Un petit tour au marché couvert de Saint-Martin
Mise à jour le 12/03/2026
Avec ses quatorze commerçants, le marché Saint-Martin cultive une ambiance conviviale. Mais qui se cache derrière les balances et les étals ? Entre saveurs et savoir-faire, plongée au cœur d’une institution du 10e arrondissement.
Une halle du XIXe siècle devenue marché de quartier
Le marché Saint-Martin (10e) s’inscrit dans une longue histoire. La halle d’origine est érigée en 1854 par Eugène Petit. Peu connu aujourd’hui, cet architecte parisien participe à cette époque à la construction de marchés couverts dans la capitale, au moment où Paris modernise ses équipements alimentaires sous le Second Empire. Le bâtiment, doté d’une grande façade vitrée qui donne sur la rue du Château-d’Eau, accueille alors 162 emplacements de commerçants.
En 1879, la toiture de la halle s’effondre sous le poids de la neige et le marché doit être reconstruit l’année suivante. Plus d’un siècle plus tard, le site est à nouveau profondément transformé : à la fin des années 1980, l’ancienne halle est démolie et est remplacée par le marché couvert actuel, intégré au rez-de-chaussée d’un immeuble. Le nouveau marché est inauguré par le maire de Paris de l’époque, Jacques Chirac. Aujourd’hui encore, certains éléments architecturaux, comme les vieux portiques d’entrée en pierre, rappellent l’histoire du lieu.
Un ceviche (sans citron !) plébiscité par des chefs étoilés
Parmi les produits proposés, certains étals ont leurs petites signatures. Chez Anthony Bro, la curiosité s’appelle le ceviche sans citron. Une recette maison qui réinterprète ce plat typique de la cuisine sud-américaine. Selon le poissonnier, la préparation attire même des visiteurs inattendus : des chefs étoilés venus du sud de la France seraient déjà passés au marché pour la goûter… À côté de ces créations, les classiques restent incontournables : dorade, sole, lotte ou turbot figurent parmi les poissons les plus demandés.
Paroles de marchand
On s’attache beaucoup aux clients. Ce sont des gens que l’on voit parfois six fois dans la semaine. J’ai presque envie de dire que je les vois plus souvent que ma propre famille. Et pour eux, c’est un peu pareil. On connaît leurs petites habitudes, leurs soucis du quotidien. Il y a une vraie proximité !
Boucher
Le chiffre : 14
Le marché rassemble quatorze commerçants permanents. Une taille modeste qui participe à son identité et à son atmosphère presque villageoise. Ici, pas de grandes rangées d’étals ni de concurrence entre multiples stands identiques : chacun occupe sa place et propose son savoir-faire.
« Il n’y a pas trop de doublons, il y a juste ce
qu’il faut », explique Nicolas Lévesque, le boucher. Cette configuration
favorise les habitudes des clients, qui passent souvent d’un étal à
l’autre pour composer leur repas, dans un circuit bien rodé entre les différents artisans.
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