Moi, Frédéric, éducateur sportif et champion d’Europe de boxe
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Mise à jour le 09/02/2026
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Au centre sportif Max-Rousié, inutile de le présenter. Après avoir enfilé la ceinture européenne de boxe anglaise en 1998, Frédéric Esther distille aujourd’hui ses conseils incisifs dans un club du 17e arrondissement. Rencontre (sans esquive).
De champion d’Europe…
« J’ai commencé
par la boxe française, à 14 ans, puis j’ai découvert la boxe anglaise au club
de Montrouge (Hauts-de-Seine). J’ai eu une enfance difficile, avec un père
violent. Lui qui en avait fait dans les années 1950 aux Antilles ne voulait pas
que je suive ses traces. Mais moi, cela me plaisait, et puis j’étais bon. Très
vite, en 1994, j’ai été sollicité pour rejoindre l’équipe de France. À 22 ans,
j’ai intégré l’Insep (Institut national du sport, de l’expertise et de la
performance), où je suis resté sept ans. J’étais coaché par Dominique Nato, désormais
président de la Fédération française de boxe. On est partis combattre à Cuba,
aux États-Unis, en Roumanie, en Finlande, en Espagne, en Côte d’Ivoire… C’était
magnifique !
En 1998, j’ai décroché le titre de
champion d’Europe à Minsk (Biélorussie). La France attendait une récompense
européenne depuis 1973. Je n’étais pas le favori, mais ma détermination a fait
la différence. L’année suivante, j’ai terminé troisième aux championnats du
monde, et je me suis qualifié pour les Jeux olympiques de Sidney 2000. Là-bas,
je ne suis parvenu qu’à atteindre les quarts de finale. C’est la seule médaille
qui manque à mon palmarès, c’est ainsi… Mais zéro déception : j’ai
combattu près de 150 fois ! »
… à boxeur et éducateur sportif
« Le noble art m’a beaucoup
apporté, de la sérénité, de la combattivité et du respect. Depuis que j’ai
rangé mes gants en 2004, j’essaie de partager mon expérience avec les personnes
que j’entraîne au club sportif des Épinettes-Batignolles. C’est Jacques
Manavian (champion de France militaire de boxe anglaise en 1948, décédé en 2020)
qui l’a créé en 1974. C’était une figure du 17e arrondissement, il était très proche des jeunes du quartier. Aujourd’hui,
je cultive son esprit.
Je coache des enfants, avec
l’objectif de leur apprendre à se déplacer et à donner des coups non appuyés.
Je suis particulièrement fier parce qu’il y a aussi des filles dans le groupe. Ici, je les
encourage toutes et tous à laisser leur agressivité en dehors du ring. On est
là pour s’amuser après tout ! »
Frédéric Esther, ancien champion d’Europe de boxe anglaise, dans le bureau du club sportif des Épinettes-Batignolles (17e).
Crédit photo :
Joséphine Brueder/Ville de Paris
Frédéric Esther, ancien champion d’Europe de boxe anglaise, au centre sportif Max-Rousié (17e).
Crédit photo :
Joséphine Brueder/Ville de Paris
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