Ville de Paris

Reportage

Les nouveaux bouquinistes sont sur le pont

Mise à jour le 20/06/2022
Sélectionnés parmi 71 candidatures, Rachid et Estelle font partie des 17 nouveaux bouquinistes choisis en mars dernier pour occuper des emplacements devenus vacants. De ce qui les a poussés à choisir ce métier à leur installation et aux premières semaines d'activité sur les quais, ils racontent cette nouvelle aventure.

Rachid, 48, quai de l'Hôtel de Ville

Avant, Rachid était marin. Aujourd'hui, il est bouquiniste quai de l'Hôtel de Ville, où il vient de s'installer. A 35 ans, il a décidé de changer de vie et de ligne d'horizon : "Je travaillais à Boulogne-sur-Mer. J'ai été matelot, mécanicien et j'ai suivi l’école des officiers de la marine marchande à Saint-Malo. Et puis j’ai eu envie de retrouver Paris, de me rapprocher de mes proches. Comme j’ai toujours baigné dans les livres depuis tout petit, je n’ai pas eu beaucoup de mal à me décider pour ce métier. Les livres sont aussi de très bons moyens d’évasion. Et je reste près de l’eau !"

La philosophie et les voyages

Dans les boites de Rachid, Claude Lévi-Strauss côtoie Yann Arthus-Bertrand, les traités de philosophies, les guides de voyage. "J’aime particulièrement la philosophie, tout ce qu’on appelle la French Theory née dans les années 1960 en France et les années 1970 aux Etats-Unis. J’ai tous les auteurs de cette période. À la fac, j’étais en philo, et avant cela j'ai toujours écouté France Culture assidument. Par mon ancien métier, j'ai une attirance pour les ouvrages sur la navigation, les explorations, l’histoire des grandes expéditions scientifiques."

"Faire sa place et trouver de nouvelles idées"

Installé pour 5 ans, renouvelable, Rachid est serein sur cet emplacement qu'il n'a pas choisi. "Il paraît que ce quai est moins facile qu'ailleurs, car moins touristique, mais j'ai envie de faire ma place. J’ai déjà noué de bons contacts avec mes voisins bouquinistes ou les restaurateurs en face. Quant aux clients j'ai hâte de les rencontrer. Pour moi ce n’est pas vraiment du commerce, même s’il faut que je puisse en vivre évidemment, mais ce qui est intéressant c’est le contact avec les gens, leur trouver ce qu’il recherche, les fidéliser."
Rachid a aussi envie de trouver de nouvelles idées pour ses étalages, comme des cartes géographiques, des croquis, des gravures, des vieux journaux… Et même quelques vinyles. En première ligne trône celui d'Higelin, "Champagne pour tout le monde"…

Estelle, 13, quai Malaquais

De l'autre côté de la Seine, nous avons rendez-vous avec Estelle, qui connaît d'ailleurs déjà Rachid. C'est à lui qu'elle a acheté une boîte qu'il avait fabriquée, avant d'en trouver d'occasion, quai de la Tournelle, mises en vente par un bouquiniste sur le départ. Depuis, ils sont restés en contact.

Littérature et arts

Estelle est affairée à ranger ses quatre boîtes. A l'intérieur de trois d'entre elles, la part belle est faite à la littérature avec des oeuvres du XIXe et du début du XXe siècle. Ce qui frappe est le soin porté à la présentation, et tous les livres ont été soigneusement recouverts : "C'est vrai, je suis assez méticuleuse", sourit-elle. Je trouve que c'est très important de bien présenter les livres." Dans une boîte sont exposées des gravures. "Je l'appelle ma boîte à caprices. J'ai envie d'en faire un petit lieu d'exposition et y présenter des installations thématiques. Ma passion, c'est la littérature, mais j'aime toutes les formes d'art."
Après avoir passé ses études dans la bibliothèque de la Sorbonne pour son mémoire de Lettres modernes consacré aux romans libertins du XIXe, Estelle a travaillé dans une galerie d'art du 6e. Elle a aussi été longtemps ouvre-boîte pour un bouquiniste et a décidé de postuler quand la ville a lancé son appel à candidatures. "Cela a été assez naturel. J'ai tellement envie de partager, d'échanger autour des livres, de transmettre tous ces merveilleux auteurs. Je crois que j'ai lu la majorité de ce que j'ai en vente ici."

Les livres et la culture pour s'élever

"Je pense que les livres et la culture peuvent vraiment aider les gens à s'élever socialement. C'est d'ailleurs mon histoire. Je suis née dans une famille très modeste où il n'y avait aucun livre. C'est littéralement l'école et les livres qui m'ont sauvée. Aujourd'hui je suis ici grâce à eux."
A côté de la passerelle des Arts et de l'Institut de France, l'emplacement est idéal. Estelle ne regrette qu'une seule chose, qu'elle prend sur le ton de l'humour : "J'ai été un peu déçue quand j'ai vu que nous avions l'emplacement pour cinq ans. Même si c'est renouvelable, je pensais qu'on était nommé à vie, comme les Académiciens !"
Avec Estelle et Rachid, partez à la rencontre des autres nouveaux bouquinistes, et des plus anciens aussi !

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