L’historien et résistant Marc Bloch entre au Panthéon

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Mise à jour le 24/06/2026

L'affiche du film Marc Bloch , Au nom de la France de Hugues Nancy
Fondateur de l’école historique des Annales et enseignant à la Sorbonne, Marc Bloch était aussi un résistant, assassiné par les nazis en 1944. Il est entré le 23 juin au Panthéon, avec son épouse Simonne. Revivez en vidéo la cérémonie.
Intellectuel de renom, historien médiéviste, fondateur d’une école historiographique reconnue mondialement, mais aussi résistant fusillé à 57 ans : Marc Bloch (1886-1944) a eu de multiples vies. Le 23 juin, il est entré au Panthéon (5e), accompagné de son épouse Simonne. Un hommage national, ouvert au public, quatre-vingt-deux ans après son exécution par la Gestapo.
C’est un cénotaphe – un édifice commémoratif dépourvu de dépouille – qui a fait son entrée dans le célèbre monument de l’ancienne place des Grands-Hommes. Les sépultures de Marc et Simonne Bloch resteront au cimetière du Bourg-d’Hem (Creuse), où ils ont été inhumés.

Un début de carrière prometteur stoppé par Pétain

Né le 6 juillet 1886 dans le Rhône dans une famille juive alsacienne, Marc Bloch, qui a enseigné à l’université de Strasbourg dès 1910, a également une relation forte à Paris. Il entre, comme son père avant lui, à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm (5e) en 1904. C’est à l’université de Strasbourg qu’il fonde en 1929 avec Lucien Febvre la revue Annales d’histoire économique et sociale, qui donnera son nom à la célèbre école historiographique ayant révolutionné la manière de faire de l’histoire.
En 1937, retour dans la capitale : Marc Bloch occupe la prestigieuse chaire d’histoire économique de la Sorbonne. Un poste qu’il perd avec l’arrivée du maréchal Pétain au pouvoir et la promulgation du statut des Juifs en octobre 1940. Il parviendra à reprendre ses cours en zone libre en 1941, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) et Montpellier (Hérault).

Une bibliothèque léguée à la Sorbonne

À l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, il a transmis de son vivant l’Institut d’histoire économique et sociale, fondé en 1938. Sa bibliothèque, confisquée et expédiée en Allemagne par l’occupant nazi à la fin de l’année 1940, est aussi léguée, à titre posthume, à l’université. Des cours d’histoire sont donnés quotidiennement dans la salle qui porte son nom dans la Sorbonne.
Entré dans la clandestinité et engagé dans la Résistance à partir de 1943, il est arrêté le 8 mars 1944 à Lyon, torturé et exécuté par la Gestapo le 16 juin 1944. Il meurt aux côtés de 27 autres résistants.
Son épouse Simonne, atteinte d’un cancer, décède le 2 juillet 1944 à l’hôpital de Lyon.

Marc Bloch en quelques dates

  • 1886 : naissance à Lyon ;
  • 1904 : entrée à l’École normale supérieure à Paris ;
  • 1914/1918 : mobilisé pour la Première Guerre mondiale. En 1916, il devient officier de renseignement. Il finit la guerre comme capitaine, quatre citations militaires ;
  • 1924 : publication des Rois thaumaturges ;
  • 1929 : parution du premier numéro de la revue des Annales d’histoire économique et sociale, qui transforme la pratique de l’histoire, ouvrant largement aux sciences sociales ;
  • 1936 : nomination à la Sorbonne, où il devient professeur d’histoire économique en 1937 ;
  • 1939 : mobilisé à sa demande. Il obtiendra une nouvelle citation militaire ;
  • 1940 : relevé de ses fonctions sous l’effet du statut des Juifs ;
  • 1943 : il rejoint le mouvement de résistance Franc-Tireur et entre dans la clandestinité à Lyon ;
  • 1944 : arrestation le 8 mars par la Gestapo, détenu à la prison de Montluc (Lyon), interrogé, torturé puis assassiné le 16 juin à Saint-Didier-de-Formans (Ain). Son épouse Simonne meurt de maladie le 2 juillet 1944.
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