Propreté: les 63 propositions des conférences citoyennes

Pendant cinq mois, l’Institut Ifop et Planète Publique ont animé 7 conférences citoyennes dédiées à la propreté. Plus d’une centaine de Parisiens ont participé à ce dispositif de concertation d’une ampleur inédite, en suivant des formations, en auditionnant plusieurs dizaines d’experts, et en produisant 120 pages de rapports.

4 questions à Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop

105 habitants de Paris ont été consultés lors de conférences citoyennes organisées sur la propreté par l'Ifop et Planète Publique, à la demande de la Ville. Quelle est l'originalité de ces avis citoyens présentés au prochain Conseil de Paris? Interview de Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'IFOP.

Qu’est-ce qu’une conférence de citoyens ?

C’est un dispositif qui associe de manière forte les citoyens à la décision publique. Le principe d’une conférence de citoyens est de sortir d’une logique individualiste, à travers des auditions d’experts, des rencontres… Le premier enjeu est donc de former et d’informer les participants sur le thème sur lequel ils écriront un avis. Pour les conférences organisées sur la propreté, ils ont rencontré, par exemple, un historien, un sociologue, mais aussi des éboueurs, ils ont découvert les matériels utilisés pour nettoyer Paris… C’est à la fois une formation théorique et pratique. Puis, ils ont interpellé les experts lors de 14 soirées, avant de rédiger 7 avis.

Pourquoi consulter les citoyens ?

La conférence est un moyen de réintégrer la parole des citoyens, dans des débats d’experts dont ils sont parfois exclus. La propreté est un sujet épidermique, mais au final des opinions raisonnables et argumentées émergent des avis. Les citoyens sont les premiers concernés par les questions liées à la propreté : leur avis est une aide à la décision pour les élus.

Ce dispositif est-il courant en France ?

Il est de plus en plus utilisé à l’échelle locale, à la fois par des collectivités (par exemple, sur la pollution de l’air ou encore la qualité de vie dans le logement social pour la Ville de Paris) mais aussi par des entreprises. Mais il y a eu également des conférences à l’échelle nationale, pour les États généraux de bioéthique (2011) ou encore sur l’alimentation durable pour la Fondation GoodPlanet (2015).

Que retenez-vous des avis citoyens sur la propreté ?

Je suis frappé par la diversité des avis: les citoyens ne se sont pas cantonnés à un ou deux sujets, comme la verbalisation. Éducation, moyens humains et matériel à renforcer, communication…. ils font des propositions tous azimuts !  

Les 63 propositions

Vous trouverez ci-dessous les 63 propositions qui en découlent. Elles seront soumises lundi 5 février aux élus du Conseil de Paris.

1. Installer des poubelles de tri sélectif sur l’espace public dans les lieux les plus fréquentés.

2. Mettre en place des affiches en langues étrangères dédiées à la propreté dans les lieux touristiques.

3. Adapter les moyens de propreté aux spécificités de chaque quartier (densité de population, mode de vie, type d’activités commerciales, etc.).

4. Intervenir auprès des entreprises pour lutter contre l’obsolescence programmée des produits et réduire les suremballages.

5. Développer les magasins de vente en vrac.

6. Mieux expliquer les logos de tri figurant sur les produits.

7. Valoriser des pratiques simples et efficaces, comme avoir un cendrier portatif.

8. Expliquer le métier d’éboueur aux Parisiens de tous âges, pour une meilleure reconnaissance de leur travail et une meilleure compréhension de leurs contraintes.

9. Mettre en place plusieurs tailles de poubelles, et les déployer en fonction de la quantité de déchets collectés dans chaque quartier.

10. Mieux intégrer les enjeux de propreté dans les nouveaux aménagements urbains.

11. Ancrer les nouvelles brigades de lutte contre les incivilités au plus près de la vie des quartiers et en contact direct avec les habitants.

12. Pouvoir régler les amendes pour incivilités au moment de la verbalisation, en contrepartie d’un montant moindre.

13. Étendre le pouvoir de verbalisation à d’autres acteurs du domaine public.

14. Prendre en compte les comportements de récidive dans l’échelle des sanctions.

15. Instaurer des sanctions alternatives à l’amende (travaux d’intérêt collectif).

16. Demander aux cafés, restaurants, food-trucks et chaînes de restauration rapide de s’impliquer davantage dans la propreté aux abords de leur établissement.

17. Mettre en place une « charte de non-affichage sauvage » qui serait signée par les partis politiques, les lieux de concert ou encore les sociétés de production.

