Premier bilan positif pour la salle de consommation à moindre risque 

L'Espace Gaïa-Paris, installé près de la gare du Nord, enregistre 180 passages par jour. Son ouverture a permis une diminution de 60% des seringues sur l'espace public.

Premier bilan encourageant pour l’Espace Gaïa : la salle de consommation à moindre risque, ouverte en octobre 2016 dans le 10e arrondissement, remplit son rôle de réduction des risques pour les usagers de drogues, selon un premier bilan présenté le 20 mars à l'Hôtel de Ville. Ouverte 7 jours sur 7, de 13h30 à 20h30, elle a enregistré 24.200 passages pour 550 usagers inscrits, avec une moyenne journalière de 180 passages.

La diminution de l’activité de distribution de kits de matériel stérile dans les dispositifs existant alentour s'accompagne d'une montée en charge de l’Espace Gaïa pour la fourniture de matériel.

Traitements de substitution

Outre l’accompagnement sanitaire pour des pratiques d’injection diminuant les risques à l’aide de matériel stérile, le personnel de la salle prodigue des soins (plaies, abcès...) ou a orienté vers des traitements de substitution 153 usagers. Seuls cinq accompagnements vers les urgences de l’hôpital ont été nécessaires et aucun accident grave n’a été à déplorer.

Le dispositif de prévention est complété par des tests de dépistage pour une population fortement exposée au VIH ou à l’hépatite C.

Accompagnement social

89 usagers – majoritairement en situation de grande précarité en matière de ressources, de logement, de couverture maladie, etc. – ont fait l’objet d’un accompagnement social.

60% de seringues en moins sur l'espace public

Autre constat : la diminution forte des seringues sur l'espace public. Rue de Maubeuge, ce décompte s’est élevé à un total de 1 078 seringues sur les six mois ayant précédé l’ouverture, d’avril à septembre 2016. Il n’était plus que de 385 seringues, d’octobre 2016 au 15 mars 2017, soit une diminution de plus de 60%. La baisse a atteint 44% dans les sanisettes du quartier.

Reportage à l'Espace Gaïa

C'est une porte discrète, rue Ambroise-Paré (10e). Cet ensemble de 400 m², ouvert 7 jours sur 7, est la première salle de consommation à moindre risque (SCMR) de France. Installée dans l'enceinte de l'hôpital Lariboisière, elle y dispose d'une entrée séparée.

Gérée par l’association Gaïa-Paris, elle garantit aux usagers de drogues l’accès à un espace de consommation sécurisé, ainsi qu’à un accompagnement médical et social spécialisé. Infirmiers, éducateurs, médecins, assistants sociaux... Les lieux bénéficient d'une équipe dédiée de professionnels.

Une seule consommation par passage

«Les personnes qui viennent pour la première fois passent un entretien pour faire le point sur leurs consommations et leur situation médicale, et tous doivent signer un contrat d'utilisation des lieux», explique Elisabeth Avril, directrice de Gaïa-Paris. Chacun donne ensuite son prénom et sa date de naissance, et montre les produits qu'il souhaite consommer. «Puis, on leur donne un ticket avec un numéro de passage, poursuit Elisabeth Avril. Une seule consommation est autorisée à chaque passage».


Salle de consommation à moindre risque - Espace Gaïa

Direction l'espace de consommation : aucune drogue n'est fournie par l'Espace Gaïa, et les usagers doivent obligatoirement se servir du matériel stérile (seringues, compresses...) et à usage unique disponible sur place (aucun matériel extérieur n'est autorisé). Douze boxes sont installés dans une grande salle tout en longueur: c'est là que les usagers de drogues peuvent réaliser leurs injections. Un second espace, visible derrière une porte vitrée, est réservé à l'inhalation.

Salle de consommation à moindre risque - Espace Gaïa

«La salle devrait être très utilisée par les utilisateurs du skenan, un dérivé morphinique», précise Eric, éducateur à Gaïa-Paris. 60% des usagers du quartier sont d'ailleurs polyconsommateurs, et pratiquent à la fois l'injection et l'inhalation. 

La SCMR dispose également d'une salle de repos et d'un «labo fabrik», où sont fabriqués des objets issus de la récupération par des consommateurs de drogue en insertion. 

Pourquoi une salle près de la gare du Nord?

Le quartier de la gare du Nord est la «scène de consommation» – selon les mots de Gaïa-Paris – la plus importante de la capitale. 2.800 usagers de drogues y sont suivis chaque année. Depuis 1995, des distributeurs de seringues y ont été installés: un dispositif renforcé par des maraudes et l'implantation d'un bus pour accompagner les usagers de drogues et réduire les risques. 

L'ouverture de l'Espace Gaïa-Paris permet à la fois «de prendre soin des usagers de drogues et du quartier, en diminuant les consommations sur l'espace public», estime Bernard Jomier, adjoint à la maire de Paris chargé de la santé et du handicap. Environ 150.000 seringues sont ainsi collectées chaque année dans le quartier, un chiffre qui devrait nettement diminuer après l'ouverture du nouveau centre.

Permise par la loi du 26 janvier 2016 relative à la modernisation de notre système de santé, l’ouverture de la première salle de consommation à moindre risque fait de la France le 10e pays à expérimenter ce dispositif. L'Espagne, l'Allemagne, la Suisse, le Luxembourg, le Danemark ou encore les Pays-Bas ont déjà ouvert de telles salles.

L'Espace Gaïa-Paris en pratique

La salle est ouverte 7 jours sur 7, de 13h30 à 20h30. Accès réservé aux personnes majeures.

4, rue Ambroise-Paré (10e). Métro et RER : Gare du Nord

Dernière mise à jour le lundi 28 août 2017
Crédit photo : © Henri Garat / Mairie de Paris

Votre avis nous intéresse

Afin d'améliorer l'information sur Paris.fr et de mieux répondre à vos attentes, vous pouvez exprimer votre opinion et nous laisser un commentaire ci-dessous.

Merci pour votre contribution. Attention nous ne formulons pas de réponse dans cet espace.

Restez connecté

La newsletter

Chaque semaine, recevez l’essentiel de Paris pour savoir tout ce qu’il se passe dans la capitale.

Je m'abonne

Paris j'écoute

Sur @Parisjecoute, la Mairie de Paris répond à toutes vos questions pratiques. A votre service du lundi au vendredi.