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Toxicomanie à Paris : quel est le bilan de la salle de consommation à moindre risque ?

Mise à jour le 22/09/2021
En 2016, une première salle de consommation à moindre risque (SMCR) a été ouverte à Paris dans le quartier de la gare du Nord (10e). Le rapport de la mission flash sur le bilan des salles de consommation à moindres risques, présenté mardi 14 septembre à l'Assemblée nationale, recommande le développement de ce type de dispositifs.
À la demande de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA), l'Inserm a mené une étude sur les salles de consommation à moindre risque (SMCR) déployées en France depuis 2016, à Paris (10e) et à Strasbourg. L'objectif : évaluer leur efficacité, notamment en termes de réduction des pratiques à risque, et leur impact sur la tranquillité publique.
Pendant un an, plusieurs chercheurs ont suivi 665 usagers de drogues répartis dans quatre villes de France : à Paris et Strasbourg où des salles de consommation à moindre risque sont installées, et à Bordeaux et Marseille où ce dispositif n'existe pas.
Quelques chiffres
Au 30 septembre 2020, et depuis son ouverture, l'Espace Gaïa de Paris 10e, c'est :
- trois fois moins de seringues retrouvées dans l'espace public ;
- 242 027 consommations évitées dans l'espace public ;
- 4 859 consultations sanitaires ;
- 4 711 entretiens sociaux.

Des effets positifs pour la santé et la tranquillité publique

Dispositif expérimental de santé publique, l'Espace Gaïa, situé dans le quartier de la gare du Nord (10e), permet depuis octobre 2016 aux usagers de drogues de consommer dans des conditions plus sûres et plus hygiéniques. Selon l'Inserm, cet accueil a pour principal effet une amélioration de la santé des consommateurs de drogues.
D'ailleurs, le rapport de la mission flash sur le bilan des salles de consommation à moindres risques, présenté mardi 14 septembre 2021 à la Commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale par les députés et rapporteurs Caroline Janvier et Stéphane Viry, confirme de son côté l'efficacité de ces dispositifs et plaident pour leur pérennisation et leur extension.
En mettant à disposition du matériel (des seringues par exemple) stérile et à usage unique, cette structure permet en effet de diminuer les pratiques d'injection à risque. L'étude de l'Inserm met également en avant le fait que cet accueil permet une diminution des risques d'overdose. D'importants coûts médicaux sont ainsi évités.
Un autre volet de l'étude porte sur l'impact de l'installation de cet espace sur la tranquillité publique. Aucune dégradation n'est constatée par l'Inserm, qui au contraire met en avant la diminution des injections dans l'espace public et de la probabilité de commettre des délits après consommation de substances. Enfin, le rapport relate que le nombre de seringues retrouvées dans le quartier a été divisé par trois depuis l'implantation de la salle de consommation à moindre risque.

Une prise en charge globale

En plus de fournir un espace sécurisé dans lequel les usagers de drogues peuvent consommer leur propre substance (aucune drogue n'est fournie sur place), la salle de consommation du 10e arrondissement donne accès à un service de santé. Après être passés en salle de consommation, sous la supervision d'un membre de l'équipe médico-sociale, les usagers bénéficient de consultations médicales spécialisées ou de soins infirmiers.
Cet espace permet alors d'établir un contact, et parfois même une relation de confiance, avec des populations précaires et souvent marginales. Cet accès aux soins facilité est l'occasion pour certains usagers de drogues qui le demandent de bénéficier d'un accompagnement vers des traitements de substitution ou vers le sevrage. La structure, adossée à l'hôpital Lariboisière (AP-HP), permet également une prise en charge immédiate des consommateurs en cas d'urgence.
Ce service de santé dispose aussi d'un suivi social. L'équipe d'accueil pluridisciplinaire de l'Espace Gaïa compte des travailleurs sociaux qui peuvent accompagner les usagers dans certaines démarches administratives (hébergement, carte d'identité) pour renouer avec une vie sociale.

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