Dispositif Premières Heures: une réinsertion progressive avec Emmaüs Défi

À travers son action de collecte et de revente de meubles et d'objets auprès des particuliers, l'association permet aux personnes en situation de grande exclusion de se réinsérer dans la société et dans le monde du travail.

Une superficie de 3.600 mètres carrés dont 900 ouverts à la vente, 150 salariés, 100 bénévoles réguliers… Situé au 40, rue Riquet, dans le 19e arrondissement de la capitale, le bric-à-brac d’Emmaüs Défi est un lieu à part. C’est ici que sont acheminés les meubles et objets dont les Parisiens ne veulent plus. Ils sont ensuite proposés à la vente à des tarifs pouvant intéresser à la fois les petits budgets et les chineurs avertis en quête de la perle « vintage ». Meubles, bibelots, vêtements, électroménager, livres, disques… Il y en a pour tous les goûts.

Mais l’action d’Emmaüs Défi dépasse de loin la collecte et la revente. Derrière les volants des véhicules de livraison, dans les ateliers du bric-à-brac et le long des allées du magasin s’activent les maillons d’une grande chaîne de solidarité, dont les premiers bénéficiaires sont les personnes en réinsertion travaillant « à l’heure ».

«Lorsque l’on vit dehors, on perd la notion du temps»

Mise en place par la Mairie de Paris, Emmaüs Défi fait partie de la vingtaine d’associations à bénéficier du dispositif Premières Heures qui permet aux grands exclus de reprendre une activité professionnelle à un rythme progressif. D’abord deux heures par semaine, puis quatre, puis huit… «Lorsque l’on vit dehors, on ne dort pas. On est constamment sur le qui-vive donc on est fatigué, explique Nicolas Tronc, salarié de l’association. On perd la santé, la notion du temps, la confiance en soi… C’est donc très difficile de reprendre un travail à plein temps.» L’objectif est de resocialiser les personnes, puis de les réinsérer par le travail jusqu’à atteindre les vingt-six heures hebdomadaires d’un contrat unique d’insertion.

Il est 8h15 ce vendredi-là. Les salariés et bénévoles arrivent progressivement. Massés dans l’entrée, un café encore brûlant à la main, ils se saluent dans la bonne humeur. Certains sont en foyer, d’autres dorment à l’hôtel. 8h30 sonne. L’heure pour Simon de répartir les équipes sur les différentes tâches à effectuer.

« Ceux qui peuvent accomplir un travail physique partent en collecte ou en livraison. Ce genre d’activité vide la tête, commente le chef d’équipe. Les autres sont affectés au tri de la vaisselle, du textile… »

«J’ai un contrat jusqu’en janvier 2015. Maintenant je me sens prêt à redémarrer»

«Joffrey* et Boris*, vous partez récupérer des meubles dans le 17e !» Le top départ est donné. Les deux hommes montent dans l’un des camions de l’association, direction les beaux quartiers parisiens. Âgé de 47 ans, Joffrey s’est retrouvé dans la rue après une rupture sentimentale. Il a bénéficié du dispositif Premières Heures en 2013, et entame aujourd’hui son deuxième contrat d’insertion avec Emmaüs Défi. Aujourd’hui, il vit dans un foyer. «J’ai un contrat jusqu’en janvier 2015. J’ai de la chance d’avoir pu bénéficier des Premières Heures. Maintenant je me sens prêt à redémarrer.»

L’immeuble où la collecte doit être effectuée apparaît. Une dame a entrepris de vider plusieurs caves et a donc appelé l’association. «Si cela peut être utile à d’autres…» commente-t-elle, dans un sourire. Tables, armoire, chaises, fauteuils et même un vélo d’appartement: les deux hommes multiplient les allers-retours. Boris transpire à grosses gouttes, mais garde le sourire. Joffrey et lui sont arrivés quasiment en même temps chez Emmaüs. Comme Joffrey, Boris est aujourd’hui en contrat unique d’insertion. Originaire de Pologne, il vit à Paris depuis cinq ans. L’association l’a repéré lors d’une maraude. «Au début, ils m’ont proposé de venir travailler tous les jeudis. Aujourd’hui, j’ai un travail jusqu’au début de l’année prochaine, et je dors tous les soirs à l’hôtel», se réjouit-il. À terme, l’objectif est la réinsertion dans une entreprise classique. Et peut-être le passage à l’autre bout de cette grande chaîne de la solidarité.

«Cette démarche "à la carte" et personnalisée représente une véritable innovation sociale, puisqu'aucun contrat de travail ou contrat aidé n’admet un tel fonctionnement», explique Pauline Véron, adjointe à la Maire chargée de l'emploi. «Outre le retour à l’emploi, ce dispositif amène les bénéficiaires à renouer avec les institutions par le biais du travail et facilite ainsi la sortie de la rue, à travers l’accès aux droits, aux soins et au logement.»

* Les prénoms ont été modifiés.

Informations pratiques

Bric-à-brac de Riquet
40, rue Riquet (19e).
Horaires : mercredi de 13h30 à 18h, et le samedi de 10h à 18h

Dernière mise à jour le jeudi 29 septembre 2016
Crédit photo : Emmaüs Défi

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