Une fresque monumentale sur l'Institut des cultures d'islam

L'artiste calligraphe Tarek Benaoum réalise une fresque spectaculaire sur un mur jouxtant l'Institut des cultures d'islam, au cœur du quartier de la Goutte d'Or (18e).

« Avant de débuter la fresque, je ne pensais pas que c'était si haut ! » : Tarek Benaoum descend de son échafaudage, à près de 20 mètres de hauteur. L'artiste calligraphe réalise une immense fresque de 350 m2 sur le mur d'un immeuble, en face de l'Institut des cultures d'islam (ICI). Impossible de la manquer rue Léon (18e) ! Sur un fond bleu, des arabesques couleurs or, argent et cuivre apparaissent. «Chacun peut y lire quelque chose, mais on ne peut pas le lire», s'amuse Tarek Benaoum, que nous avons rencontré lors de la réalisation de l'oeuvre. Ses tracés n'ont pas de signification précise : «Le but est d'abord que les gens qui voient la fresque se posent la question; "Qu'est-ce-que cela dit?"».

La calligraphie dans tous ses états

L'œuvre, financée par le Budget participatif de Paris, s'inscrit dans la programmation actuelle de l'ICI, consacrée à la calligraphie sous toutes ses formes.  Cette fresque, produite avec l'aide de Quai 36, un collectifs d'artistes, est la plus grande du quartier ! Et l'une des plus importantes du 18e arrondissement.

Diaporama de la fresque en cours de réalisation

Je mêle la culture arabe aux cultures berbères, africaines ou encore amérindiennes

Tarek Benaoum,
artiste calligraphe

Pour cette oeuvre d'art urbain, il s'est inspiré d'un livre de l'auteure française Hélène Cixous, Limonade, tout était si infini «un bouquin que j'ai trouvé chez moi», raconte Tarek Benaoum. 

Tarek Benaoum

«Je ne sais ni lire ni écrire l'arabe, témoigne l'artiste, né au Maroc, arrivé dans le 20e arrondissement dès l'âge de cinq ans. J'arabise les lettres, et je mêle la culture arabe aux cultures berbères, africaines ou encore amérindiennes.» Lui s'est nourri d'abord de calligraphie gothique, grâce à une formation au Scriptorium de Toulouse (une école aujourd'hui disparue). «Je faisais du graffiti en amateur depuis l'âge de treize ans. Un jour, ma mère m'a conseillé de prendre des cours : ça a été une révélation!»

Initié au tracé à la plume métallique, il prolonge désormais ce geste sur des murs... avec des pinceaux. Rue Léon, il a fallu s'adapter aux contraintes de l'échafaudage pour tracer d'immenses lettres de deux mètres de haut !

Diaporama de la fresque réalisée

Où voir la fresque ?

L'oeuvre s'intitule « La dernière phrase, hommage à Hélène Cixous ».

Institut des cultures d'islam, 19, rue Léon (18e). Métro : Château rouge

L'ICI propose actuellement une programmation dédiée à la calligraphie, avec de nombreuses œuvres à découvrir sur ces deux sites. Gratuit.  Jusqu'au 21 janvier 2018.

Ce reportage est le premier épisode de notre série "Du côté de la Goutte d'or".

Dernière mise à jour le vendredi 17 novembre 2017
Crédit photo : © François Grunberg / Mairie de Paris

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