Encadrement des loyers : des locataires nous racontent comment ils ont été remboursés

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Mise à jour le 10/06/2026

Immeuble d'habitation

À la demande de la Ville de Paris, l’encadrement des loyers est en place dans la capitale depuis le 1er juillet 2019. Grâce à cette mesure, plusieurs milliers de locataires ont vu le montant de leur loyer régularisé et ont récupéré les sommes versées en trop. Quatre d’entre eux témoignent.

Vous avez signé un bail à compter du 1er juillet 2019 ? Pour savoir si votre loyer respecte les plafonds autorisés, il suffit de quelques clics et d’informations basiques (date de la signature du bail, montant du loyer et des charges, adresse du bien…). Rendez-vous sur la page dédiée.

Et si vous avez encore besoin d’être convaincu de l’efficacité du dispositif, il suffit de consulter les témoignages de bénéficiaires ci-dessous.

Margot, étudiante : « J’ai récupéré 1 000 euros de trop-perçus »

« Même si le loyer était cher, je vivais dans un studio situé dans le 18e arrondissement, faute de mieux. Je n’ai entendu parler de l’encadrement des loyers qu’après avoir signé le bail. En vérifiant, j’ai constaté qu’il y avait un dépassement de 110 euros… J’ai contacté le propriétaire pour tenter de régler cela à l’amiable, mais il m’a donné des arguments fallacieux pour justifier ce dépassement. C’est pourquoi j’ai décidé d’engager une procédure.

Si je devais le refaire, je le referais. Car c’est juste et que cela représentait beaucoup d’argent pour moi.

Margot
21 ans

Côté démarches, j’ai pu compter sur les juristes de l’Adil (Agence départementale d’information sur le logement de Paris), rencontrés dans une mairie d’arrondissement. Avec leur aide, j’ai envoyé plusieurs courriers recommandés au propriétaire, restés sans réponse. J’ai saisi la Commission départementale de conciliation, qui a rédigé un avis sur la situation, en soulignant que j’étais dans mon bon droit et que le propriétaire devait se soumettre à l’encadrement des loyers. Avec cet avis, j’aurais pu saisir un juge. Le propriétaire a toutefois fini par baisser le loyer via un avenant au contrat et à me rembourser un trop-perçu de plus de 1 000 euros. »

Virgil a récupéré 8 000 euros pour son 54 mètres carrés : « Sans la mairie, je ne l’aurais pas fait »

« Je connaissais le loyer des anciens locataires de notre appartement et je savais qu’il y avait un énorme écart : ils payaient 1 500 euros contre 1 976 euros pour nous ! J’ai vérifié si mon loyer était concerné par un dépassement et, puisque c’était le cas, j’ai déposé un signalement. La Ville de Paris m’a demandé des justificatifs, puis j’ai reçu un courrier m’indiquant la mise en demeure du propriétaire. J’ai ensuite été en contact avec son avocate et nous avons négocié une restitution de trop-perçus de 8 000 euros. Le loyer, lui, a baissé de 400 euros par mois.

Le propriétaire possède tout l’immeuble et nous étions très nombreux à être concernés par un dépassement. Nous sommes plusieurs à avoir fait respecter nos droits. Il est certain que la mise en demeure effectuée par la mairie de Paris a grandement aidé dans ce dossier. Sans son soutien, je n’aurais sûrement pas fait cette démarche. »

Sonia, un dépassement de 200 euros par mois : « J’étais dans une situation d’urgence »

« J’ai entendu parler de l’encadrement des loyers par hasard, via mon voisin dont le logement appartenait au même propriétaire que le mien. En vérifiant sur le site de la Ville de Paris, le résultat était sans appel : je payais environ 200 euros de trop chaque mois, et cela, depuis le début de mon bail, il y a plus de deux ans. Quand j’ai pris ce logement, j’étais en plus dans une situation d’urgence : le propriétaire de mon ancien appartement vendait, ce qui me laissait juste quelques mois pour déménager.

Je savais que cet appartement était un peu cher, mais je faisais confiance au propriétaire.

Sonia
52 ans

Avec mon voisin, nous avons remonté l’information du dépassement à notre propriétaire. Ce dernier soutenait que l’encadrement ne s’appliquait pas sur nos baux respectifs. Nous avons alors porté notre dossier auprès de la Ville de Paris, avant de laisser tout cela de côté et de déménager. À ce moment-là, je n’avais plus vraiment espoir de récupérer cet argent. Quelques mois plus tard, le propriétaire m’a pourtant recontactée. Peut-être avait-il reçu une mise en demeure ? Honnêtement, je ne sais pas ce qu’il s’est passé en coulisses… Mais j’ai reçu le remboursement de plus de deux ans de trop-perçus : soit environ 5 000 euros. »

Amandine, locataire d’un 20 mètres carrés : « Mon loyer dépassait l’encadrement de 380 euros ! »

« N’étant pas parisienne, j’ai commencé à louer, avec mon compagnon, un appartement de 20 mètres carrés dans le 11e arrondissement pour 1 200 euros. C’était cher, mais je me suis dit que c’était normal pour Paris. Puis, après avoir vu à la télévision qu’il existait un encadrement des loyers, j’ai immédiatement fait le test : mon loyer aurait dû être plafonné à environ 800 euros ! Quand je me suis rapprochée du propriétaire pour lui expliquer la situation, il a été très réfractaire. La communication a été compliquée… Alors, nous avons entamé des démarches auprès de la Ville de Paris tout en recevant les conseils de l’Adil.

Au total, il s’est passé environ une année entre le moment où j’en ai parlé directement avec le propriétaire et celui où j’ai récupéré l’argent. Nous avions quitté l’appartement, et la restitution des trop-perçus s’est faite de manière rétroactive. La somme était très importante : 5 000 euros ! Cela valait le coup, même si j’aurais préféré trouver un compromis à l’amiable avec le propriétaire. »

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