À la découverte des jardins d’enfants pédagogiques de la Ville de Paris

Reportage

Mise à jour le 29/01/2026

Deux enfants qui font des exercices d'écriture
C’est une structure pas comme les autres pour les petits de 2 ans et demi à 6 ans. Alternatives aux écoles maternelles, les jardins d’enfants pédagogiques (JEP) proposent des pratiques d’apprentissage spécifiques. Nous avons poussé la porte de celui de la rue Félix-Terrier, dans le 20e arrondissement.
Tandis que Paris s’éveille, une parenthèse enchantée s’ouvre dans le jardin d’enfants pédagogique (JEP) de la rue Félix-Terrier (20e). Ici, pas de larmes et de séparations déchirantes : au contraire, ce sont les parents qui semblent traîner le pas, presque envieux devant le spectacle de leurs enfants déjà absorbés par un dessin, un jeu de construction ou une discussion animée avec les copains. Car, dans cet établissement, on prend le temps de grandir. L’enfant y est observé, accompagné, respecté dans son rythme. De leur côté, l’équipe pédagogique et les familles y structurent, ensemble, un projet éducatif exigeant et profondément humain.
Ouverture des inscriptions
Les inscriptions dans les jardins d’enfants pédagogiques (JEP) sont ouvertes depuis le 22 janvier pour la rentrée de septembre. Effectuez les démarches dans les JEP de votre arrondissement et les mairies d’arrondissement pour les enfants de 2 ans et demi à 6 ans. Plus d’infos ici

L’expertise pédagogique : le luxe de la patience

La grande force du lieu réside dans son encadrement : les enfants y sont accompagnés par des éducatrices et éducateurs de jeunes enfants (EJE) diplômés d’État. « Nos équipes sont formées pendant trois ans à la psychologie et au développement de l’enfant. Nous ne sommes pas dans une logique de performance immédiate, mais de construction de l’individu », souligne Sophie Roulot, la responsable du JEP Félix-Terrier.
Avec des effectifs volontairement réduits (une quinzaine d’enfants par groupe), l’accompagnement devient personnalisé. Les groupes peuvent être homogènes ou à âges mélangés, favorisant l’entraide et la socialisation. Ici, l’apprentissage se fait partout et tout le temps, à travers le jeu, l’expérimentation et la vie quotidienne. Les activités respectent les directives de l’Éducation nationale autour de ses domaines d’apprentissage, tout en prenant en compte le rythme propre à chaque enfant. « Un enfant avance quand il est prêt. Nous l’accompagnons sur la durée. »
Cette démarche séduit beaucoup les parents fréquentant les lieux. Comme le confirme le papa de Loup et de Malo : « Ce qui nous a tout de suite rassurés, c’est la continuité naturelle avec la crèche. Passer à une grande école nous faisait peur. C’est une transition idéale. »

L’inclusion au quotidien, dès la petite enfance

Le JEP est aussi un lieu d’inclusion. Entre 10 % et 13 % des enfants accueillis présentent une situation de handicap ou une maladie chronique. Une équipe pluridisciplinaire (composée d’un médecin, d’un psychomotricien, ou encore d’un psychologue) travaille avec les familles pour garantir à chacun sa place.

On se sent écoutés. Il y a des retours quotidiens sur ce qu’a fait notre enfant, ses petits succès, comme ses moments de fatigue. C’est cette proximité humaine que j’apprécie. On fait partie d’une communauté.

Maman de Nour

La classe dehors : quand le bitume s’efface devant la nature

Parmi les projets phares, la classe dehors occupe une place centrale. Marie, éducatrice chargée du groupe des grands, nous explique cette immersion hebdomadaire : « Chaque classe bénéficie d’une matinée par semaine à l’extérieur. Que ce soit dans la cour, le potager ou les parcs du quartier, et parfois même en forêt pour les plus grands. » En sus d’une sensibilisation concrète aux enjeux écologiques, les effets sur les enfants sont tangibles, provoquant pour certains de belles métamorphoses. « Certains enfants, d’ordinaire réservés, se révèlent totalement une fois dehors. Leur expression orale se libère, leur confiance en eux grimpe en flèche. Ils manipulent la terre, observent les insectes, apprennent la patience. »

Ma fille n’a pas fréquenté la crèche, alors je voulais qu’elle commence avec un rythme plus calme. Tous les matins, elle est contente de venir au jardin. Elle y est épanouie !

Maman de Khadija
Véritable symbole de l’établissement, le potager a été créé en 2006 en collaboration étroite avec les parents. En pleine rénovation, il abritera dès le printemps une biodiversité foisonnante et la célèbre mascotte, Félix le jardinier. « Le simple fait de voir pousser une plante ou de s’occuper d’une maison à insectes apprend aux enfants la coopération », explique la directrice.
Côté culture, l’art infuse chaque recoin du bâtiment. Peinture, musique, danse, théâtre… les enfants disposent d’espaces de création libre. Leurs œuvres sont exposées et valorisées, dès le plus jeune âge.
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