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Entretien

11 novembre 1918 : « Une leçon pour l'avenir »

Mise à jour le 05/11/2020
102 ans après l'Armistice du 11 novembre, retour sur un événement qui a provoqué des scènes de liesse dans la capitale française. Mais la guerre s'est poursuivie sur le front oriental de l'Europe, rappelle l'historien Alain Bergounioux. Interview.
Les clairons retentissent : il est 11 heures en ce 11 novembre 1918. Après 1561 jours de guerre et un conflit dévastateur (1.4 million de morts au combat, uniquement dans le camp français), l'Armistice entre en vigueur sur le front occidental.

L'historien Alain Bergounioux nous raconte l'événement et ses conséquences.

Alain Bergounioux
Alain Bergounioux, historien
Philippe Grangeaud

Que s'est-il passé lors de cette journée si particulière, notamment à Paris ?

Le 11 novembre 1918, l'Armistice est signé au petit matin entre les troupes alliées et les Allemands dans la clairière de Rethondes, près de Compiègne. Sur le front, les clairons sonnent, et les combats cessent à partir de 11 heures. Il y a d'abord un grand silence, puis d'immenses manifestations spontanées s'organisent dans la matinée, notamment à Paris, où les cloches sonnent.

Quelle est l'atmosphère ?

Il y a un mélange de satisfaction et de joie. Mais, dans les défilés parisiens, certains portent aussi des brassards de deuil. Il y aura encore plus de monde dans les rues un an après, le 11 novembre 1919. L'Armistice concerne le front occidental, qui était le terrain principal des combats, mais la guerre n'est pas finie. Elle se poursuit, par exemple, en Grèce ou encore en Turquie, et des corps expéditionnaires sont présents en Russie jusqu'en 1919.
Guerre 1914-1918. Le jour de l'Armistice. La foule sur les camions anglais vers le n° 19, boulevard des Capucines. Paris (IXème arr.), 11 novembre 1918.
Guerre 1914-1918. Le jour de l'Armistice. La foule sur les camions anglais vers le n° 19, boulevard des Capucines. Paris (IXème arr.), 11 novembre 1918.
© Préfecture de Police, Service de l'Identité judiciaire/BHVP/Roger-Viollet

Et à Berlin ?

Le 11 novembre 1918, c'est une toute autre atmosphère à Berlin. L'empereur Guillaume II a dû abdiquer le 9 novembre, et une révolution [la révolte spartakiste qui éclate en janvier 1919, ndlr] se prépare. Pourtant, si l'armée a perdu la guerre, la majorité du territoire allemand n'a pas été envahie. Jusqu'à la signature du traité de Versailles, en juin 1919, les Alliés vont exercer une pression continue sur l'Allemagne, et laissent entendre qu'ils pourraient marcher sur Berlin. Mais le maréchal Foch – qui voulait surtout occuper la rive gauche du Rhin – était conscient de l'épuisement des troupes, et ni le président américain, ni le Premier ministre britannique ne voulaient que l'on marche sur la capitale allemande.

Que retenez-vous du 11 novembre 1918 ?

C'est d'abord une émotion, après un drame extraordinaire. C'est aussi une réflexion sur cette explosion de violence qu'a connue l'Europe de 1914 à 1918. Cette guerre a bouleversé l'histoire du monde, et les générations actuelles peuvent en retenir une leçon pour l'avenir, celle des dangers du nationalisme.

En images : le 11 novembre 1918 à Paris

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