18. Demander aux organisateurs d’événements et aux exposants de vide-greniers de déposer un chèque de caution, celui-ci leur étant restitué à la fin de l’événement à condition que l’emplacement soit rendu propre.

19. Détailler sur paris.fr les moyens alloués à la propreté et les résultats observés.

20. Mener un audit approfondi pour analyser les raisons de l’absentéisme des éboueurs et rendre plus fréquentes les visites d’aptitude.

21. Réfléchir à un système de primes pour les éboueurs, relatives au travail effectué.

22. Favoriser les moments de convivialité entre les agents de la propreté, pour renforcer leur motivation et leur épanouissement au travail.

23. Mettre en place un journal interne des agents de la propreté.

24. Équiper les éboueurs de « bip anti agression » pour prévenir les agressions verbales ou physiques dont ils peuvent faire l’objet.

25. Mieux aménager les pourtours des arbres pour dissuader le dépôt de déchets.

26. Mener des campagnes de communication plus marquantes pour sensibiliser les Parisiens aux enjeux de propreté, en privilégiant un ton sarcastique ou ironique.

27. Intensifier les partenariats avec la RATP pour mener des campagnes communes de communication.

28. Installer des signalétiques de couleurs, des pots de fleurs ou des œuvres d’art éphémères dans les lieux les plus salis.

29. Utiliser les espaces d’exposition de l’Hôtel de Ville pour sensibiliser le grand public à la question de la propreté.

30. Intervenir auprès de l’Éducation nationale pour qu’elle renforce l’éducation à la propreté, par exemple en demandant aux élèves de ranger leur classe après l’école.

31. Mener des campagnes de communication spécifiques aux enfants dans les écoles.

32. Mettre en place des « délégués à la propreté » dans les arrondissements, qui mènent des actions de sensibilisation.

33. Organiser des ateliers périscolaires sur la propreté.

34. Créer un label parisien récompensant les pratiques exemplaires en matière de réduction des déchets, octroyé aux commerçants et aux enseignes de proximité.

35. Faire payer l’évacuation des ordures aux entreprises en fonction de leur poids.

36. Demander aux entreprises de sensibiliser leurs salariés à la propreté devant leur immeuble de bureau (mégots, etc).

37. Installer des « nudges » dans les lieux les plus salis.

38. Organiser des concours de ramassage des déchets par les habitants dans chaque quartier (mégots, etc.).

39. Faire une exposition d’œuvres d’art ayant pour matière première des déchets.

40. Mobiliser des Youtubeurs pour promouvoir les bonnes pratiques de propreté.

41. Diffuser un guide de la propreté aux Parisiens, sous la forme d’une bande dessinée.

42. Rendre la journée du grand nettoyage mensuelle.

43. Augmenter le nombre de sanisettes et leurs horaires d’ouverture.

44. Mettre en place des services civiques de la propreté.

45. Organiser des rencontres entre les agents de la propreté des différents arrondissements pour qu’ils partagent leurs bonnes pratiques.

46. Mettre en place une « mini fonctionnelle » dédiée à la lutte contre les salissures.

47. Adapter les effectifs en fonction des saisons, en embauchant des saisonniers.

48. Renforcer la mobilité géographique des agents.

49. Mener des opérations de verbalisation « factice » pour sensibiliser les habitants.

50. Réaliser des campagnes de sensibilisation dans la presse.

51. Distribuer régulièrement des objets de propreté aux Parisiens (sacs kraft, cendriers).

52. Développer les peintures « anti-urine » sur les murs les plus touchés.

53. Expérimenter la consigne des bouteilles en verre et en plastique.

54. Mener des actions de sensibilisation sur les marchés et aux sorties d’école.

55. Mettre en place des « poubelles scrutins » permettant de voter en jetant son mégot.

56. Expérimenter des espaces clos à l’air libre pour les chiens.

57. Inciter les enseignes alimentaires à fournir des récipients réutilisables à leurs clients.

58. Développer les « repair café » permettant de réparer un objet plutôt que de le jeter.

59. Augmenter le nombre de ressourceries qui donnent une deuxième vie aux objets.

60. Ajouter des fonctionnalités à l’application « Dans ma rue », par exemple la géolocalisation de Parisiens qui ont un objet à donner.

61. S’appuyer sur les hôteliers ou encore les cinémas, pour qu’ils relaient les messages de propreté.

62. Mettre en place des dispositifs de gratification pour les habitants les plus vertueux.

63. Disposer des cendriers sur les murs des immeubles et sur les poteaux.

Dernière mise à jour le mardi 6 février 2018
Crédit photo : JB Gurliat - Mairie de Paris

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