Ville de Paris

Le saviez-vous ?

Nos artisans ont tant de secrets à vous dévoiler ce week-end

Mise à jour le 17/11/2022
Nos artisans ont du talent… et des secrets ! Ils les révèleront ces 18, 19 et 20 novembre, lors des portes ouvertes pour Paris Local, un événement pour découvrir l’artisanat à travers des balades dans la capitale.
Paris se visite aussi à travers ses artisans. Du vendredi 18 au dimanche 20 novembre, Paris Local invite à parcourir les quartiers à la rencontre de ses artisans lors d’animations, de dégustations ou de portes ouvertes.
Qu’ils soient céramistes, ébénistes, joailliers, pâtissiers, fromagers, souffleurs de verre ou perruquiers – pour ne citer que quelques professions –, près de 500 talents défendent des pratiques authentiques. Avant d’aller à leur rencontre dans une balade par arrondissement, voici un aperçu des secrets qu’ils risqueraient bien de vous dévoiler ce week-end.
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Il souffle dans du verre à 1200 °C pour en faire des vanités

L’été, avec les fours qui tournent à 1200 °C, il est impensable de travailler dans son atelier d'Arcueil (94). Thomas est souffleur de verre à la canne, « comme à l’ancienne », pointe ce fan de hard rock surnommé « Glass Sabbath ».
Ses techniques autour du verre pur sont ancestrales. Pour réaliser ses créations, notre artisan va recueillir le verre en fusion à 1200 °C pour le dompter. Il « souffle dedans comme un chewing-gum » à travers sa canne, ce long tube métallique, le « tout à main levée ». Puis il le façonne, fait tourner, découpe, rajoute des parties en verre chaud jusqu’à ce que l’ensemble durcisse.
artisan thomas segaud paris local
Thomas Segaud façonne le verre à très haute température.
Crédit photo : Anth Guerra
Ce Parisien du 20e réalise notamment des objets design et des vanités, sa pièce signature. Il est aussi « l’un des seuls à oser » à se lancer dans les sex-toys en verre, hypoallergénique. En plus de ces créations, le souffleur tout en tatouage propose des ateliers d’initiation. « En dix-huit ans de métier, ça fait six que je ne me démerde pas trop mal et trois-quatre ans que je fais ce que j’ai dans la tête », se résume-t-il. Et ce qu’il a dans la tête, ce n’est « pas l’ambition de faire de grosses pièces au showroom ». Plutôt celle « d’un artisan de quartier qui fait son petit concert de métal et partage son savoir ».

Pour une robe haute couture, elle utilise plus de 2000 plumes

Son truc à elle, c’est la plume. Les plumes, depuis la fin de son master de design textile en 2011, Janaïna Milhero ne les a pas lâchées. Cette matière « très séduisante » Janaïna Milhero la travaille à la main : elle découpe, passe à la vapeur, assemble dans son atelier du Marais (Paris Centre). D’une simple couronne pour un film à une robe haute couture, ses créations comptent de 20 à 2000 plumes. Elle réalise aussi des panneaux ou des sculptures pour décorer des boutiques, des hôtels ou des restaurants.
Janaina Milheiro plumassière
Janaina Milheiro habille les vêtements de ses plumes.
Crédit photo : Atelier 02
Cette Brésilienne qui a grandi dans le 15e s’approvisionne de plumes d’animaux destinés à la consommation alimentaire auprès de grossistes. « Essentiellement celles d’oies et de dindes », note Janaïna. « Je n’utilise pas de plumes rares comme celles de perroquet. Ce serait dommage de les triturer, pointe-t-elle. Je me concentre sur la transformation et la transfiguration de plumes disponibles en abondance. »
« La plume renvoie à quelque chose de magique, presque mystique », note la designeuse-plumassière. Les robes de haute couture, le décor d’une boutique Guerlain ou encore les ailes qu'elle a façonnées pour des défilés de lingerie rendent bien cette magie.
L'adresse : 3, rue Saint-Gilles (Paris Centre).

Encordés à 30 mètres du sol, ils ont restauré les vitraux du dôme des Galeries Lafayette

Pour Emmanuelle Andrieux de la Maison du Vitrail, c’est le chantier le plus marquant qu’elle ait accompli jusqu’ici. « Un travail de restauration intense, harnachés en l’air, à 30 mètres du sol, en travaillant de nuit, mais avec une formidable synergie avec mon équipe. »
Cette passionnée a repris l’atelier de vitraux créé en 1973 par ses parents. Parmi ses commandes, des chantiers pour restaurer du patrimoine et des monuments, mais aussi des créations originales et uniques. La maître-verrière et son équipe ont plus de 11 000 m2 de verres anciens et contemporains pour faire aboutir leurs réalisations.
L'atelier de la Maison du Vitrail 69 rue Desnouettes 75015 Paris
Techniques anciennes ou modernes, dans l'atelier tout est fait dans le respect des règles de l'art.
Crédit photo : Maison du Vitrail
« Un travail commandé, c’est avant tout une aventure humaine, tant avec les 14 compagnons de l’atelier qu’avec les clients », raconte-t-elle. Elle cite aussi bien l’équipe du célèbre chausseur Christian Louboutin, pour qui elle a créé onze vitraux pour son exposition « l’Exhibition[niste] », que des particuliers pour qui elle a conçu un vitrail pour leur anniversaire de mariage.
« En ce moment, nous restaurons les vitraux de l’église Saint-Anne dans le 13e, des vitraux créés en 1938 par l’atelier des frères Mauméjean. Ils sont considérés comme l'une des plus belles réalisations de l'art religieux de l'entre-deux-guerres. Ce travail, c’est aussi de grandes émotions. »
L'adresse : 69, rue Desnouettes (15e).

