L'étrange histoire du chrysanthème, fleur d'or des cimetières

Si le muguet du 1er mai fait l’unanimité, le chrysanthème de la Toussaint divise. Admiré par certains pour ses multiples couleurs et formes, il provoque chez d’autres une réaction épidermique. Peut-être parce qu’il orne allègrement les cimetières à l’occasion de la Fête des morts le 2 novembre. À la Ville de Paris, sa production est abondante et il resplendit dans les massifs. Petite histoire d’une fleur.

Chaque année, il se vend environ 23,5 millions de chrysanthèmes en France dont 22 millions, pour fleurir les tombes, à la seule période de la Toussaint. À la Ville de Paris, la production avoisine les 80.000 plants et les fleurs ornent abondamment les massifs et les plates-bandes des cimetières. C’est en 1919 que sa funèbre destinée fut scellée en France.

Retour dans le passé: la fleur des morts à la guerre

Le chrysanthème est devenu la fleur des morts et la fleur des veuves -de guerre- lorsque Raymond Poincaré, alors président de la République, exigea que le 11 novembre 1919 tous les monuments aux morts de France soient fleuris. Le chrysanthème qui n’avait pourtant rien demandé mais déployait fièrement une floraison spectaculaire à ce moment-là, fut choisi. Avec le temps, cette tradition de fleurissement des cimetières s’est développée et a finalement été associée à la Fête des morts du 2 novembre. Pourtant l’histoire de cette fleur avait commencé sous de meilleurs auspices.

Chrysanthème

De l'Asie où le chrysanthème naquit dans la joie... 

Le terme de «chrysanthème» vient des deux mots grecs, «chrusos» qui signifie «or» et «anthemis» qui signifie «fleur». Cependant, si son appellation est d’assonance grecque, sa naissance, elle, nous vient d’Asie. La fleur d’or étaient déjà cultivée en Chine il y a 2.000 ans. Les chinois la vénéraient et la travaillaient à la manière des bonzaïs. Au Japon, offrir des chrysanthèmes est un symbole d’éternité. On jette d’ailleurs ses pétales lors des mariages. À Tokyo, tous les ans, dans le parc principal, est exposée une présentation de chrysanthèmes spectaculaires. Les Tokyoïtes s'y rendent par dizaines de milliers.

... à Rungis où sa joyeuse tradition persiste

Heureusement, aujourd’hui le chrysanthème trouve encore grâce aux yeux de jardiniers véritables amateurs de ses couleurs et de ses formes. À la ville de Paris, c’est pour certains jardiniers une véritable passion. Et pour fleurir les espaces verts et les 20 cimetières parisiens, les jardiniers de la Ville vont mettre en scène pas moins de 70 000 chrysanthèmes.

Un approvisionnement titanesque

L'approvisionnement rassemble 38.000 plantes de plein champ, 20.000 pots moyens et plus de 1.000 colosses de gros volume produits dans des pots dépassant les 20 litres de contenance. On dénombre également 7.500 coupelles, 550 jardinières, 1.400 chrysanthèmes en cascade, 500 pyramides, 300 éventails et 2.400 sujets éboutonnés.

Toutes les plantes ont été produites dans les pépinières municipales.

Deux sites se partagent la tâche. La pépinière de Longchamp, qui est la plus ancienne pépinière de Paris, produit les chrysanthèmes dits spéciaux. Ce sont les cascades, les éventails, les pyramides, les éboutonnés et les gros sujets.

Chrysanthème rungis

Mais pour composer les innombrables massifs du 1er Novembre, un renfort de plus de 65.000 chrysanthèmes est indispensable. Cette mission revient au centre de production horticole municipal localisé à Rungis.

La Toussaint se prépare depuis le mois de février 

La production a débuté par une campagne de bouturage sous serre de février à avril. Après qu’ils aient raciné, les chrysanthèmes du centre de production horticole (CPH) ont été plantés en mai soit en pots soit en pleins champs. Ils ont été bichonnés jusqu’à fin septembre puis arrachés en octobre : destination, les jardins et les cimetières.

À la pépinière de Longchamp, dans le bois de Boulogne, on exerce aussi des tâches minutieuses. Les formes spéciales demandent un tuteurage savant et une taille régulière. Outre les éboutonnées (vous savez…), chaque pousse a d’abord été pincée à la main puis taillée à la cisaille à gazon tous les quinze jours de mai à début septembre. À cette date, tout doit être terminé, sinon, l’induction florale risque de ne pas se faire et la floraison sera compromise.  Au centre de production de Rungis, on expérimente. On évalue des cultures tests pour les futures plantations et on essaye les nouvelles variétés résistantes aux maladies. Cette année trois nouvelles variétés ont rejoint le catalogue et les calendriers de production ont été réajustés pour assurer une fleuraison de tous les chrysanthèmes à leur maximum le jour J !

Depuis 1999, la collection de chrysanthèmes initialement conservés à la pépinière de Longchamp est agréée par le Conservatoire des collections végétales spécialisées (CCVS). À Bagatelle, la collection de botaniques est localisée au pied du belvédère et les horticoles seront présentés entre autres à chaque entrée du parc.

Les cimetières vous accueillent pour la Toussaint

Chrysanthème toussaint

La Toussaint: un moment traditionnel de recueillement et de souvenir, mais aussi une belle manière de découvrir les cimetières, fleuris à l'occasion de ce jour particulier. La Ville de Paris met en place un dispositif spécifique d'accueil dans les cimetières pendant toute la semaine.

Lire notre article sur l'accueil renforcé dans les cimetières parisiens

Dernière mise à jour le jeudi 2 novembre 2017
Crédit photo : Emilie Chaix

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