Le mur des Je t’aime, 25 ans d’amour en 250 langues

Le saviez-vous ?

Mise à jour le 13/08/2025

Une touriste devant le mur des Je t'aime aux Abbesses.
Dans le 18e arrondissement, 612 carreaux de lave émaillée créent une œuvre unique pour les amoureux du monde entier : le mur des Je t’aime. Alors qu’il a été restauré pour ses 25 ans, voici 5 faits que vous ignoriez (peut-être).

Un collectionneur de « Je t’aime » a donné vie à ce monument

Début des années 1990. Frédéric Baron est pianiste à Montmartre (18e). Lui vient l’idée de créer une œuvre poétique universelle. Pendant sept ans, il va solliciter ses amis, ses voisins et des visiteurs du monde entier pour qu’ils écrivent sur une feuille des « Je t’aime » dans leur langue. Les calligraphies ainsi collectionnées seront d’abord publiées dans Le Livre des Je t’aime. Puis arrive l’idée du mur, « comme un ciel étoilé de "Je t’aime", un cosmos où chacun pourrait se reconnaître ».
Frédéric s’associe à l’artiste calligraphe Claire Kito afin de donner corps au projet. Il lui présente une première maquette réunissant une centaine d’écritures, et elle assemble le mur en veillant à respecter la gestuelle de chaque déclaration d’amour. Ensemble, ils repèrent un pignon de mur dans le square de la place des Abbesses (18e). « Le mur des Je t’aime ne pouvait être que là ! » En 2000, le monument prend vie – il est même inauguré avec un lâcher de pigeons blancs dans le ciel de Paris.

Du basque au bambara, on peut y lire 311 déclarations d’amour

Le mot « Je t’aime » a été appliqué au pochoir 311 fois sur les 38 mètres carrés de surface que composent les 612 carreaux de lave émaillée bleus. Parmi eux se glissent également les fragments d’un cœur rouge découpé, comme un puzzle à reconstituer.
« Il existe près de 7 000 langues dans le monde, mais peu d’entre elles ont une tradition écrite, explique Frédéric Baron. Ce qui me fascine, c’est la trace ; ce qui fascine Claire Kito, c’est le geste : le mur des Je t’aime parle d’écriture. C’est aussi une œuvre rigoureuse. Toutes les langues des 193 États membres appartenant à l’ONU sont reproduites, auxquelles s’ajoutent des langues moins connues, comme le kirghiz ou le bislama, de nombreux dialectes ou même la sténo ! Au total, le mur comprend 311 "Je t’aime" dans 250 langues, car certaines sont représentées plusieurs fois selon les variantes culturelles ou grammaticales. »

3,5 millions de visiteurs s’y bousculent chaque année

Ce mur est un incontournable pour les visiteurs de Montmartre : qui n’a pas posé en photo devant le « Je t’aime » écrit dans sa langue d’origine ? On compterait entre douze et quatorze passages par minute aux heures d’ouverture du square Jehan-Rictus (18e). Et la fréquentation ne fait que progresser ! C’est une œuvre d’art vivante qui a vu des demandes en mariage, des baisers enflammés, des déclarations d’amitié, des danses et un tas d’autres performances !
Des copies ont vu le jour au Pérou et en Afrique du Sud. « L’objectif est d’avoir un mur des Je t’aime sur chaque continent, lâche Frédéric Baron avec enthousiasme. Sa notoriété va bien au-delà de ce que l’on avait imaginé et tous les hommages qui lui sont faits nous apportent du bonheur, cela prouve l’affection que les gens portent à une œuvre qui véhicule un message simple et universel. »

Sa brillance vient d’être retrouvée

C’est sans avoir à déplacer les carreaux que le service de conservation des œuvres d’art religieuses et civiles (COARC) de la Ville de Paris est intervenu pour la restauration du mur courant 2024. Il a d’abord fallu la décrasser et retirer les tags, autocollants et graffitis : les couleurs ont ainsi retrouvé leur peps. Les joints ont également été reconsolidés. Quelques carreaux étaient fissurés et certaines écritures avaient été abîmées au fil du temps en raison d’éclats ou de gravures, ce qui rendait moins lisibles certains « Je t’aime ».
Cette restauration a également été l’occasion de corriger des écritures erronées ou tronquées… On a notamment découvert qu’un caractère d’un alphabet coréen était tracé à l’envers ! Enfin, pour le protéger des ruissellements, une couverture en zinc va être posée au-dessus du mur - un échafaudage a été posé au mois d'août 2025.

L’œuvre fête ses 25 ans en grande pompe

Pour ses 25 ans, le mur des Je t’aime devient un laboratoire collaboratif. En plus des œuvres de street art apposées spontanément sur les côtés et au-dessus de la façade depuis plusieurs années, notamment le collage de Rue Meurt d’Art représentant Rita Hayworth, Frédéric Baron et Claire Kito souhaitent laisser de la place à de nouvelles créations venues d’artistes du monde entier, dans une démarche d’hommage permanent.
Illustrateurs, chanteurs, créateurs de mode et de bijoux, body painter et marqueteur ont déjà dévoilé leurs œuvres originales. On trouve par exemple à Séoul (Corée du Sud) une installation numérique interactive de 30 mètres de long reproduisant le mur des Je t’aime. Une exposition rassemblant toutes ces œuvres se prépare : en ligne pour la fin de l’année et en 2026 à Montmartre.
Cette année anniversaire sera également l’occasion de réaliser une table tactile à destination du public malvoyant en lien avec l’association Valentin Haüy.
Appel à projets

Vous êtes artiste ? Vous avez des idées pour rendre hommage au mur des Je t’aime ? Écrivez à [contact puis lesjetaime.com après le signe @]pbagnpg@yrfwrgnvzr.pbz[contact puis lesjetaime.com après le signe @]

Square Jehan Rictus
14, place des Abbesses
75018 PARIS
Complément d'adresse
Accès place des Abbesses, rue La Vieuville et passage des Abbesses
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