Le Paris de… l’auteur Tonino Benacquista

Série

Mise à jour le 08/04/2026

Portait de Tonino Benacquista.
Alors que Paris et Rome fêtent cette année les 70 ans de leur jumelage, rencontre avec le plus romain des Parisiens : Tonino Benacquista, l’auteur de « Malavita » et de « Porca Miseria », coscénariste césarisé de « Sur mes lèvres ».
« Dès lors que je me suis installé à Paris, je ne l’ai plus jamais quittée. Je l’ai arpentée dans tous les sens, ce qui m’a permis de la connaître, jusque dans ses coins de rue », raconte Tonino Benacquista, les yeux rivés sur le jardin du Luxembourg (6e). Un lieu qu’il traverse chaque jour et dont il observe les richesses, protégé par sainte Clotilde et sainte Geneviève, selon les caprices du soleil. Des statues auxquelles il rend hommage dans son dernier roman Tiré de faits irréels, à travers l’énigmatique Reynald, le fantôme du Luxembourg. Portrait d’un auteur qui écrit Paris comme personne, un bout d’Italie toujours au coin du cœur.

Place d’Italie (13e)

« Comme beaucoup d’immigrés italiens installés dans la banlieue sud de Paris, j’ai découvert la capitale par la place d’Italie, qui était mon point d’arrivée. L’avenue d’Italie, le boulevard des Italiens, l’avenue des Gobelins : c’est dans ce quartier du 13e arrondissement que j’ai assisté à mes premières séances de cinéma ! »

Jardin du Luxembourg (6e)

« J’ai la chance d’habiter à proximité, je le considère comme mon deuxième bureau. Chaque jour, j’y viens pour travailler, parfois pendant des heures, à la recherche de ce silence si particulier. C’est un moment d’apaisement, une parenthèse arborée et heureuse. J’aime cette impression d’être dans une enceinte, où l’on croise ses résidents, où l’on se donne rendez-vous, où l’on parle toutes les langues. »

La galerie Vivienne (Paris Centre)

« J’y ai vécu et j’y suis resté attaché. Avec son silence, ses éclairages et son architecture typique du XIXe siècle, on s’y sent hors du temps ! En tant qu’auteurs de polars, le lieu m’est aussi précieux : Eugène-François Vidocq, qui a inspiré de nombreux écrivains, y a fondé la première agence de détectives privés au monde ! »

Cimetière du Montparnasse (14e)

« Je l’affectionne beaucoup, j’y apprécie la qualité du silence et l’atmosphère de recueillement. Il abrite de nombreux résidents qui me sont chers, comme Maupassant, dont je vais visiter la tombe deux à trois fois par an. J’aime aussi y observer les rites autour de certaines sépultures : celle de Marguerite Duras avec son bouquet de stylos, celle de Simone de Beauvoir avec ses traces de rouges à lèvres ou celle de Serge Gainsbourg avec ses mégots de cigarette. »

Le Grand Palais (8e)

« Pour moi, c’est le lieu de la démesure à Paris, celui qui est aux frontières de l’imagination et où l’on peut tout inventer. Tout y est absolument incroyable, notamment la vue depuis ses toits : elle est vertigineuse, dans tous les sens du terme. C’est pourquoi l’idée du Grand Palais, catalogue déraisonné m’est venue, lorsque le photographe Raphaël Gaillarde m’a proposé de collaborer avec lui en 2010. »
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