Avec des moules en carton, Karen crée les plus beaux plis de la mode

Dans son atelier de Belleville (19e), Karen Grigorian conserve tous ses « moules ». Ses métiers en carton kraft servent à marquer les plis les plus sophistiqués de vêtements, décors ou objets d’intérieur après un passage à haute température. L’artisan de 56 ans dessine, trace, casse et plie le carton jusqu’à obtenir le plissé qu’il a imaginé ou qui lui a été commandé par un client.
Petit-fils de tisserands arméniens, Karen arrive à Paris en 1990. Il apprend le métier à l’atelier de plissage mécanique Plissé Garbis avant d’entrer aux ateliers Lognon, près de la place Vendôme. Après leur revente à la maison Chanel, il lance « La Maison du pli » avec ses trois enfants pour perpétuer la tradition du pli 100 % fait main.
La haute couture, la maroquinerie de luxe, les décors de boutiques, de théâtre ou de design font appel aux savoir-faire de Karen. Mais ne lui dites pas qu’il a façonné les robes ou les décors « non, moi je ne m’occupe que des plissés ! », vous rétorquera-t-il. En attendant, il s’est quand même occupé des plissés de Beyoncé en 2016, des costumes du dernier Astérix ou du Moulin-Rouge.
L'adresse : La Maison du Pli, 8, rue des Dunes (19e).

François Gagnaire est surnommé le prince de la lentille

Amener la cuisine de la Haute-Loire (43) à Paris, c’est la mission que s’est donnée François Gagnaire. Chef étoilé pendant quatorze ans dans sa région natale, c’est dans le 6e qu'il pose ses valises en 2015. Il y ouvre l'établissement Anicia, nom latin du Puy-en-Velay, mais aussi l’ancien nom de la lentille verte du Puy.
Thomas Segaud
Le chef François Gagnaire vous fera déguster un bout de la Haute-Loire.
Crédit photo : OTCP
Le chef fait valoir le terroir de ses terres d’origine avec une cuisine contemporaine basée sur des produits directement issus des producteurs locaux. Ses clients ne s'y trompent pas et le surnomment « le prince de la lentille », aliment emblématique de son terroir. « Je veux donner une carte postale en couleur d’une région souvent vue en noir et blanc et ses produits emblématiques avec un travail moderne », narre-t-il, avec fierté.
Ce rapport aux producteurs, cet ambassadeur du Velay le consolide depuis une vingtaine d’années. « Je ne travaille qu’avec des artisans que je connais et en qui je fais confiance », explique-t-il. La recette pour proposer une carte à partir de produits de saison et locaux.
L'adresse : 97, rue du Cherche-Midi (6e).

Pierre Merlet est le plus jeune apiculteur de Paris

Ce sont dans les jardins Passagers du parc de la Villette (19e) que se cachent les dix ruches de Pierre Merlet, 24 ans, apiculteur aux Ruches de la Villette. C’est dans sa Mayenne natale, puis à Sciences-Po Paris qu’il a cultivé cette passion des abeilles et de l’artisanat. « Je me suis formé à l’apiculture très jeune à la fin du collège et j’ai développé ce projet pendant mes dernières années d’études », raconte-t-il.
Pierre Merlet Ruches Villette
Pierre Merlet produit du miel made in Paris.
Crédit photo : Pierre Merlet et Léa Schneider
Son mot d’ordre : l’accessibilité. « On veut produire du miel local que les Parisiens et les Parisiennes puissent s’offrir. » Le tout en circuit court : le miel est distribué dans un rayon de trois kilomètres. Ce jeune fondateur met beaucoup d’énergie à accueillir et initier le public, des familles aux professionnels, à cet artisanat durable et engagé. « L’apiculture est une porte d’entrée vers les enjeux actuels. On veut montrer qu’on peut cultiver le miel en veillant au bien-être des abeilles et en respectant leurs productions. »
L'adresse : jardins Passagers, parc de la Villette (19e).
66 000 artisans dans Paris !
La capitale compte 66 000 artisans pour 52 000 entreprises artisanales en 2022. Les corps de métiers relatifs à l’artisanat sont définis par la loi. Ils concernent l’alimentation, le bâtiment, la fabrication et les services. Pour être artisanales, les entreprises des secteurs cités doivent compter moins de dix salariés lors de leur création. Les services (réparation, taxis et VTC, coiffure et esthétique) représentent 46 % des entreprises artisanales, le bâtiment 26 %, la fabrication 19 % et l’alimentation 9 %.

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