Gary Hunt, le plongeur de haut vol entre en Seine
Mise à jour le 29/07/2026
Deux mains ne suffisent pas à compter les titres mondiaux glanés par Gary Hunt. Les 7 et 8 août, lors des championnats d’Europe de natation, le Franco-Britannique sera l’une des têtes d’affiche du plongeon de haut vol. L’occasion de le voir – gratuitement – s’élancer de 20 mètres de haut dans la Seine, du côté de Grenelle. Rencontre avec une légende de la discipline.
Bio express
Gary Hunt (41 ans)
11 titres mondiaux dans le circuit Red Bull Cliff Diving World Series
2 médailles d’or au plongeon de haut vol lors des championnats du monde de natation (2015 et 2019)
1 participation aux Jeux olympiques de Paris 2024 (catégorie plongeon synchronisé à 10 m)
À une semaine du début des épreuves, comment vous sentez-vous ?
Impatient… Je fais beaucoup de compétitions dans l’année, mais participer au plongeon de haut vol pendant les championnats d’Europe de natation à Paris, c’est LA compétition clé de ma saison. J’habite Montreuil (Seine-Saint-Denis), Paris est comme chez moi, donc j’ai envie de réaliser une belle performance devant mes amis, ma famille et tous les Parisiens.
La façon d’aborder le plongeon change-t-elle selon le lieu ?
Absolument ! Contrairement au plongeon en piscine, tout change avec le haut vol, car chaque endroit est différent. Nous sautons en pleine nature, dans des lagons ou dans de grandes villes, et le climat, le vent ainsi que le courant sont autant de variables à prendre en compte. À Paris, on sent que la Seine a du débit, il y a plus de risques pour que nos jambes se séparent sous l’eau. Il faut alors veiller à bien les garder ensemble au moment de l’impact.
La présence du public change également beaucoup de choses : je pense que je plonge mieux lorsqu’il y a du monde ! Le fait de sentir que je fais le spectacle me donne énormément d’énergie.
Vous avez déjà plongé à plusieurs reprises à Paris, qu’est-ce qui change cette année ?
Je garde un souvenir merveilleux des épreuves de plongeon de haut vol dans la Seine en 2022 et en 2023. Il y avait une superbe ambiance, je me sentais particulièrement soutenu par le public et j’étais fier de représenter la France [britannique, Gary Hunt a été naturalisé français en 2020] devant la tour Eiffel (7e).
Pour cette compétition, j’ai appris deux nouveaux plongeons, dont l’un que je vais présenter pour la première fois.
plongeur
Cette fois, le plongeon se fera à 20 mètres et non à 27 mètres, comme c’est d’ordinaire le cas pour les hommes. Cela change beaucoup de choses et on ne sait pas du tout qui seront les favoris. De mon côté, ce sera seulement ma deuxième compétition à cette hauteur. Pour l’occasion, j’ai appris deux nouveaux plongeons, dont l’un que je vais présenter pour la première fois et qui débute par un équilibre [sur les mains] sur la plateforme. Je ne l’ai pas encore réalisé à l’entraînement, mais je le travaille beaucoup, notamment la phase de départ.
Justement, comment s’entraîne-t-on à une discipline comme la vôtre ?
À ma connaissance, aucune piscine d’intérieur n’a de plateforme assez haute ! Pour m’entraîner, je dissèque mon plongeon en différentes parties, souvent en deux ou trois. Et je travaille ces segments à tour de rôle. Parfois, je plonge au centre olympique de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Le plus souvent, je m’exerce à la piscine Maurice-Thorez de Montreuil (Seine-Saint-Denis).
Que ressentez-vous avant de plonger ?
Au début, c’était de la peur. Il m’a fallu une dizaine d’années pour l’apprivoiser et ne plus avoir les jambes qui tremblent ou le cœur qui bat très fort. La veille d’une compétition, je n’arrivais pas à dormir. Le jour J, j’avais la boule au ventre. Mais, petit à petit, j’ai pris confiance en moi. Désormais, je suis en mode pilotage automatique, car je sais que tout va bien se passer et qu’à la fin je vais vivre un bon moment. Donc j’essaye avant tout de profiter ! Prendre du plaisir m’aide à rester tranquille.
Comment avez-vous commencé à plonger ?
J’étais nageur avant d’être plongeur. J’ai appris à nager très jeune puis, à 5 ans, j’ai intégré un club de natation. À 9 ans, je suis allé dans un plus grand club, à Leeds (Angleterre), et c’est là que j’ai découvert les plongeurs. Ils avaient l’air de sacrément s’amuser, alors j’ai voulu essayer !
J’aimais beaucoup la natation, et notamment les compétitions. Mais je trouvais les entraînements très durs : il faut une grande discipline pour parcourir autant de distance avec les yeux rivés sur les carreaux du fond de la piscine. De plus, mon corps n’était pas vraiment fait pour la natation : avec mon petit gabarit, le plongeon était beaucoup plus adapté. Pendant une année, j’ai pratiqué les deux activités… puis je n’ai jamais arrêté de plonger !
Vidéo Youtube
Être rattaché aux championnats d’Europe de natation, qu’est-ce que cela change pour vous ?
La venue des meilleurs compétiteurs européens à Paris rajoute de l’excitation ! Je pourrai regarder les autres épreuves, croiser les athlètes : ce partage, ces rencontres, c’est ce que j’aime dans le sport et dans la vie. Ces championnats d’Europe vont être un grand défi pour Madeleine Bayon et moi, qui sommes les deux représentants français. Elle est arrivée assez récemment dans la discipline tandis que je suis le doyen ! Mais nous sommes tous les deux capables d’aller chercher une médaille.
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