Cafés, pâtisseries, friperies, salles de sport : le nouveau visage du commerce parisien
Mise à jour le 13/10/2026
La 10e enquête de l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur), menée en partenariat avec la Ville et la chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Paris, dresse un panorama détaillé de l’évolution de l’activité commerciale dans la capitale entre 2023 et 2026. Parmi les principales évolutions observées : l’essor de la restauration, le développement des activités liées au bien-être, la progression de la seconde main et le recul des secteurs traditionnels.
Parmi les 83 115 locaux recensés en 2026 en rez-de-chaussée dans la capitale, pas moins de 60 517 sont des commerces et services commerciaux. Cela représente 28 commerces pour 1 000 habitants et fait de Paris l’une des villes les plus commerçantes d’Europe !
Les bars et les cafés en forte hausse
La restauration est le grand moteur de croissance du commerce ! 497 bars et cafés supplémentaires ont ouvert depuis trois ans, une hausse due principalement aux coffee shops et aux bars à chicha. De son côté, la restauration rapide se développe et compte 4 053 établissements pour 9 209 restaurants traditionnels.
Les pâtisseries ont la cote
Loin d’être une surprise, les commerces alimentaires continuent légèrement d’augmenter avec 8 098 enseignes. Cette progression vient principalement des commerces de bouche qui se spécialisent dans des produits gourmands. Depuis 2023, on compte 67 pâtisseries, 33 chocolateries, 25 glaciers et 21 torréfacteurs supplémentaires.
Le nombre de primeurs (-24), de boucheries (-17) et de poissonneries (-14) recule.
La mode est à la seconde main
L’un des phénomènes les plus marquants observés par l’enquête concerne l’essor de l’économie circulaire. Les commerces de seconde main, les friperies et les boutiques spécialisées dans la réutilisation d’objets poursuivent leur progression.
On recense 404 friperies (soit 83 de plus qu’en 2023) et 18 librairies uniquement d’occasion. Cette tendance reflète l’évolution des comportements des consommateurs, plus sensibles aux enjeux environnementaux et à la maîtrise des dépenses.
Le boom des salles de sport
Les activités liées au bien-être et à la santé gagnent du terrain. Difficile de ne pas l’avoir remarqué, les salles de sport (+70) se sont multipliées.
Sans lien de cause à effet, les professions médicales (+57) occupent aussi une place croissante dans les locaux commerciaux. Cette évolution traduit le vieillissement de la population, mais également l’importance accordée à la santé et à la qualité de vie par les habitants.
Le tourisme dope certains quartiers
Le Marais (Paris Centre), les Champs-Élysées (8e) et plusieurs grandes artères commerçantes accueillent de nouvelles enseignes internationales et des boutiques haut de gamme. Le retour des visiteurs étrangers contribue fortement à cette reprise et conforte le rôle de Paris comme destination majeure du commerce et du luxe.
Le commerce en ligne fait disparaître certaines boutiques
L’habillement est l’un des secteurs les plus touchés. Le marché se polarise progressivement entre les marques de luxe, très présentes dans les quartiers les plus attractifs, et les enseignes à bas prix capables de jouer sur les volumes. Les enseignes de milieu de gamme sont prises en étau et disparaissent.
Les magasins d’équipement de la maison enregistrent eux aussi des pertes, tout comme les agences bancaires, les garages et concessionnaires, les compagnies d’assurance ou encore les agences immobilières qui réduisent progressivement leur présence physique.
Enfin, les commerces de culture et de loisirs sont impactés. Le secteur perd 96 commerces (librairies ou vendeurs d’instruments de musique) entre 2023 et 2026.
Vacance commerciale
C’est une fragilité persistante : la vacance commerciale concerne désormais près de 11,7 % des locaux recensés (pour 10,9 % en 2023). Cela représente 9 725 locaux vides sur les 83 115 recensés.
Le soutien aux commerces
La Ville de Paris mène une politique active de soutien aux commerces de proximité afin de préserver la diversité commerciale et limiter la vacance des locaux.
Préserver la diversité commerciale
Elle poursuit sa stratégie de protection des commerces de proximité à travers les linéaires commerciaux protégés, qui concernent près de 37 000 commerces, soit 61 % du parc commercial parisien. Sur ces axes, les changements d’activité sont encadrés afin d’éviter une uniformisation de l’offre commerciale. Le dispositif semble produire des résultats puisque le taux de vacance y est inférieur à la moyenne parisienne (9,8 % contre 11,7 %).
Renforcer l’intervention foncière
L’étude souligne la montée en puissance de la Foncière Paris Commerces, qui constitue le principal outil d’intervention publique sur l’immobilier commercial. Son objectif est de racheter des locaux stratégiques afin d’y installer ou de maintenir des commerces jugés utiles à la vie des quartiers. Cette action va être amplifiée avec un programme d’investissement de 200 millions d’euros sur cinq ans, destinés à acquérir 250 à 300 locaux commerciaux supplémentaires.
Accompagner les commerçants
L’étude rappelle également que le dispositif Paris Commerces a permis de soutenir ou de maintenir environ 650 commerces. L’objectif est notamment d’aider les activités indépendantes et les commerces de proximité confrontés à la hausse des loyers, aux mutations des modes de consommation et à la concurrence du commerce en ligne.
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