La Belgique à Paris : bien plus qu'une simple station de métro
Mise à jour le 16/10/2024
À l’occasion de la visite d’État du roi et de la reine des Belges, et de leur venue à l’Hôtel de Ville ce 15 octobre, retour sur les nombreux liens entre Paris et Bruxelles. Car les deux capitales européennes, distantes de 300 kilomètres, entretiennent une relation pas tout à fait comme les autres.
Une fois par an, l’Hôtel de Ville se pare des couleurs belges
Paris est belge. Enfin, c’est le cas une fois par an. C’est la tradition : chaque 21 juillet, le jour de la fête nationale belge, la Ville de Paris honore le Plat Pays en pavoisant l’Hôtel de Ville (Paris Centre). Une manière de lui rendre hommage et de ne pas oublier le courage dont a fait preuve le gouvernement belge qui, en 1914, refusa que les troupes allemandes traversent son territoire pour pénétrer en France, avant de se replier en exil en Normandie jusqu’à 1918.
La première liaison ferroviaire entre deux capitales fut Paris-Bruxelles
En 1846, la première liaison ferroviaire reliant deux capitales voit le jour. Elle reliait Paris et Bruxelles en dix heures et trente minutes. En réalité, dix ans plus tôt, la Belgique s’était lancée dans la construction d’un réseau de chemin de fer. Les contextes économique et politique de l’époque poussaient le pays à développer une alternative au transport fluvial, connecté aux Pays-Bas.
Dans les années 1840, la France, qui craint de se faire doubler par la Prusse, décide de se lancer dans l’aventure, même si, déjà à l’époque, d’innombrables débats ont lieu sur la nature et les sources des investissements nécessaires. Elle va d’abord construire les 11 kilomètres de lignes nécessaires pour relier Lille à la Belgique. Ce n’est qu’en 1846 que Paris et Lille se connectent, puis Bruxelles, ce qui en fait le tout premier chemin de fer reliant deux capitales.
Liège, une station de métro… et une ville qui aida la France pendant la guerre
Pour une raison historique. Lors de la Première Guerre mondiale, les Allemands ont tenté de traverser rapidement la Belgique pour attaquer la France. Problème ? Ils ont été confrontés à d’irrésistibles Liégeois. Les Belges ont défendu leur ville durant plusieurs dizaines de jours, ce qui contraignit les forces allemandes à renoncer à leur plan initial et à passer aux bombardements. On raconte que si la France a remporté la bataille de la Marne, c’est en partie grâce à la résistance des forts de Liège.
Des années plus tard, en remerciement du courage héroïque de la ville de Liège, la France lui accorda la Légion d’honneur et donna également son nom à cette station du métro parisien, à la place de « Berlin ». C’était une pratique courante à l’époque, qui consistait à effacer toute référence à l’Allemagne. Ainsi, la rue de Berlin fut également rebaptisée rue de Liège.
Les étudiants belges à Paris, ça ne date pas d’hier
La Fondation Biermans-Lapôtre est l’une des plus anciennes maisons de la Cité internationale universitaire de Paris (14e). Elle a été bâtie grâce à un homme d’affaires, Jean Hubert Biermans. En 1924, avec son épouse Berthe Lapôtre, il a fait don à l’université de Paris d’un important capital afin de financer la construction d’une maison destinée à loger à Paris les étudiants belges et luxembourgeois.
En 2000, le bâtiment a connu une profonde rénovation réalisée par la Régie des bâtiments, un organisme public belge, et financé par les gouvernements belge et luxembourgeois. La maison dispose aujourd’hui de 201 chambres et 18 studios.
Un cycliste belge est rentré dans l’histoire aux Jeux de Paris 2024
Le premier homme à avoir remporté la course en ligne de cyclisme sur route et le contre-la-montre lors des mêmes Jeux olympiques ? Il s’agit bien d’un Belge… qui a brillé pendant les Jeux de Paris 2024 : Remco Evenepoel y a gagné la course en ligne une semaine seulement après avoir raflé la médaille d’or lors du contre-la-montre. Un record historique pour le monde du cyclisme. Le Flamand a réussi ce qu’aucun homme avant lui n’avait jamais réalisé.
Une vitrine artistique belge dans le centre de la capitale
Vous ne le savez peut-être pas mais, en face du Centre Pompidou (Paris Centre), se trouve la plateforme culturelle de la Belgique francophone à Paris, installée ici depuis 1979. Le Centre Wallonie-Bruxelles est une véritable vitrine artistique. Il propose, entre autres, des spectacles vivants, des expositions, des projections de films et des rencontres littéraires.
À noter : les Belges eux-mêmes ont arrêté de revendiquer cette paternité, comme l’explique un article de la très sérieuse RTBF.