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Reportage

L'atelier d'horlogerie de la Ville de Paris fête ses 100 ans

Mise à jour le 16/09/2021
Tic, tac… L’atelier d’horlogerie célèbre son centième anniversaire cette année. À cette occasion, les horlogers qui y travaillent nous ont ouvert leurs portes. Ils nous partagent leur quotidien, leur réflexion sur le temps qui passe et sur la transmission de leur savoir-faire.
Cette année n'est pas une année ordinaire pour l'atelier d'horlogerie. Et pour cause, il fête son 100e anniversaire. À cette occasion, nous avons pu franchir les portes de l'atelier pour en découvrir l'histoire et le fonctionnement. Comble de l'ironie, nous avons quelques minutes de retard sur notre rendez-vous. Mais les horlogers, en maîtres du temps aguerris, ne nous en tiennent pas rigueur.
Antoine Walter, maître horloger, nous reçoit en compagnie de ses collègues Jennifer Fraudeau et Omar Khattala. Tous trois travaillent depuis de nombreuses années à l’atelier, aux côtés d’un autre horloger et de trois électrotechniciens. Car remettre les pendules à l’heure nécessite diverses compétences, selon le type d’horloge. Les premiers s’occupent des 120 pendules mécaniques disséminées dans les 20 arrondissements de la ville. Les seconds gèrent les horloges et dispositifs de sonnerie dans les 650 établissements scolaires parisiens, sans oublier les équipements sportifs et culturels.

Dans les coulisses de l'atelier d'horlogerie

L’entretien des horloges en constante évolution

« Le premier cadran public installé à la Conciergerie en 1350, explique Antoine Walter. C’est la première fois que l’on donne la possibilité de lire l’heure. L’heure publique devient alors une référence ». Et la responsabilité de l’heure publique ne s’est pas diluée au fil du temps.
En 1921, l’entretien des horloges évolue. La municipalité décide de les faire électrifier, par souci de modernité et pour en faciliter la maintenance. « Certaines avaient besoin d’une intervention quotidienne, d’autres tous les deux jours, d’autres tous les 8 jours. Il ne fallait pas dévier d’une minute, sinon l’amende était de 5 francs », détaille Antoine Walter. Aujourd'hui encore, si de nombreuses horloges n’ont plus besoin d’être remontées régulièrement, d’autres ne peuvent se passer d'une intervention humaine pour fonctionner.
Et c'est sans compter la vie propre d’une horloge. « Elle est sensible au froid, au chaud, à l’humidité. La matière se déforme, ce qui influe sur le balancier pendulaire : s’il grandit, il devient plus lent, s’il rapetisse, il devient plus rapide. Ces petites variations sont à prendre en compte », rappelle le maître horloger.
Aujourd’hui, de nombreuses horloges fonctionnent en réseau grâce à des systèmes électroniques. Électrotechniciens et horlogers travaillent donc ensemble et s’entraident selon les travaux. Le fonctionnement en réseau leur permet de changer l’heure de 20 classes en même temps par exemple. Un gain de temps précieux !

Le changement d’heure, un moment privilégié deux fois dans l’année

Les bâtiments sont déserts, les classes d’école silencieuses, les bureaux sombres… Deux fois par an, les horlogers ont la ville pour eux. Angoissant pour les uns, apaisant pour les autres, ce moment ne laisse personne indifférent. D’autant qu’il implique une charge de travail considérable à effectuer dans un laps de temps très réduit.
Or, pour ce travail de précision, il faut aussi savoir prendre son temps. Car le dicton des horlogers le rappelle, leur travail consiste en « 90 % d’observation, 10 % d’action ». L’observation passe par une bonne connaissance des horloges et de leur historique. Sans patience ni conscience, point de maître du temps.

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