Avez-vous vu Richard et Anthony, les deux moutons de la gare Saint-Lazare ? 

Installés depuis un mois, deux moutons de l'Ile d'Ouessant (Bretagne) entretiennent un talus le long des voies de trains, près de la gare Saint-Lazare. Une opération menée par la SNCF avec la société GreenSheep spécialisée en Eco-pâturage.

« Novateur, économique et écologique, faites tondre votre pelouse par des moutons ». Le slogan de Greensheep a trouvé un écho favorable auprès de la SNCF qui a choisi cette formule pour l'entretien d'un talus le long des lignes Paris-Saint-Lazare-La Défense, entre les ponts de la rue Legendre et de la rue de la Condamine. Un talus particulièrement escarpé – en pente à 45% – et difficile d’entretien pour les jardiniers qui devaient jusque-là s’harnacher pour en assurer le débroussaillage nécessaire au pied d’immeubles.

Ce n’est pas sans humour que Greensheep a prénommé ses deux moutons de la gare Saint-Lazare : Richard et Anthony. Mais si ! Souvenez-vous : « Et j’entends siffler le train » la chanson de Richard Anthony. Les deux moutons, deux béliers venus d’Ouessant ont 2000m2 à leur disposition et ont donc élu pâturage pour trois ans. Alors coup de pub ou coup de bluff ? Rien de cela : une vraie conviction pour la société Greensheep pour qui le mouton est un peu la nouvelle tondeuse à gazon du XXIe siècle, pour des entreprises. Une solution au capital sympathie clairement affiché et en tout point écologique. 

« C'est vraiment une solution douce pour l'entretien des espaces verts explique Paul Letheux, le créateur de la société. Nous faisons évidemment en sorte de respecter tout ce qu'il faut aux moutons pour vivre. On compte 1 000 m2 de pelouse pour assurer la nourriture d’un mouton pour un an. Ici il y a 2 000 m2 alors on a mis deux moutons et c'est mieux car un mouton tout seul c'est triste. Il y a une réserve d'eau et un abri contre la chaleur. L'hiver, si il y a de la neige, on leur apportera du foin. Et nous menons avec la SNCF, une communication auprès des habitants des immeubles pour qu’ils ne les nourrissent pas et ne jettent pas des déchets sur le talus ». Par ailleurs la SNCF a fait installer des clôtures neuves de 2 mètres de haut pour protéger les moutons des voies de trains. 

Mais ces petits moutons sont dans la pollution ! Et le bruit alors ! Et cette pente c'est difficile pour eux ? Paul Letheux a réponse à toutes ces inquiétudes car les moutons d'Ouessant ont une espérance de vie de huit ans donc ils n’ont pas le temps de développer des maladies qui seraient liées à la pollution. Quant au bruit ? Il rétorque amusé : « Vous êtes déjà entrée dans une bergerie ? Le bruit qui y règne avec tous les bêlements est insupportable pour les humains, mais les moutons s'en accommodent très bien. Alors quelques klaxons de voiture ou sifflements de train ne devraient pas les déranger. » Quant à la pente, le mouton d'Ouessant s'accommode de tous les terrains et s'affranchit de tous les reliefs et comme il est petit  40 cm de haut – il ne tasse pas la terre. 

Et puis, Jojo le berger qui vient de Longjumeau passe plusieurs fois par semaine. En effet, un suivi régulier est effectué par des bergers locaux, salariés de GreenSheep et répartis sur toute la France afin d’assurer une proximité avec les sites clients. « Ils se chargent notamment de la tonte annuelle de la laine, des soins sanitaires et vétérinaires et suivi administratif des animaux », et un vétérinaire est aussi disponible en cas de problème. En effet, l’éco-pâturage répond à des obligations sanitaires strictes. Ainsi tous les animaux sont identifiés et déclarés auprès des services vétérinaires et d’élevage.

Paul est heureux pour les moutons d'Ouessant menacés de disparition car étant petits ils n'intéressent pas les éleveurs. « Sur les 1500 moutons que nous possédons, depuis deux ans, nous avons eu 700 nouvelles naissances. Avec un tel rythme de naissances annuelles, la race est sauvée de la disparition. Maintenant, nous sommes en train de chercher pour travailler sur d’autres races de moutons en danger comme celle du Roussillon qui a besoin d’être relancée. »

Paul Letheux, 25 ans, ingénieur de formation a domicilié son entreprise à Paris mais il vient de l’Eure. C’est d’ailleurs dans la ferme de ses grands parents à Fontenay-sur-Eure qu’il a démarré son activité en janvier 2016. Ses objectifs étaient affichés : créer son propre emploi dans l’économie verte, sauver la race des petits moutons d’Ouessant et proposer un service écologique qui soit économiquement rentable pour les utilisateurs. Paris réussis. Outre la Mairie de Paris qui lui avait accordé des espaces sur les boulevards périphériques et la SNCF aujourd’hui, GreenSheep a fait son entrée depuis 2016 dans des grands groupes industriels ou commerciaux, un peu partout en France. 

Il poursuit activement son développement avec le bel espoir que ses moutons parcourent de plus en plus de terrains dans Paris. Alors bientôt de nouveaux panneaux « Ici, les moutons entretiennent la pelouse » ?

Dernière mise à jour le lundi 1er avril 2019

Votre avis nous intéresse

Afin d'améliorer l'information sur Paris.fr et de mieux répondre à vos attentes, vous pouvez exprimer votre opinion et nous laisser un commentaire ci-dessous.

Merci pour votre contribution. Attention nous ne formulons pas de réponse dans cet espace.

Restez connecté

La newsletter

Chaque semaine, recevez l’essentiel de Paris pour savoir tout ce qu’il se passe dans la capitale.

Je m'abonne

Paris j'écoute sur twitter

Sur @Parisjecoute, la Mairie de Paris répond à toutes vos questions pratiques. A votre service du lundi au vendredi.