Ville de Paris

Reportage

Les imprimantes 3D font leur entrée à la médiathèque Marguerite Duras

Mise à jour le 04/01/2022
Grâce au vote au budget participatif, le pôle numérique de la médiathèque Marguerite Duras va se doter d'un « Fab lab », un laboratoire de fabrication, en 2023. Amateurs ou gamers, un espace dédié aux imprimantes 3D sera bientôt à votre portée !
Il y a des lieux dont l'évolution est intimement liée à la détermination des petites mains qui y travaillent. La médiathèque Marguerite Duras, dans le 20e, en fait partie. Cette fourmilière grouille d'une cinquantaine de passionnés, à l'image de Cyrille Jaouan, le responsable de la médiation numérique. L'homme était sans doute prédestiné au digital : il obtient son premier poste le jour même de l'arrivée des CD-ROM dans les bibliothèques. C'est lui qui a lancé l'idée du Fab lab, le laboratoire de fabrication destiné à faciliter l'accès aux outils numériques, comme les imprimantes 3D et les découpes lasers. La création du futur espace est rendue possible grâce au vote au budget participatif 2019. Près de 300 000 euros sont alors alloués au projet.

Le numérique s'invite à la bibliothèque

Le projet du Fab lab puise ses racines à l'époque où la médiathèque Marguerite Duras n'était… qu'une bibliothèque. Au passage de l'an 2000, Internet s'invite à la fête et est ouvert au grand public. Lorsqu'il devient accessible dans les bibliothèques, les salariés organisent des ateliers pour apprendre à manier le web et les ordinateurs.
Avec des logiciels simples, les apprentis découvrent comment manier une souris, cliquer, déplacer… « On a fait ces ateliers dans un cadre créatif, ludique… Une manière d'apprendre qui est différente de ce qu'on a l'habitude de voir dans les bibliothèques », explique Cyrille Jaouan. Au fil du temps, le pôle numérique, composé à présent de trois collègues, continue de se réinventer, jusqu'à se doter d'imprimantes 3D.

La médiathèque, une explosion d'innovations

L'échange de compétences est un point clé du réseau des bibliothèques de Paris, dont Cyrille fait partie : « On est bavard, les bibliothécaires. L'idée n'est pas de rester en vase clos, mais de partager nos façons de faire ». C'est dans le cadre du festival Numok qu'ils décident de créer un studio numérique mobile, le « Biblio Fab », qui circule de bibliothèque en bibliothèque. Son fonctionnement repose sur trois étapes : la découverte des machines par les usagers, l'initiation aux logiciels de modélisation et l'approfondissement avec la réalisation de projets personnels. « L'idée est vraiment d'initier les gens, de franchir une première marche vers la culture numérique comme on découvre la culture en franchissant les portes de la médiathèque ».
Pendant un mois, le studio mobile reste entre les murs de Marguerite Duras, avant de repartir dans une autre bibliothèque. Mais ces quatre semaines ne suffisent pas à aller au bout des projets. « On n'avait pas le temps pour ces réalisations ni un lieu dédié. »
Pour répondre à l'envie des usagers, la décision est prise de créer un service à part entière. Pour « rajouter une brique au bâtiment » existant, l'équipe participe au budget participatif et dépose son projet le 29 janvier 2019. Après la concertation du public, le Fab lab remporte le budget avec un total de 1968 votes. Grâce aux 300 000 euros accordés à la médiathèque, les travaux peuvent être envisagés au troisième étage du bâtiment.

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Crise sanitaire : du fablab au corolab

Les travaux devaient prendre environ deux années. Pourtant, c'est à ses prémices que le projet s'arrête de tourner, à l'image du monde entier. Confiné chez lui, Cyrille n'est pas décidé à rester les bras croisés. Après avoir échangé avec des proches travaillant dans le secteur médical, il se met à fabriquer des visières. De fil en aiguille, une trentaine de bibliothécaires montent avec lui une véritable usine à production : les imprimantes 3D et les machines à coudre du réseau sont rassemblées à Marguerite Duras. Une « aventure collective unique » où les bénévoles ont créé, malgré eux, un Fab lab, qu'ils ont baptisé symboliquement « Corolab ».
Des compétences, des machines et un projet commun… Plus vrai que nature, ce Fab lab expérimental finit de convaincre les derniers réfractaires au projet d'un nouvel espace numérique. « C'est devenu concret pour tout le monde. » L'équipe du pôle numérique devra cependant encore attendre janvier 2023 pour prendre place dans le lieu. Cyrille Jaouan, surnommé le « dépanneur de la photocopieuse » pour ses compétences en informatique, espère fédérer autour de ce projet. « L'enjeu n'est pas de créer un espace pour trois geeks barbus devant des écrans, mais de démocratiser la culture numérique auprès de tous les publics ». Un fabuleux dessein.
Et après ?
En janvier, une première exposition photographique reviendra sur la folle aventure humaine des lieux de production de matériel médical pendant la crise. Le photographe, Quentin Chevrier, a documenté la trentaine de lieux de « fabrication distribuée ».
En avril, dans le cadre du festival Numok, la médiathèque Marguerite Duras accueille une exposition interactive sur le monde des Fab Labs, créée par Ici et Lab, une structure d'aménagement de Fab lab.

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