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Confinement : baisse de la pollution et des nuisances sonores

Mise à jour le 31/03/2020
En pleine épidémie, l’Île-de-France en général et Paris en particulier connaissent une situation particulière sur le front notamment de la pollution atmosphérique et de la consommation d’énergie. Conséquence d’une économie qui fonctionne au ralenti.

Pourquoi l’air paraît-il plus pur ?

Avenue des Champs Elysées sans bruit ni pollution
Avenue des Champs Elysées sans bruit ni pollution
Henri Garat / Ville de Paris
Sur la semaine du 16 au 20 mars, comparé à des mois de mars précédents, Airparif, l’association de surveillance de la qualité de l’air à Paris et en Ile-de-France, a relevé « une amélioration de la qualité de l’air de l’ordre de 20 à 30% dans l’agglomération parisienne, consécutive à une baisse des émissions de plus de 60% pour les oxydes d’azote ».
Là aussi, il n’y a pas de secret. Toujours selon Airparif : « Malgré une augmentation du chauffage résidentiel, cette baisse est liée en grande partie à la forte diminution du trafic routier et aérien (…) ». Mieux, le long des axes routiers, cette baisse serait encore plus nette avec des niveaux de mesure qui rejoindraient ceux d’habitude enregistrés dans les parcs. « En 40 ans de mesure d’Airparif, cette situation n’est jamais arrivée de manière aussi importante et sur autant de stations. »
En revanche, s’agissant des particules fines (les fameuses PM10 et PM2,5), les résultats sont plus mitigés car elles « sont issues de davantage de sources (…). La diminution du trafic n’a pas compensé l’augmentation liée au chauffage résidentiel et au maintien des activités agricoles, conjugués à une météorologie printanière favorable à la formation de particules observée dans plusieurs régions avoisinantes ».

Quid de la consommation d’eau et d’électricité ?

Grands magasins éclairés
Grands magasins éclairés
Grands magasins éclairés
Selon des données fournies par la Ville de Paris, Eau de Paris distribue désormais près de 400.000 m3 par jour, contre 500.000 m3 quotidiennement à cette période l’année dernière. Ce niveau, en recul de 20 % environ, « est comparable à celui d'un mois d'août lorsque Paris est vide ».
Bien entendu, cette baisse de consommation est inégale sur l’ensemble du territoire parisien. Ainsi, les arrondissements qui comptent de nombreux bureaux ou commerces et sont moins habités sont davantage concernés par la baisse : avec par exemple - 30 % d'eau utilisée dans les 5e et 6e arrondissements.
A l’inverse, dans les arrondissements très peuplés, à l'image du 15e ou du 20e arrondissement, la baisse est limitée (environ – 2%).
Quand à la consommation électrique dans la capitale, avec la fermeture des commerces et d’autres établissements, elle aurait diminué quotidiennement d'un cinquième, selon Enedis (ex-ERDF), la société en charge de la gestion du réseau. Soit une baisse de 450 mégawatts (MW), sur 2.250 MW au total consommés habituellement. Cette baisse correspond à la consommation moyenne de 350.000 foyers environ ou de 45 TGV.
L'utilisation de gaz de ville a, pour sa part, diminué d'un dixième dans la capitale, selon des données de Gaz réseau distribution France (GRDF). Concrètement, cela représenterait une diminution de 25 gigawatts-heure (GWh), quand la consommation habituelle en cette période de l’année atteint environ 250 GWh .

Confinement rime-t-il avec moins de déchets?

Camion benne lors de la pandémie de coronavirus
Camion benne lors de la pandémie de coronavirus
jean-baptiste Gurliat / Ville de Paris
C'est en effet le cas. Selon les données de la Ville, le tonnage des déchets ramassés a par exemple baissé de près de 40% samedi 29 mars par rapport au vendredi 13 mars. Mais il est vrai que les restaurants sont fermés et qu'une partie des Parisiens ont quitté la capitale…
Estimation confirmée par le Syctom, l’établissement public intercommunal qui gère les déchets de Paris et de 84 communes de banlieue.
Sur le sujet des services de propreté lire notre article Les équipes de la propreté mobilisées

Pourquoi entend-on les « sons du silence » ?

Mésange dans un arbre à Paris
Mésange dans un arbre à Paris
Guillaume Bontemps / Ville de Paris
Tout le monde a pu le constater, depuis le début de la mesure de confinement (le 17 mars), le niveau sonore a considérablement baissé à Paris et en Ile-de-France. Dans la capitale, on entend même le chant des oiseaux… et les cloches des églises. Une nette diminution que confirme le réseau de 150 capteurs de Bruitparif déployés dans toute la région. Pour Bruitparif, la raison « de ce silence » est simple : « La diminution drastique des trafics routier, aérien et même ferroviaire, l’arrêt des chantiers et la fermeture de nombreuses activités et lieux festifs (bars, restaurants et établissements diffusant des sons amplifiés) ».
Selon Bruitparif, les appareils de mesure situés « le long des axes routiers ont ainsi enregistré des diminutions moyennes de bruit sur 24 heures autour de 3 dB(A) le mardi 17 mars , puis autour de 5 dB(A) les mercredi 18, jeudi 19 et vendredi 20 mars et enfin 7 dB(A) samedi 21 et dimanche 22 mars par rapport aux valeurs habituelles, ce qui correspond à des baisses respectives de 50%, 68% et 80% des émissions sonores générées par la circulation routière ».
Mieux, la nuit, les diminutions peuvent même atteindre 9 dB(A) aux abords de certaines voies dans Paris intra-muros, ce qui représente un niveau sonore réduit de près de… 90%.
Les nuisances sonores ont également disparu des quartiers normalement animés de la capitale. Ainsi, toujours selon les résultats des stations de mesure déployées par Bruitparif dans certains de ces quartiers, « les baisses atteignent en moyenne 8 à 16 décibels sur le créneau compris entre 22 heures le soir et 2 heures du matin. Les soirs de week-end (vendredi et samedi soir), la chute est encore plus marquée avec de 11 à 20 décibels de moins selon les quartiers ».
Et que dire de l’arrêt des chantiers, en particulier ceux du Grand Paris Express ! Selon les données fournies par Bruitparif, la chute des décibels pouvait atteindre 20 dB(A), près de certains chantiers.
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