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5 œuvres incontournables à découvrir au musée Carnavalet

Mise à jour le 05/10/2021
Le musée Carnavalet – Histoire de Paris rouvrira ses portes le 29 mai, après 4 années d'une indispensable rénovation. Riche de plus de 3 800 pièces, son parcours a été réinventé pour proposer une expérience de visite inédite. Voici cinq œuvres parmi les plus remarquables du musée, qui valent à elles seules un détour.

La tête de femme laurée

Sans doute en activité jusqu'à la première destruction de Lutèce, au troisième siècle, les Arènes de Lutèce n'ont été mises au jour qu'entre 1860 et 1869 par l'archéologue et architecte Théodore Vacquer. Bâtiment mixte, c’est-à-dire amphithéâtre avec une arène, et en même temps théâtre avec une scène, les Arènes se placent par leur dimension (130,40 m sur 100 m) parmi les plus grands édifices de spectacle de la Gaule, juste après Arles ou Nîmes. Les combats d'hommes et d'animaux s'y déroulaient devant un public pouvant atteindre 17 000 spectateurs.
La "tête de femme laurée" est le seul vestige figuré du décor de l’amphithéâtre antique qui est parvenu jusqu’à nous. Elle est découverte le 11 septembre 1885, associée à de nombreux fragments sculptés, corniche, colonne à écailles, chapiteau composite et dorique. Il s’agit sans doute de l’une des statues du mur de scène, le scaenae frons décoré d’une alternance de niches rectangulaires et semi-circulaires. Ces niches abritaient des représentations d’allégories, de dieux ou de membres de la famille impériale, dont le statut divin autorise le port de la couronne de chêne.
Tête de femme laurée
Tête de femme laurée
© Paris Musées / Musée Carnavalet - Histoire de Paris

Les panneaux décoratifs pour le salon de Gilles Demarteau

Gilles Demarteau, l’un des graveurs attitrés de François Boucher, peintre français représentatif du style rococo, lui demande vers 1765 de décorer le salon de son appartement situé sur l’île de la Cité. Boucher conçoit alors une œuvre pleine de fantaisie, principalement composée de grandes peintures, ouvrant sur une campagne idyllique remplie d’animaux familiers et pittoresques, de plantes et de fleurs abondantes sur un soubassement de treillage.
Si le décor a connu quelques remontages et ajouts de pastiches jusqu’à son installation au musée Carnavalet, en 1974, on reconnaît le travail de François Boucher, ainsi que l’art de Jean-Honoré Fragonard et la touche de Jean-Baptiste Huet. Sont ainsi rassemblés les meilleurs peintres de genre du milieu du XVIIIe siècle en un ensemble unique par sa grande cohérence.
Reconstitution d'un décor
Reconstitution d'un décor
Jean-Baptiste Gurliat / Ville de Paris

La Bastille (dans un bloc de pierre provenant de la Bastille)

Survenue après une succession d’épisodes que l'on qualifiera de "tumultueux", la prise de la Bastille le 14 juillet 1789 est aujourd’hui considérée comme le symbole de la Révolution française, dont elle marque le commencement.
Dès le 15 juillet 1789, Pierre-François Palloy entreprend des travaux de démolition qui emploient 800 ouvriers, et saisit immédiatement la portée symbolique de cet épisode. Il fait réaliser divers objets-souvenirs (médailles commémoratives, boutons, jeux de cartes ou de dominos…), et tandis que la plupart des pierres sont réemployées dans des constructions parisiennes, une partie d'entre elles sert alors à alimenter le marché des souvenirs et produits dérivés commémorant la Révolution française.
Surtout, Palloy organise la diffusion à grande échelle de maquettes du monument façonnées dans la pierre originale. Parmi les exemplaires adressés aux ministres, aux départements, ou même à des personnalités étrangères comme George Washington, celui de Carnavalet, taillé par une main anonyme, est l’un des rares qui subsiste encore aujourd’hui.
La Bastille (oeuvre exécutée dans un bloc de pierre provenant de la Bastille)
La Bastille (oeuvre exécutée dans un bloc de pierre provenant de la Bastille)
© Paris Musées / Musée Carnavalet - Histoire de Paris

La bijouterie Fouquet réalisée par Alfons Mucha

Lorsque l’orfèvre et joaillier parisien Georges Fouquet reprend la boutique de son père en 1895, il est déterminé à renouveler le style de la maison en engageant de nouveaux talents. En 1899, il confie à l'immense Alfons Mucha, fer de lance du style Art nouveau, la conception de toute une collection de bijoux pour son stand à l’Exposition universelle de Paris en 1900. Cette collaboration fructueuse va aboutir à la création d’un des plus spectaculaires exemples de décoration Art nouveau, la boutique Fouquet, inaugurée en 1901 au numéro 6 de la rue Royale à Paris.
Pour ce nouveau magasin, Mucha conçoit non seulement l’intérieur et la façade, mais aussi des meubles, des luminaires et toute une série d’objets décoratifs. Mucha y envisage l'espace comme une œuvre d'art complète, qui fournit aux bijoux de Fouquet un environnement harmonieux. Il trouve l'inspiration dans la nature, plaçant un vitrail lumineux avec deux paons spectaculaires au centre de l'attention. Son travail est accueilli avec enthousiasme par la Revue de la bijouterie, pour laquelle cette « boutique d’un nouveau genre » renouvelle le concept de bijouterie en l’élevant au niveau de l’art.
L'oeuvre de Mucha a été préservée jusqu'en 1923, date à laquelle des travaux de modernisation du magasin sont nécessaires. En 1941, Fouquet confie au musée Carnavalet des éléments du décor révolutionnaire de Mucha, jusqu'à ce qu'en 1989 le musée achève une reconstruction minutieuse du magasin. Ce dernier demeure reste l'un des plus beaux exemples de design décoratif dans le style art nouveau.
Reconstitution de la bijouterie Fouquet, décorée par Alfons Mucha
Reconstitution de la bijouterie Fouquet, décorée par Alfons Mucha
Jean-Baptiste Gurliat / Ville de Paris

La pelisse de Marcel Proust

Quoique très frileux, Marcel Proust refusait que l’on allume le chauffage central de crainte que l’assèchement de l’atmosphère ne lui déclenche de nouvelles crises d’asthme. Outre les bouillottes et les flambées de cheminée, il tirait sur ses pieds une pelisse réservée à cet usage lorsqu’il écrivait allongé sur son lit. Lorsqu’il sortait, Proust portait sa pelisse à col de loutre, doublée de vison. La doublure de loutre est commune aux deux tenues, la « vieille » et la « belle », que possédait Proust.
Jacques Guérin, un grand parfumeur parisien, collectionneur passionné, bibliophile et amoureux de l’œuvre de Marcel Proust, sauve in extremis le manteau de l’écrivain lorsqu’il apprend qu’il avait été remis à l’antiquaire Werner. Cette pelisse relate l’histoire personnelle de Marcel Proust. En 1973, Jacques Guérin décide de faire don de tous ces souvenirs au musée Carnavalet avec la seule obligation de reconstituer la chambre de Proust à partir de cet ensemble unique. Un vœu exaucé, puisque la pièce recréée à l'identique est aujourd'hui l'un des clous de la visite du musée.
Pelisse de Marcel Proust
Pelisse de Marcel Proust
© Paris Musées / Musée Carnavalet - Histoire de Paris

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