réfugiés

L'association la Fabrique nomade s’est récemment installée dans l’une des voûtes du Viaduc des Arts (Paris 12e). En poussant la porte du 1 bis avenue Daumesnil on découvre les talents de Jeannette, Fayun, Sana, Fadhila ou Wadie, artisans réfugiés que l'association aide dans la valorisation et le développement de leurs savoir-faire en France.

Dans leur pays d’origine, ils étaient potier, sculpteur, couturier, brodeur, ébéniste... En France, ils se heurtent à de nombreux freins pour exercer leur métier. La Fabrique nomade s’est donnée comme mission d’accompagner ces artisans migrants et de les mener vers le chemin de l'emploi en préservant la richesse de leur savoir-faire. Et dans ce lieu éminemment généreux on peut participer à une expérience créative où les artisans vous aide à créer un objet unique, à emporter chez vous. 

A l'initiative de ce beau projet: Ines Mesmar qui nous accueille tout sourire ravie de nous présenter Jeannette en plein travail de confection de bijoux en cuivre et laiton. Jeannette est originaire du Togo. Elle retrouve ici la passion et le métier qu'elle exerçait dans son pays. Si elle ne parle pas encore très bien notre langue, son sourire en dit long quand elle nous confie: "J'ai retrouvé l'énergie et l'envie". Un peu plus loin Sana, de Gambie, est heureux de nous montrer son travail du bois. "Et ici c'est Fayun, il est Chinois, ajoute Inès, il est céramiste mais il donne aussi des cours de taï-chi aux artisans". Il y a aussi Fadhila et Wadie qui se préparent pour le cours de français qui a lieu chaque semaine. Ici, l'accompagnement est en effet complet. L'ambiance est agréable. Certains sont en train de déplacer le frigo de la petite cuisine du lieu. On se sent un peu comme en famille. 

C'est d'ailleurs en découvrant l’histoire de sa maman qu’Ines Mesmar a décidé de créer ce lieu d’accompagnement pour les artisans réfugiés. Ines a 35 ans quand au détour d’une conversation, elle découvre que sa mère, arrivée en France des années plut tôt, a quitté la Tunisie mais aussi son métier et sa passion de brodeuse qu’elle n’a pas pu reprendre dans l’exil. Elle n’en avait jamais rien dit à ses filles. Pour Ines c'est une vive émotion, elle se demande combien d’autres personnes ont ainsi renié une partie d’elle-même en quittant leur pays.

Elle se renseigne, questionne, enquête auprès des centres d’accueil pour réfugiés et migrants. Et elle y rencontre des artisans. « Il y avait Kim, brodeuse au Vietnam, caissière en France; Ali, menuisier afghan, agent d’entretien en France ; Shammim, brodeur au Bangladesh, pizzaïolo en France et tant d’autres… Je prends alors conscience de la violence de la migration: l’effacement de soi, la perte de repères et les difficultés qu’ils rencontrent à faire valoir leurs compétences en France. »

Elle crée alors son association dont l'idée est de proposer à des artisans motivés pour conserver leur savoir-faire et le développer en France un programme adapté et inédit. D’une durée de 6 mois, ce programme favorise leur montée en compétences, leur adaptation au contexte économique, culturel français et leur autonomie. En effet, la fabrique leur apporte les ressources nécessaires pour qu’ils puissent reprendre leur métier en main et être aptes à répondre aux besoins des entreprises. Une action de promotion de leurs compétences auprès des professionnels est aussi mise en place.

Les artisans vont donc ici réaliser ce qu'ils savent le mieux faire. Pour Inès « c'est comme un CV: leurs objets donnent à voir leur savoir-faire auprès de professionnels et entreprises du secteur des métiers d’art ». Une collection Traits d’union a aussi été créée et elle est issue d’une collaboration professionnelle et créative entre les artisans réfugiés et des designers français.

Par ailleurs, il est possible de venir suivre un atelier avec les artisans avec lesquels le public crée et repart avec un objet confectionné sur place. Ils sont destinés au grand public (adultes et enfants) et aux entreprises, et comme il sont animés par les artisans eux-mêmes, ils participent concrètement à leur insertion socio-professionnelle. « Cette action permet aux artisans de prendre confiance en eux et la transmission est très importante à leurs yeux» précise Ines.

Voir la programmation et s'inscrire aux Ateliers sur le site de La Fabrique nomade.

La Fabrique occupe et loue des locaux au 1 bis avenue Daumesnil. Ces locaux sont gérés par la SEMAEST, société d'économie mixte de la Ville de Paris, qui est spécialisée dans l'animation économique des quartiers. Elle conduit depuis 30 ans des projets d'aménagement, de rénovation et de développement économique, au service de la vitalité urbaine.

La Fabrique nomade organise aussi des événements de promotion dont une grande exposition-vente est prévue début décembre. A ne pas rater pour soutenir cette belle association et repartir avec un objet unique. 

Vernissage 11 décembre à partir de 18h



Dernière mise à jour le vendredi 16 novembre 2018
Crédit photo : La Fabrique Nomade-PhilArty

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