Ces animaux qui peuplent Paris… la nuit
Série
Mise à jour le 26/03/2026
Sommaire
Pour favoriser la protection de la biodiversité, ce samedi 28 mars à 20 h, on éteint les lumières pour Hearth Hour (« une heure pour la terre ») ! On en profite pour vous présenter cinq animaux pour qui la nuit est un refuge et… un terrain d'activités. Avis aux noctambules, vous pouvez même les apercevoir ou les entendre dans Paris !
Ce que les animaux doivent à la nuit
Tout simplement leur survie ! Le noir permet de se nourrir, de se déplacer et d’éviter les prédateurs. Beaucoup de fonctions vitales (reproduction, hibernation, etc.) dépendent de l’existence d’une période de noir profond. Lors des cycles migratoires des oiseaux, qui se font grâce aux étoiles, les lumières des villes gênent leur vision et peuvent les détourner de leur itinéraire. Pour en savoir plus sur la biodiversité parisienne, consultez notre Atlas de la nature de Paris !
La fouine (Martes foina)
La fouine photographiée par le conservateur du cimetière du Père-Lachaise.
Crédit photo :
Benoit Gallot / Conservateur du cimetière du Père Lachaise
La fouine est un mammifère carnivore de taille moyenne, principalement nocturne. Après avoir passé la journée dans son gîte, elle sort dès le coucher du soleil pour chasser et explorer son territoire. Ainsi, elle réduit les risques de prédation et exploite efficacement ses ressources alimentaires. Elle peut être vue très tôt le matin, mais on l'observera plutôt après la tombée du jour.
Signes distinctifs
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De la tête au tronc, elle mesure de 42 à 48 cm, et sa queue entre 22 et 28 cm.
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Son plastron (face ventrale) est blanc et descend jusqu'aux pattes. C'est d'ailleurs ce qui fait sa différence avec la martre (avec qui on la confond souvent) dont le plastron est jaune et s’arrête au buste.
Elle mange quoi ?
La fouine a ce qu'on appelle une alimentation opportuniste, c'est-à-dire qu'elle est capable de se débrouiller avec ce qu’elle trouve. À noter toutefois qu'elle raffole de fruits et de baies. Mais c'est aussi une chasseuse qui ne fera qu'une bouchée d'un oiseau ou d'un petit mammifère, principalement les rongeurs.
Où la voir ?
Elle fréquente presque tous les parcs de la capitale, et même les rues de Paris, avec une stratégie de camouflage implacable : rester parfaitement immobile face aux passants pressés. Le conservateur du cimetière du Père-Lachaise la photographie souvent. Le naturaliste passionné Nicolas Blanchard en a suivi quatre pendant plus d'un an dans les rues de Paris !
La chauve-souris (Chiroptera)
Certes, elles ont des ailes, mais les chauves-souris ne sont pas pour autant des oiseaux : ce sont des mammifères ! Discrètes et actives la nuit, elles jouent un rôle précieux dans l’écosystème urbain, notamment en régulant les populations d’insectes. Elles se dirigent par écholocation en émettant des sons de haute fréquence, inaudibles pour l’oreille humaine. Ceux-ci sont réfléchis sous forme d’échos par les surfaces environnantes. Leurs oreilles captent ces échos et leur cerveau détermine la position, la distance et même la nature des éléments détectés. Cela leur permet de repérer leurs proies dans l’obscurité totale.
Signes distinctifs
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La chauve-souris vit assez longtemps, de 20 à 30 ans.
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Son aile est formée par quatre doigts hypertrophiés et reliés par une membrane de peau souple et élastique.
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La chauve-souris n’est pas chauve, mais certaines parties du patagium (frange), de la face et des oreilles sont dénudées ou seulement couvertes de poils très fins.
Elle mange quoi ?
Les chiroptères sont insectivores. Leur terrain de chasse privilégié est la fronde des grands arbres peuplés d'insectes volants. Elles guettent aussi les insectes qui se rassemblent autour des lumières des réverbères. En se nourrissant de moustiques ou de papillons nocturnes (hétérocères), elles participent à leur régulation. Et contrairement à la croyance populaire, elles ne sucent pas le sang humain…
Où la voir ?
Depuis 1990, douze espèces de ces mammifères ont été observées sur le territoire parisien. Outre la pipistrelle commune, la plus répandue, on trouve aussi le murin à moustaches, l’oreillard roux ou la sérotine commune. Leurs gîtes peuvent se trouver dans des espaces très variés : combles, fissures de façade, cavités d’arbres, ponts ou autres infrastructures. La Ville vous invite d'ailleurs à l'aider à identifier ces gites, si vous en connaissez. Cela permettra d’adapter les pratiques de gestion, de préserver ces sites et d’améliorer les connaissances sur la biodiversité parisienne. Participez à l'enquête.
Le lapin de garenne (Oryctolagus cuniculus)
Un lapin de garenne se balade dans les jardins des Invalides.
