La Ville de Paris fait de la sécurité et du bien-être des enfants pendant le temps scolaire une priorité absolue. Pour y parvenir, Emmanuel Grégoire, Maire de Paris, annonce un nouveau plan d’action contre les violences faites aux enfants ce vendredi 3 avril 2026.
Ce nouveau plan d'action repose sur 6 axes majeurs, avec notamment trois nouvelles actions clés : la création de la convention citoyenne sur la protection et les temps de l’enfant à l’école, le développement à la rentrée 2026 de l’école parisienne du périscolaire et la mise en place d’un service municipal d’agrément et de contrôle. Il prévoit également la totale transparence des échanges avec les familles, le renforcement de la formation et de l’encadrement des agents, l’amélioration de la prise en charge des victimes, ainsi qu’un traitement rapide, rigoureux et systématique des signalements.
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Transparence totale et information des familles : restaurer la confiance par une information claire, systématique et vérifiable.
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Culture du signalement : garantir que chaque alerte déclenche une réponse rapide, connue et irréprochable.
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Professionnalisation et formation massive des agents : élever le niveau de compétence et de vigilance.
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Sécurisation renforcée : recrutement, encadrement et contrôle : Prévenir les risques en amont et garantir un environnement sécurisé.
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Prise en charge des victimes et accompagnement psychologique : ne laisser aucun enfant ni famille seuls face aux violences.
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Une convention citoyenne pour refonder le modèle parisien : associer les familles, les enfants et les professionnels pour définir un nouveau cadre.
Pour renforcer la transparence des informations à destination des familles, des outils simples et visibles seront généralisés, tels que le trombinoscope des équipes et le port obligatoire de badges, dont l’effectivité sera rigoureusement contrôlée. Les familles seront informées des effectifs, via le livret d’accueil et les réunions de prérentrée. Des temps d’échanges supplémentaires seront organisés en cas de signalement. Cette démarche s’accompagne d’une communication proactive : messages via l’ENT, information en cas de remplacement d’équipe et restitution systématique des enquêtes administratives aux familles concernées, avec un partage de données trimestriel. Enfin, une commission indépendante sera créée pour établir un état des lieux et remettre des préconisations à la Ville.
Culture du signalement
Pour garantir une réponse rapide, lisible et irréprochable à chaque alerte, une chaîne de signalement simple et connue de tous (agents, parents, enfants) sera diffusée, appuyée par un point d’entrée unique et la création d’une cellule d’écoute (numéro vert : 06 17 52 66 21 et adresse e-mail dédiée : fvtanyrzrag-ivbyrapr-crevfpbynver@cnevf.se[signalement-violence-periscolaire puis paris.fr après le signe @]). Cette organisation s’accompagne d’un protocole standardisé : la suspension immédiate des agents concernés, le signalement systématique au procureur au titre de l’article 40, ainsi qu’une information sans délai aux familles. Enfin, l’efficacité du dispositif repose sur une coordination institutionnelle renforcée, à travers des réunions régulières entre la Ville, le parquet, la police et l’Éducation nationale, et la valorisation du protocole en cours de renouvellement.
La continuité et le renforcement de la formation visant à élever le niveau de compétence et de vigilance seront consolidés : le partenariat avec les Centres ressources pour les intervenants auprès des auteurs de violences sexuelles (CRIAVS) se poursuit, auquel s’ajoutera une formation annuelle obligatoire incluant une journée dédiée aux violences sexuelles, complétée par cinq journées pédagogiques par an. Déjà opérationnelle, la Cellule bientraitance, prévention et gestion des violences sur mineurs, portée par la DASCO, pilote et coordonne les actions relatives aux situations sensibles, garantissant la sécurité et le bien-être des enfants. Elle sera accompagnée de la création de l’école parisienne du périscolaire à l’horizon septembre 2026, avec un BAFA renforcé, qui aura pour objectif 100 % d’agents diplômés.
Sécurisation renforcée : recrutement, encadrement et contrôle
Garantir un environnement sécurisé repose sur un recrutement strict, avec un quadruple contrôle (FIJAISV, absence de casier judiciaire B2, fichier SDJES, vérification interne). Ce socle sera renforcé par un encadrement accru, avec le recrutement d’éducateurs de jeunes enfants en maternelle, le développement d’équipes pluridisciplinaires (éducateurs spécialisés, psychologues…) et une restructuration des fonctions. Des mesures concrètes de prévention viendront compléter ce dispositif, notamment l’interdiction des situations d’isolement entre un adulte et un enfant, ainsi qu’une attention spécifique portée aux espaces sensibles, comme les sanitaires. Par ailleurs, le déploiement accéléré des « boîtes papillons » offrira aux enfants un moyen simple de signaler les violences dont ils sont victimes, que ce soit à l’école, dans leurs activités ou au sein du foyer, par un mot, ou même un dessin. La création d’un service municipal d’agrément et de contrôle permettra d’assurer des vérifications régulières portant sur les taux d’encadrement, la sécurité et les projets pédagogiques, dans le cadre d’un nouveau référentiel parisien.
Prise en charge des victimes et accompagnement psychologique
Deux initiatives majeures soutenues par la Ville de Paris répondent au besoin d’orientation et de soin des victimes : une cellule d’écoute et d’accompagnement portée par l’OSE (Œuvre de Secours aux Enfants), joignable au 01 87 66 36 42 et, prochainement le projet RISE, porté par l'Association des Maisons des Femmes Restart, centre innovant de soins intégrés pour jeunes victimes de violences sexuelles, qui vise à offrir un suivi coordonné, spécialisé et à former les professionnels comme les familles. RISE pourra accueillir plusieurs centaines d’enfants.
En complément, la Ville étudie la création d’une « Maison des enfants » parisienne, conçue comme un lieu unique d’accueil, d’écoute et de recueil de la parole et de la preuve, inspirée des dispositifs existants pour les femmes victimes de violences.
Une convention citoyenne pour refonder le modèle parisien
Cette grande mesure constitue l’un des piliers centraux du plan. Elle vise à associer pleinement les familles, les enfants et les professionnels à la définition d’un nouveau cadre du périscolaire, à travers le lancement mi-avril 2026 d’une convention citoyenne sur la protection et les temps de l’enfant à l’école réunissant parents, agents, experts, associations et un groupe d’enfants. Avec de premières restitutions attendues mi-juin, elle s’organisera autour de trois chantiers structurants (organisation des temps de l’enfant : 4 jours, 4,5 jours ou 5 jours ; articulation entre écoles, périscolaire et familles ; et niveau de service public : universalité, gratuité, réduction des inégalités) en intégrant explicitement les enjeux de protection de l’enfance, de prévention des violences sexuelles, ainsi que de bien-être et de sécurité affective.