Le Val-de-Grâce, ou la promesse tenue d'une reine exaucée
Le saviez-vous ?
Mise à jour le 27/01/2026
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Après plus d’un an de travaux, les jardins du Val‑de‑Grâce ouvrent au public le 27 janvier. Ancienne abbaye royale devenue hôpital militaire d’excellence, ce joyau du XVIIe siècle est le témoin privilégié de l'histoire parisienne et française, qu'elle soit patrimoniale, scientifique… ou politique ! Découvrez cinq anecdotes pour (re)découvrir ce lieu unique dans Paris.
À l'origine, la naissance d'un enfant solaire (et inespéré)
Anne d’Autriche, épouse de Louis XIII, fut longtemps privée d’héritier. Profondément pieuse, elle fit le vœu de fonder une église si Dieu lui accordait un enfant. En 1638, son souhait est exaucé : elle donne naissance à Louis Dieudonné, futur Louis XIV. En 1645, la reine tient sa parole divine : la construction de l'église de l'abbaye du Val-de-Grâce, qu'elle avait fondée en 1621, débute et s'achève en 1667, après sa mort.
À la Révolution française, le Val-de-Grâce devint un bien national. Le site échappe à la destruction et devient un hôpital d'instruction militaire en 1796.
Photo principale : gravure d'Adam Pérelle, vers 1660, dénommée "La Veuë du Monastere Royal du Val de Grace, du Côté du Jardin".
Un lieu de soin pionnier et novateur
Dès 1796, le Val-de-Grâce joue un rôle pionnier dans l’histoire de la médecine française. C'est ici que se forment les officiers de santé et où s’articulent soins, enseignement et recherche. Aujourd'hui, il fait partie des neuf hôpitaux d'instruction des armées, équivalents des Centres Hospitaliers Universitaires (CHU) dans le civil.
Parmi ses médecins les plus illustres figurent Dominique Jean Larrey, chirurgien de Napoléon et père de la médecine d'urgence, Jean-Antoine Villemin, qui démontre la contagiosité de la tuberculose, et Alphonse Laveran, prix Nobel en 1907 pour la découverte du parasite du paludisme. Le Val-de-Grâce incarne ainsi une concentration exceptionnelle d’innovations et de pionniers médicaux.
Un refuge pour les « gueules cassées »
Au début du XXᵉ siècle, et particulièrement pendant la Première Guerre mondiale (1914-1918), le Val-de-Grâce à Paris est l’un des centres majeurs pour le traitement et la reconstruction des blessures faciales graves, les tristement célèbres « gueules cassées » causées par les combats et les éclats d’obus. La guerre a marqué un tournant décisif : l’afflux massif de blessés a entraîné des avancées considérables dans de nombreuses spécialités médicales.
Aujourd’hui, les bâtiments historiques abritent le musée du Service de santé des armées, où l'on peut découvrir des moulages en cire réalisés en 1916, illustrant les avancées de la chirurgie réparatrice à travers des visages avant et après intervention. Ils accueillent également la bibliothèque centrale et l’École du Val-de-Grâce. L’église Notre-Dame du Val-de-Grâce, accessible via le musée, reste ouverte au public et continue d’accueillir offices et concerts.
Un gardien des secrets d'État
Le 2 septembre 2005, Jacques Chirac est pour la première fois de sa vie admis en urgence à l'hôpital du Val-de-Grâce.
Crédit photo :
Pool BASSIGNAC/SAMSON/Gamma-Rapho via Getty Images
Dans cet hôpital militaire, le secret‑défense était scrupuleusement préservé. C’est ainsi que plusieurs présidents français y ont été soignés à l’abri des regards. François Mitterrand, par exemple, y fut admis sous le nom d'emprunt d’« Albert Blot » lors de son traitement contre le cancer, information restée cachée du public jusqu’à la fin. L’établissement a également accueilli, en toute discrétion, de nombreux dignitaires étrangers.
Pour la petite histoire, c'est aussi au Val-de-Grâce que le président Jacques Chirac sera admis aux urgences pour la première fois de sa vie, en 2005, à la suite d'un AVC. Mais aucun mystère, dans le cas présent.
Bientôt un campus à la pointe de la recherche
En 1979, l’hôpital d’instruction des armées migre vers un bâtiment moderne construit sur l’ancien potager de l'abbaye. L’ancien hôpital militaire, fermé en 2016, dispose des meilleurs équipements possibles. Précurseur en France, notamment en médecine nucléaire et en neurochirurgie, il fut l’un des premiers établissements à disposer de deux imageries par résonance magnétique (IRM) ainsi que d’un robot chirurgical.
Le site va désormais être transformé dans les prochaines années en un centre de recherche dédié à la santé numérique : le PariSanté Campus. À partir de 2029, il accueillera divers instituts et projets innovants. Il comprendra à la fois des jardins ouverts au grand public et un campus scientifique de pointe.
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