Edith Cavell et Nicole Mangin deux femmes en guerre 

Le rôle des femmes pendant la Première Guerre n'est plus à démontrer. Certaines se sont même illustrées par leur héroïsme. C'est le cas de l'infirmière britannique Edith Cavell qui fit évader des soldats alliés prisonniers en Belgique et de la parisienne Nicole Girard Mangin qui dirigea l'école d'infirmière créée en hommage à la première et fut, avant cela, la seule médecin sur le front.

Edith Cavell, infirmière résistante 

Edith Cavell est née en 1865 en Angleterre. Elle a 16 ans quand elle est envoyée dans une école de Peterborough, la Miss Gibson’s School for Young Ladies où elle apprend rapidement à parler français. Elle trouve ensuite un emploi de gouvernante dans une famille aisée de Bruxelles jusqu’à ce que son père tombe gravement malade. En 1895, elle rentre en Angleterre prendre soin de lui jusqu’à sa mort. 


Elle entre à l’école d’infirmières du London Hospital. En 1907, une fois diplômée, elle se consacre également à l’enseignement. Elle reçoit une lettre d’un chirurgien belge, qui l’invite à fonder à Bruxelles l’Ecole belge des infirmières diplômées. En 1914, Edith Cavell crée trois autres écoles d’infirmières. Alors qu'elle rend visite à sa famille en Angleterre la Belgique est envahie par l’armée allemande, De retour à Bruxelles elle découvre que son hôpital est devenu un établissement de la Croix Rouge au service des Allemands.

En 1914, elle reçoit la visite d’un membre de la résistance qui lui demande de cacher deux soldats britanniques blessés. Au total, elle va aider plus de 200 soldats français, anglais, canadiens et belges à échapper à l’occupant. Certains gagneront par la suite les Pays-Bas neutres ou la Grande-Bretagne, pays en guerre, tandis que d’autres rejoindront leurs unités.

Edith Cavell et son groupe furent dénoncés. Edith fut arrêtée et condamnée à mort le 11 octobre 1915 par les autorités allemandes. Au cours de son interrogatoire, elle ne nie pas les faits : "J'ai pensé que c'était mon devoir de faire cela pour mon pays", dit-elle.

Rapatriement du cercueil d'Edith Cavell (1865-1915), infirmière britannique, exécutée par les Allemands pour avoir permis l'évasion de centaines de soldats alliés de la Belgique. Douvres (Angleterre), mai 1919.

Le 12 octobre 1916, un hôpital-école portant son nom et destiné à former des infirmières pour la Guerre est construit et inauguré à Paris en présence des autorités officielles des pays alliés. 

A l'occasion du centenaire de l'Armistice, une plaque en mémoire d'Edith Cavell a été posée le 12 octobre au 62 rue Desnouettes (15e) à l’emplacement de cet ancien hôpital de guerre, dont il ne reste plus de trace aujourd’hui. 

C'est Nicole Girard Mangin qui s'était vue confier à l'époque la direction de cet l’hôpital-école Edith-Cavell. Cette femme promue médecin-major, revenait du front où elle fut la seule femme médecin présente sur les zones de combat. 

Nicole Girard Mangin, seule femme docteure à Verdun.

Docteure à Verdun – Nicole Mangin de Catherine Le Quellenec (2014)

Pour nous parler de Nicole Girard Mangin, nous rencontrons Catherine le Quellenec, auteure qui a écrit un roman pour enfants sur cette femme, seule docteure sur le front de Verdun. "C'est mon héroïne préférée! J'ai découvert son existence sur une affiche au salon du livre de Verdun. Mais on ne trouvait que peu d'éléments sur elle et comme à ce moment là je travaillais pour la maison d'éditions Oskar qui publie des romans jeunesse, j'ai décidé d'écrire sur elle, pour lui rendre hommage et raconter son destin incroyable mais peu raconté depuis. Elle n'a reçu qu'une médaille de la part des poilus à la fin de la guerre." 

En effet cette femme se présenta en tant que médecin sur le front, dans un univers masculin et vraiment pas habitué à donner du crédit à une femme. "Un fonctionnaire a sans doute confondu le nom de son ex-mari, Girard, avec le prénom Gérard, et a cru convoquer le Dr Gérard Mangin."

Née à Paris en 1878, Nicole Mangin a passé son enfance à Véry, dans la Meuse. Elle se marie avec un négociant en vins fortuné. Elle a un enfant mais divorce peu de temps après et reprend ses études de médecine. Sa thèse en 1909 est consacrée au cancer. 

Femme médecin sous les drapeaux, son cas est unique en 1914, "On lui prête une tenue des ­doctoresses de l’armée anglaise." Au début de la guerre, elle est rattachée à l’hôpital Baujon au service de santé civil. Missionnée au 20e régiment, elle rejoint l’hôpital thermal de Bourbonne-les-Bains, avec le grade de médecin-auxiliaire. 

En décembre 1914, elle est affectée à Verdun où sévit une épidémie de fièvre typhoïde. Evoluant parmi des milliers d’hommes, Nicole trouve réconfort auprès d’une femelle berger allemand, qu’elle nomme “Dun”, diminutif de Verdun.

Arrivée à l’Hôpital n7, à Baleycourt, elle est traitée, écrit-elle à sa famille, comme une pestiférée. On finit par lui donner la responsabilité d’un service de typhiques à l’hôpital no 13, de Glorieux, où elle prend en charge 178 malades, sous les bombardements. L’offensive allemande débute le 21 février 1916. L’hôpital doit évacuer les malades, ne disposant pour ce faire que d’un seul véhicule sanitaire. Nicole Mangin obtient l’autorisation de rester aux côtés des quelques malades intransportables, jusqu’au dernier moment.

En décembre, promue capitaine, elle est nommée directrice de l’hôpital-école Edith Cavell, qui vient alors d’être inauguré à Paris. Cette promotion l’éloigne de la guerre... Mais Nicole Mangin relève le défi: enseigner la théorie et la pratique aux infirmières militaires. Elle demande à son amie Marie Curie d’assurer les cours de radiologie. Début 1918, lors de l’épidémie de grippe espagnole, Nicole Mangin installe les malades dans un pavillon isolé. Son établissement sera reconnu comme l’hôpital parisien qui déplore le moins de décès.

Après la guerre, Nicole Girard-Mangin s’investit au sein de la Croix Rouge et donne des conférences sur le rôle des femmes durant la Grande Guerre. Préparant une conférence internationale, elle est retrouvée morte, au côté de son chien Dun, d’une overdose médicamenteuse, le 6 juin 1919. Ses funérailles et sa crémation se déroulent au cimetière du Père-Lachaise, avant l’inhumation dans le caveau familial à Saint-Maur-des-Fossés. Jamais, elle ne reçut ni citation ni décoration.

Un siècle plus tard… en mars 2015, la Poste lui consacre un timbre. 



Dernière mise à jour le vendredi 26 octobre 2018

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