Crédit photo :
Guillaume Bontemps / Ville de Paris
Le lapin de garenne a une activité essentiellement crépusculaire. Le jour, il est peu actif et reste dans son terrier qu’il creuse dans des sols profonds. Celui-ci lui sert aussi de refuge, car il est une proie de choix pour les renards et les rapaces. Sa réputation d’espèce prolifique n’est pas usurpée : une lapine, sexuellement active pendant huit ans, a en moyenne trois à cinq portées par an de trois à six lapereaux !
Signes distinctifs
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Le lapin a une taille moyenne : entre 30 et 50 cm, et un poids de 12 à 25 kilos.
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Il est plus petit que le lièvre, avec des oreilles plus courtes et l’absence de taches noires à leur extrémité.
Il mange quoi ?
Le lapin est un herbivore strict qui se nourrit principalement d’herbes, de feuilles, de bourgeons, de fruits et d’écorces, selon les saisons et la disponibilité des végétaux.
Où le voir ?
On le trouve dans le bois de Boulogne et on peut en apercevoir aux jardins du Trocadéro ou sur les pelouses des Invalides.
La chouette hulotte (Strix aluco)
Chouette observée dans le cimetière du Père-Lachaise.
Crédit photo :
Benoit Gallot / Conservateur du cimetière du Père Lachaise
La chouette hulotte est un rapace nocturne forestier qui s’observe difficilement la journée. Elle recherche des espaces arborés avec des arbres à cavités pour nidifier et une végétation grimpante dense pour s’y réfugier et s’y reposer. Après le coucher du soleil, elle s’active, entrecoupant les périodes de chasse (mulots, campagnols, coléoptères…) par son fameux hululement pour attirer la femelle, surtout durant l’automne et l’hiver. La couvaison a lieu vers mars-avril.
Signes distinctifs :
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un corps massif avec une tête ronde et des yeux noirs imposants ;
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des ailes larges et arrondies pour voler entre les arbres ;
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des pattes couvertes de petites plumes ;
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la couleur de son plumage est variable d’un individu à un autre, du gris ou brun-roux, tacheté de noir et de blanc. Il lui sert de camouflage.
Elle mange quoi ?
C’est après le coucher du soleil qu’elle s’active pour attraper des petits rongeurs (mulots, campagnols, etc.), des insectes (coléoptères) et, parfois, quelques oiseaux de petite taille.
Où la voir ?
À Paris, la chouette hulotte est devenue très rare. Quelques individus sont encore entendus ou aperçus dans les bois de Vincennes (12e) et de Boulogne (16e), et les grands cimetières extra-muros. Mais, en avril 2025, un spécimen a été observé et photographié, intra-muros, dans le cimetière du Père-Lachaise (20e). Au sol, les pelotes de réjection (poils, os non digérés) peuvent indiquer la présence du rapace.
La grive musicienne (Turdus philomelos)
La grive musicienne est la première (avec le merle noir) à faire entendre son chant très flûté. Elle est ici au parc de Bercy (12e).
Crédit photo :
Guillaume Bontemps / ville de Paris
Certains s'étonneront de voir ici cette cousine du merle noir. La grive musicienne n'est pas considérée comme un oiseau nocturne et volète allégrement aussi de jour (en se cachant dans les ombrages tout de même). C'est une espèce arboricole qui recherche des zones arborées entrecoupées d'espaces herbacés pour chasser insectes et vers de terre. Elle entre dans notre catégorie, car c'est en milieu ou fin de nuit qu'elle nous gratifie le plus souvent de son chant. C'est aussi le premier oiseau chanteur qu'on entend dès le mois de décembre, jusqu'à l'été.
Signes distinctifs
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Elle mesure entre 20 et 23 centimètres pour une envergure de 33 à 36 centimètres.
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Son poids varie entre 65 et 90 grammes.
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Son plumage est d'un brun uniforme sur le dos et sa poitrine est de couleur crème à chamois mouchetée de taches noires en forme de V ou de cœur inversé. Ces taches permettent de l'identifier.
Elle mange quoi ?
La grive musicienne se nourrit de vers, de limaces, de chenilles ou d'escargots. Elle aime aussi les baies ou les fruits, et recherche son alimentation principalement au sol. Elle est connue pour utiliser une pierre comme une enclume afin de casser les coquilles d'escargots dont elle est friande.
Où la voir ?
Elle peut être entendue dans les bois de Boulogne (16e) et de Vincennes (12e), les espaces verts parisiens très arborés, comme les Buttes-Chaumont (19e), le parc Monceau (8e), le parc André Citroën (15e), le cimetière de Montmartre (18e), Belleville (20e), le Jardin des Plantes (5e) ou le parc de Bercy (12e).
Mais encore…
Retrouvez, dans notre série Nos voisins, les animaux, d'autres animaux qui préfèrent la nuit pour s'épanouir :
- le renard
- le hérisson d'Europe
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