Des places et des rues en hommage aux militants LGBTQI+

La Ville célèbre la mémoire des personnalités dont la vie et l’œuvre ont contribué à la lutte pour les droits des personnes LGBTQI+ à travers le monde en inaugurant mercredi 19 juin 2019 dans le 4e arrondissement les «places Harvey Milk, Ovida Delect et des Emeutes de Stonewall», et une «rue Pierre Seel». Elle dévoilera aussi une plaque commémorative en hommage à Gilbert Baker inventeur du drapeau arc-en-ciel.

Paris honore la mémoire des militants des luttes LGBTQI+

Cette célébration se tient dans le cadre de la Quinzaine des Fiertés LGBT+ de l’Inter-LGBT, quelques jours avant la Marche des Fiertés qui commémorera les 50 ans des émeutes de Stonewall qui ont eu lieu à New-York. Lors de cette édition 2019 de la Marche des Fiertés et pour la deuxième année consécutive, la Ville de Paris aura son char et marchera derrière le mot d’ordre « Filiation, PMA : marre des lois a minima ! ».

Ces hommages font suite aux avis émis par la commission de dénomination présidée par Catherine Vieu-Charier, en accord avec la recommandation 44 du rapport de Jean-Luc Romero de « Nommer certaines rues, places et équipements en l’honneur de personnalités LGBTIQ » et avec le soutien de Parisiennes et de Parisiens.

Harvey Milk, 1er élu municipal américain ouvertement homosexuel

Son engagement politique le fait connaître comme le maire de Castro Street à San Francisco. En 1977, Harvey Milk est élu au conseil municipal, dans l’équipe de George Moscone, et devient le premier homme ouvertement homosexuel à être élu. Il est assassiné en 1978 et considéré comme un martyr de la cause homosexuelle. Envisageant son possible assassinat, Harvey Milk s’enregistra et déclarera dans une de ces cassettes : "If a bullet should enter my brain, let that bullet destroy every closet door", en référence aux personnes homosexuelles qui craignent de faire leur coming outDans le 4e arrondissement, une place se dénomme Harvey Milk en hommage à ce militant des droits et personnes homosexuelles.

Ovida Delect, poétesse et militante communiste

Déportée en 1944 pour résistance, elle rentrera des camps à 19 ans. Ovida Delect née Jean-Pierre Voidies,  transitionne et choisit son nom de femme et de plume en 1975. Cette poétesse et militante communiste produit de nombreux ouvrages et témoigne de sa transsexualité. Dans les années 80, Ovida trouva refuge à Paris après la diffusion d’un documentaire, intitulé « Appelez-moi Madame ». Dès 1952 et toute sa vie, elle vivra avec sa femme Huguette. En mémoire à Ovida Delect, le carrefour de la rue des Blancs Manteaux et de la rue des Archives porte son nom.

Les Émeutes de Stonewall à l’origine de la Marche des Fiertés

2019 marque les 50 ans des Émeutes dites de Stonewall qui débutent dans la nuit du 27 au 28 juin 1969 à New York. Cet événement de rébellion contre l’autorité policière et la persécution des homosexuels est l’avènement du mouvement militant pour les droits des personnes LGBTQI+. Quelques mois après cet événement, deux organisations militantes sont créés à NYC et trois journaux sont fondés pour promouvoir les droits des personnes #LGBTQI+. Dans le 4e arrondissement, une place porte désormais le nom des Émeutes de Stonewall.

Pierre Seel, déporté français pour homosexualité

Pierre Seel fut déporté en 1940 à tout juste 17 ans à cause de son orientation sexuelle. Il revient des camps de la mort en 1942 et ce n’est qu’en 1978 qu’il trouvera la force de témoigner sur les raisons de sa déportation, notamment dans un livre marquant publié il y a 25 ans. En hommage à Pierre Seel, une rue située entre la rue de Rivoli et celle du Roi de Sicile, porte son nom.


Gilbert Baker, créateur du drapeau des fiertés

Artiste américain, militant des droits civiques. a conçu le célèbre étendard aux huit couleurs pour la journée de la liberté homosexuelle, en 1978.Ce drapeau est à l’origine composé de huit couleurs qui représentent dans l’ordre (du rouge au violet) la sexualité, la vie, la guérison, la lumière du soleil, la nature, la magie et l’art, la sérénité et l’harmonie et enfin l’esprit. Aujourd’hui composé de six bandes colorées, ce drapeau est depuis sa création adopté à travers le monde en tant que symbole universel de l’identité lesbienne, gay et bisexuelle et du mouvement transgenre. Une plaque commémorative square Sainte-Croix de la Bretonnerie rend hommage à Gilbert Baker.

Et les hommages se poursuivront : Paris, capitale des Fiertés, poursuit ce travail de mémoire, et travaille actuellement aux prochains hommages qui seront rendus à Yves Saint-Laurent, Bernard-Marie Koltès, Marielle Franco, Cleews Vellay, Edith Thomas, Madeleine Pelletier, Alan Turing, Marguerite Huré, Thérèse Pierre et James Baldwin.

Paris capitale des Fiertés

Paris, fierté dans tous les arrondissements

Plus de 40 lieux ont été dénommés dans tous les arrondissements en hommage à des personnes LGBTQI+, depuis l’inauguration de la plaque en hommage à Bruno Lenoir et Jean Diot, rue Montorgueil, en 2014. Ainsi la Maire de Paris et ses adjoint·es ont inauguré, la place Renée Vivien (3e), le jardin Mark Ashton (4e), le square Michel Foucault (5e), l’allée Pierre Herbart (7e) la promenade Coccinelle (18e) et le passage Susan Sontag (19e).

Paris est la capitale de l’amour

Pour la première fois dans le monde, grâce au vote à l’unanimité des groupes politiques représentés au Conseil de Paris, les couples de femmes sont entrés dans la nomenclature officielle d’une ville avec l’allée Claude Cahun et Marcel Moore ou encore la place Louise-Catherine Breslau et Madeleine Zillhardt dans le 6e arrondissement.

A l’occasion du 75e anniversaire de la Libération de Paris, les allées Éveline Garnier et Andrée Jacob, couple de résistantes, seront inaugurées le 29 août 2019.

Paris Ville des fiertés, à l’unanimité

Depuis le début de la mandature, le Conseil de Paris adopte à l’unanimité les hommages à des personnalités issues de tous les horizons, traduisant ainsi la diversité et la visibilité pour lesquelles Paris est fière : jardin Federico García Lorca (4e), square Roger Stéphane (7e), passage Rose Valland (17e ), Bibliothèque Violette Leduc (11e), jardin Françoise Mallet-Joris, place Keith Haring (13e), rue Hervé Guibert (14e) et la rue Eva Kotchever (18e).


Dernière mise à jour le mercredi 19 juin 2019
Crédit photo : ©Sophie Robichon / Mairie de Paris

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