Promenade urbaine Barbès – La Chapelle – Stalingrad

Un espace public de qualité à reconquérir.

Le territoire du projet : un site d’exception

Le boulevard de la Chapelle fait partie du réseau de voies dites des Fermiers-Généraux, qui ont remplacé vers 1864, l’enceinte du même nom correspondant aux limites du Paris de 1789. La vocation initiale de ces boulevards et de leur terre-plein central planté, outre que de créer un réseau périphérique doté de transports en commun (tramway), était d’offrir aux parisiens un espace continu de promenade.

Cette vision a été fortement remise en cause avec la construction de la ligne 2 du métro en aérien au début du XXe siècle puis avec l’essor de la voiture. Aujourd’hui, la prédominance automobile restreint les espaces dédiés aux piétons. Devant le fort encombrement et la fragmentation des espaces publics qui entravent les cheminements piétons, cette artère est vécue comme une coupure urbaine entre les 10ème, 18ème et 19ème arrondissements.

L’axe jouit néanmoins d’atouts importants, dont sa situation stratégique aux échelles métropolitaine et locale. Le quartier reçoit 665 000 voyageurs quotidiens via ses gares. Il bénéficie aussi, par la présence de l’hôpital Lariboisière, d’un équipement de santé important. Le Sacré-Cœur, la butte Montmartre, ses artistes et son histoire forment un pôle touristique majeur de la capitale qui participe au rayonnement francilien et à la visibilité internationale du lieu, tout comme le bassin de la Villette, le Louxor et le 104. Par ailleurs, le marché Barbès, qui s’installe 2 fois par semaine sous le viaduc entre Barbès et le carrefour Maubeuge est un pôle d’attractivité fort, engendrant des nuisances récurrentes dont se plaignent les riverains.

L’ouvrage d’art que constitue la ligne aérienne du métro présente un intérêt patrimonial, témoin de l’architecture industrielle parisienne par la délicatesse du dessin de sa structure iconique et la prouesse technique du franchissement en particulier.

Le boulevard structure le fonctionnement de la vie urbaine du quartier (métro, commerces, services). Il profite aussi de la proximité d’acteurs culturels dynamiques (Bouffes du Nord, Centre Barbara) et de nombreux équipements scolaires.

L’encombrement de l’espace sous le métro aérien empêche de porter un regard dans l’axe du boulevard et dissuade de l’emprunter comme une promenade. Il contraint les flux piétons et induit des espaces résiduels, dénués d’usages, qui invitent à l’appropriation par des pratiques marginales. Les piétons n’osent ni emprunter, ni franchir le terre-plein, et restent sur les trottoirs latéraux, de trois mètres, devenus trop étroits, grignotés par les étals des commerces, les livraisons fréquentes et les nombreux regroupements de personnes statiques.

Au niveau du carrefour de la Chapelle, c’est la question de la sécurité des piétons, cyclistes et autres usagers que posent chaque jour l’encombrement de l’espace et le trafic automobile. L’espace, inconfortable, n’est qu’un lieu de passage et un carrefour routier. Cela lui confère une faible mixité d’usages et d’usagers. Par ailleurs, les nuisances telles que le bruit ou la pollution influent négativement sur la qualité de vie des habitants. Enfin des problématiques de genre se posent dans la fréquentation de l’espace public.

La linéarité du boulevard, la présence du métro aérien, fort marqueur de l’identité et de l’histoire du lieu et l’horizon dégagé qu’offre les grandes perspectives des deux faisceaux ferrés sont des éléments qui constituent un potentiel majeur de revalorisation du secteur.

L’objectif du projet est donc de reconquérir l’espace urbain afin de créer une promenade piétonne à l’échelle de Paris. Cet axe qui reliera les grands sites du nord de Paris offrira un espace public qualitatif et paysagé.

Un contexte local difficile

Le site subit depuis plusieurs années des contraintes d’usages fortes.

Différents camps de migrants se sont installés sous le viaduc RATP, ils sont aujourd’hui tous démantelés.

De plus, une forte présence masculine statique perdure sur ces espaces. Les différents marchés de la misère (revente de produits récupérés ou volés), ventes à la sauvette et autres trafics, occupant les trottoirs de manière excessive, rendent les cheminements piétons très difficiles.

Enfin, la propreté de cette zone est un problème récurrent.

Mais un secteur en pleine dynamique urbaine

Ce projet s’inscrit dans un secteur au cœur de nombreux projets urbains :

- Les projets d’aménagements des espaces publics portés par la Ville de Paris :

  • Création d’une Oasis Urbaine : des squares Louise de Marillac et de Jessaint, projet intégré à la promenade urbaine.
  • Aménagement du carrefour formé par les rues Stalingrad - Valmy et La Fayette.
  • Réaménagement de la place Jan Karski
  • Réalisation du REVe Nord-Sud (réseau express vélo)
  • Réalisation du tram T3b

- les 6 secteurs d’aménagement du projet Paris Nord-Est (Chapelle International, Hebert, Chapelle Charbon, Campus Condorcet, Gare Dubois et Gare des Mines, Ordener Poissonniers).

- GPRU du quartier Goutte d'Or

- La restructuration de la gare du Nord

- Le projet Balcon Vert, le long de la gare de l'Est.

- La rénovation de l’hôpital Lariboisière par l’APHP dont les premiers travaux débuteront début 2019.

