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Focus

Ces associations qui nous rapprochent (2/2)

Mise à jour le 07/12/2020
Distribuer des repas chauds, enseigner le français aux réfugiés et demandeurs d'asile, proposer une approche globale pour les femmes victimes de violences… Les structures associatives tissent le lien entre les habitants. Attentive à leur vitalité, la Ville de Paris les soutient de différentes façons. Second focus sur trois d'entre elles.

Un moment pour elles, c’est « Existencielles »

« Ici, on écoute les deux langages, le psychique et le physique », annonce d'entrée de jeu Delphine Guerlet, fondatrice d’Existencielles. L’association rassemble au 60, rue Saint-Sabin (11e) des thérapeutes de toute discipline pour un accompagnement psycho-corporel, socio-professionnel, voire juridique depuis septembre 2018. Les femmes victimes de violences, de harcèlement, de burn-out professionnel ou parental y trouvent une « prise en charge à 360° » qui aborde « toutes les dimensions de l’être corps-esprit ».
Association existencielles
Au 60 rue Saint-Sabin, des professionnels se regroupent pour garantir un accompagnement global aux femmes victimes de violences.
Association existencielles
Psychologue, sophrologue ou ostéopathe, enseignante en qi gong, coach professionnelle et hypnothérapeute … Les quinze thérapeutes ont signé une convention avec Existencielles : ils s’engagent à plafonner et adapter le coût de leur consultation en fonction des revenus des patientes.

Des stages sur l'estime de soi subventionnés par la Ville

En 2018, Existencielles remporte un appel à projets de la Ville de Paris. Le thème : un stage pour se réconcilier avec soi-même. La structure reçoit des financements pour une session sur huit semaines début 2020 auprès de femmes suivies au Samu social. « Nous avons travaillé sur l'image de soi, le langage corporel, l’importance du regard, la façon de prendre la parole, le pouvoir d'agir », précise Delphine. « Il s'agit de prendre conscience de ses forces pour aider à regarder devant soi, prendre sa juste place, être entendue », résume la directrice, également psychosociologue. La subvention a été renouvelée en octobre 2019 pour un futur stage.
Côté formation, Delphine a bénéficié entre 2018 et 2020 de nombreuses sessions de la Ville de Paris pour maîtriser la gestion associative. Au programme de ces demi-journées : le budget, les financements, les réseaux sociaux, les relations presse, les newsletters, etc. « Je suis sociologue et psychologue de base. L'administratif peut être stressant et je n'étais pas à l'aise avec. Construire un rapport d'activité, un budget prévisionnel… ce n'est pas inné. J'ai beaucoup appris avec ces formations certifiantes de la Maison de la Vie associative et citoyenne du 11e. » Aidée pour appréhender certains aspects administratifs, Delphine peut orienter à sa façon les femmes dans leur cheminement.

« Français Langue d’accueil », maîtriser la langue pour s'intégrer

Apprendre le français, vite, « parce que, pour notre public, c'est urgent. C'est le cœur indispensable pour l'insertion professionnelle », pointe Marie-Hélène Perrin, co-présidente de Français Langue d'accueil (FLA). La structure propose des ateliers d’apprentissage du français, à raison de 9 heures par semaine pour les réfugiés et les demandeurs d’asile. « Notre but : les amener vers l'autonomie en France. Pour cela, la maîtrise du français est primordiale », souligne la bénévole.
Créée en 2010, cette association implantée dans le 10e organise des cours de français à des participants de plus de 35 nationalités différentes, de langues et de cultures diverses. Un sur cinq n’a pas été scolarisé, alors que 10% ont suivi des études supérieures.
Association Français Langue d’accueil
Les bénévoles enseignent le français à des migrants ou réfugiés politiques de plus de 35 nationalités différentes.
Association Français Langue d’accueil
« Leur envie et leur motivation sont très fortes malgré des conditions de vie précaires, note la co-présidente. Il y a une forme d'urgence à maîtriser a minima le français, ne serait-ce que pour comprendre comment remplir les formulaires administratifs pour accéder à des aides sociales. Malgré les difficultés qu'ils rencontrent, certains sont à la rue, d'autres sont déboutés ou envoyés en province, ils s'investissent beaucoup. Ils forcent notre respect. »

Plus que des cours de français

Les 170 bénévoles et l’équipe de 5 permanents accompagnent les bénéficiaires vers l’insertion professionnelle. FLA dispense aussi des ateliers autour du monde du travail et des techniques de recherche d’emploi. En près de onze ans d'activité, des anciens participants occupent aujourd'hui un emploi en CDI et en CDD. C’est aussi via la chorale, le dessin, le théâtre et la visite de musées que le français s'apprend à l'association.
La Ville de Paris subventionne l'association à travers plusieurs appels à projet : le programme REFUG, celui de la Politique de la Ville et le Parcours linguistique à visée professionnelle. En 2019, les subventions de la mairie ont représenté 26% du budget. Pour fonctionner, FLA a besoin de salles de cours, de manuels, de polycopiés, de supports pédagogiques. Elle forme aussi ses bénévoles à l'enseignement du français langue étrangère. Parce que bien assimiler la langue relève de l'urgence vitale pour certains.

Une « table ouverte » aux plus fragiles

Des files de 2 kilomètres, plus de 650 repas servis par jour… Lors du premier confinement, l’association « la Table ouverte » a mobilisé ses bénévoles pour répondre à l’urgence de la crise sociale et offrir des repas aux plus démunis.
En temps normal, « la Table ouverte » propose de l’aide aux plus fragiles et gère un restaurant associatif rattaché à l’Institut des Cultures d’Islam (ICI), dans le même bâtiment que ses locaux. Les menus à 10 € permettent de financer les distributions alimentaires.

Des repas chauds midis et soirs

Avec le confinement, le restaurant associatif a provisoirement fermé, mais les distributions alimentaires ont explosé : 7 500 repas chauds et 3 000 froids en trente jours. Fin avril, la structure a pris ses quartiers à la friche Polonceau (angle des rue Polonceau et des Poissonniers) (18e) où elle distribue des denrées et sert une soupe chaude aux personnes en situation de précarité. Soit 150 repas chaque midi et soir. « Beaucoup de nos bénéficiaires ont perdu leur emploi à la suite du premier confinement. Certains n’ont pas pu reprendre le train et sont restés à la rue », indique Rachid Arar.
Association table ouverte distribution repas
L'association distribue des repas aux plus précaires midi et soir.
Mahdi Aridj
La Ville de Paris verse des subventions à hauteur de 20% du budget de l’association. Salaires des permanents, achats des matières premières et des ustensiles, couverts… Chaque repas coûte 3,5€ à produire. Les dons des particuliers et le soutien des partenaires complètent les ressources de la« Table ouverte ».
Actuellement fermé, l’ICI accueille depuis le 16 novembre dans son hall de 175m2 une quarantaine de personnes par service, pour un repas pris assis, au chaud. « Les gens sont accueillis à table, mangent dans de vraies assiettes qui résonnent quand la cuillère touche le fond, pas des couverts jetables », souligne le responsable de l’association. « Mais nous savons que nous allons être débordés, les demandes vont affluer », conclut-il.

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