On a suivi le recyclage des vélos avec la Cyclofficine de Paris

Reportage

Mise à jour le 22/05/2026

Visuel de l'atelier de recyclage de vélos avec l'association la Cyclofficine (20e)
Chaque année, environ 500 vélos abandonnés sont récupérés dans l’Espace tri de la porte des Lilas. Ils sont ensuite réparés, revendus ou démontés par des associations parisiennes. Direction le 20e arrondissement, où la Cyclofficine remet les deux-roues en selle.
« Aujourd’hui, la pêche est bonne ! » En pénétrant dans un petit local à l’entrée de l’Espace tri de la porte des Lilas (20e), Raphaël découvre avec plaisir une dizaine de bicyclettes. Le salarié de la Cyclofficine, un atelier d’autoréparation implanté à Paris et en Île-de-France, est venu récupérer des deux-roues hors d’usage dans cette déchetterie. « Ce sont des vélos restés longtemps dans la rue et identifiés par la préfecture de Police comme des épaves », explique-t-il.
Les vélos, marqués d’une étiquette rouge « Enlèvement demandé », ont été acheminés vers ce site de réemploi. Une dizaine d’associations parisiennes s’y rendent à tour de rôle, dans le cadre d’une convention signée entre la Ville de Paris et le Réseau parisien des ateliers vélo participatifs et solidaires (RéPAR), afin de leur donner une seconde vie. Les deux-roues sont soit démontés pour en récupérer les pièces, soit restaurés avant d’être remis en vente. En moyenne, les modèles réparés seront cédés pour la moitié du prix neuf, voire moins.

500 vélos récupérés chaque année

« Jusqu’à 500 vélos sont récupérés chaque année dans l’Espace tri de la porte des Lilas par les associations », précise Laureline Chanteclair, salariée de RéPAR – la moitié étant des modèles pour enfants. Autres gisements de deux-roues : les locaux des copropriétés ou d’immeubles sociaux, où de nombreux particuliers abandonnent leurs montures à l’occasion d’un déménagement.
D’emblée, une monture de grande taille attire l’attention de Raphaël : « C’est un modèle hollandais, un produit assez recherché. On n’en voit pas beaucoup à la déchetterie. » La sélection de deux-roues est ensuite chargée dans la remorque à assistance électrique de Cyclofficine. « Mon record est de 21 vélos enfants récupérés en une seule fois », sourit Raphaël, qui en choisit généralement une dizaine à chaque passage à l’Espace tri de la porte des Lilas.

Un vélo qui est resté trop longtemps dehors, très rouillé, ne pourra pas être réparé.

Laureline Chanteclair
salariée du Réseau parisien des ateliers vélo participatifs et solidaires (RéPAR)
Direction la rue de Noisy-le-Sec (20e), à quelques centaines de mètres, où l’association dispose d’un vaste local de 120 mètres carrés. C’est là que la résurrection des vélos épaves est réalisée. Tout commence par une inspection minutieuse du deux-roues. Plus de 50 points sont examinés : guidon, fourche, freins, selle…
Pour les cas les plus complexes, la réparation peut prendre jusqu’à une journée. Et parfois, la remise en état peut s’avérer impossible : « Un vélo qui est resté trop longtemps dehors, très rouillé, ne pourra pas être restauré », confesse Laureline Chanteclair. Résultat, il sera entièrement démonté pour sauver un maximum de pièces.

Des pièces détachées issues du réemploi

L’espace est organisé de manière très pédagogique, avec des caisses étiquetées (moyeux, garde-boues, axes…) et soigneusement rangées le long d’un établi. Et rien n’est neuf : toutes les pièces détachées sont issues du réemploi. Elles servent aux réparations menées avec l’aide de salariés par des adhérents de l’association, qui peuvent aussi les acheter à prix cassé. Par exemple, une roue, d’une valeur de 50 euros environ dans le commerce, est vendue 15 euros au maximum.
À noter : des ateliers de réparation sont également organisés pour initier des collégiens. « Le principe des ateliers d’autoréparation n’est pas de faire à la place des personnes, mais de les accompagner pour qu’ils apprennent eux-mêmes à réparer un vélo, détaille Raphaël. Le vélo est un objet facilement appropriable, où presque tout peut être réparé. »
Dernière étape du processus : le vélo est étiqueté en vue de sa mise en vente, sur place au profit de l’association ou lors d’une bourse à vélos. Un bel exemple d’économie circulaire, pratiqué dans la dizaine d’ateliers vélo participatifs de la capitale.
Les ateliers d’autoréparation, comment ça marche ?
Une dizaine d’associations existent à Paris. Toutes défendent la pratique du vélo à travers l’apprentissage de la mécanique cycle et de la réparation. Les ateliers sont ouverts aux adhérents des structures concernées.
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