- Le projet de réalisation du CDG-Express

Une concertation riche depuis 2014

Le diagnostic très complet des espaces publics situés dans le périmètre du projet est le résultat d’une concertation menée depuis 2014. Ainsi, le premier état des lieux très documenté de l’APUR a pu être complété grâce aux ateliers et aux marchées exploratoires menées avec les associations et les usagers. Cette démarche participative sur l’état des lieux a ouvert d’autres perspectives sur les besoins et attentes des usagers et a permis de mieux « comprendre » l’espace du projet.

Le diagnostic et les hypothèses du projet d’aménagement ont ensuite été partagés lors des réunions publiques.

  • Novembre 2014 : mise en place d’un atelier de projet regroupant la Ville, mais aussi les Conseils de quartier, les associations, lieux culturels RATP…
  • 13 janvier 2015 : marche exploratoire et premier atelier (diagnostic prospectif)
  • 16 février 2015 : second atelier (premiers principes d’aménagement)
  • 16 mars 2015 : troisième atelier (usages et usagers)
  • 10 avril 2015 : restitution des ateliers et propositions de pistes d’aménagements
  • 25 mai 2016 : Réunion publique de restitution des ateliers et propositions de pistes d’aménagements
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    Consulter la présentation de l’APUR
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  • Jeudi 28 septembre 2017 : 3 marches exploratoires
  • Jeudi 5 octobre 2017 : réunion publique de concertation

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  • Jeudi 21 décembre 2017 : réunion publique de concertation

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Le projet de promenade urbaine Barbès - Chapelle – Stalingrad

Le projet d’aménagement

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L’espace public parisien doit répondre aux grands enjeux suivants :

  • La réappropriation de l’espace public par les usages : permettre une reconquête de l’espace public par les piétons, c’est proposer des services, des animations et des usages qui visent à améliorer le cadre de vie des habitants. Il s’agit de répondre aux exigences en termes de confort et de diversité des usages pour une appropriation de l’espace public par tous.
  • La réappropriation de l’espace public par l'amélioration de l'éclairage public sous le métro aérien et par une mise en lumière de son architecture remarquable.
  • Les propositions d’aménagement sur le projet de promenade urbaine s’inscrivent en outre dans les principes fondamentaux de désencombrement et d’élargissement du terre-plein central et des trottoirs et dans un principe de limitation de la circulation automobile.

Ainsi le projet vise à rétablir les cheminements piétons sur le terre-plein central et à permettre l’installation de nouveaux usages par :

  • Le désencombrement du terre-plein central par la suppression ou le réaménagement des cages de sport dégradées et non utilisés ;
  • Le réaménagement du carrefour Maubeuge/Tombouctou dans le prolongement du marché Barbès ;
  • Le réaménagement du carrefour Aubervilliers/Château Landon avec l'aménagement des pirtes cyclables du REVe (Réseau Expresse Vélo) Nord - Sud;
  • Le réaménagement du carrefour La Chapelle pour atténuer son caractère routier et permettre l’élargissement des trottoirs devant les deux squares, la déchetterie et la station de métro, redonner un parvis au théâtre des Bouffes du nord ;
  • La création d’une oasis urbaine par la requalification des deux squares enclavés et faiblement fréquentés de la place de la Chapelle ;
  • L’élargissement du terre-plein central au droit de la déchetterie et de la station de métro la Chapelle pour permettre la continuité des parcours piétons est-ouest et une meilleure accessibilité de la station de métro ;
  • L'élargissement des trottoirs latéraux lorsque c'est possible par suppression d'une file de circulation ou de places de stationnement ;
  • Le réaménagement de la rue Jessaint en zone de rencontre (limitée à 20km/h)

La suppression d'une fille de circulation  :

  • Entre les rues Guy-Patin et du Faubourg Saint-Denis, passage à une seule file par sens, au lieu de deux, sauf à l'approche du carrefour pour permettre les "tourne à gauche"
  • Entre les rues Philippe de Girard et de L'Aqueduc, la suppression d'une file de circulation sera préfigurée début 2019, pour s'assurer de la possibilité de sa suppression à plus long terme.

Un projet d'éclairage ambitieux est envisagé 

1. Modernisation de l'éclairage public sous le métro : éclairage bilatéral par des luminaires de style.

2. Illumination de la sous-face du métro (tablier) pour alléger la pesanteur de cette structure métallique à la tombée de la nuit.

3. Illumination des piliers en pierre et des blasons, ainsi que les arches métalliques aux principaux carrefour et au niveau des voies ferrées.

La partie 1 sera réalisée à partir de septembre 2018.

Les parties 2 et 3 sous soumises au vote lors du budget participatif 2018.


Le phasage du projet

Préalablement au projet d’aménagement urbain, Eau de Paris réalise des travaux de renouvellement de ses conduites souterraines (travaux en cours de finition en octobre 2017), et la RATP a débuté des travaux de rénovation du viaduc du métro (réfection complètes des peintures anticorrosion) en septembre 2017 pour une durée de 18 mois environs.

Un projet de co-construction et collaboratif : le collectif « CivicLine »

Suite à un appel à projets, le collectif « Civic Line » a été choisi par la Mairie de Paris pour faire émerger des projets de nouveaux usages qualitatifs, permettant une réappropriation individuelle et collective des espaces publics. Il s’agissait d’amorcer un processus d’activation des usages sur le terre-plein central à travers une programmation et une préfiguration avec les habitants et associations pour renforcer l’animation et la vie de quartier.

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Dernière mise à jour le mercredi 13 juin 2018
Crédit photo : Dada Lumière

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