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Rodolphe Sebbah, photographe : la rue lui appartient

Mise à jour le 28/06/2017
Après 30 ans à travailler les pierres précieuses, Rodolphe Sebbah décide un jour de tout plaquer pour s’adonner à sa vraie passion: la photographie de rue. L’appareil photo vissé à son cou, il arpente les rues parisiennes et photographie ses semblables. Ce qui l’intéresse: témoigner d’une époque. Rencontre avec un photographe à l’œil très malicieux.
Il a l’air tout étonné qu’on s’intéresse autant à lui, Rodolphe Sebbah. Au café où il attend, il s’est mis dans un coin. Mais c'est peut-être pour mieux observer les passants et capturer une scène insolite. C'est sa passion: tirer le portrait de ses semblables. Rodolphe est photographe de rue. Nous l’avions repéré au détour d’une publication d’ami d’ami sur Facebook. « Je suis parisien, je photographie les Parisiens. Si j'avais habité la montagne j’aurais photographié les montagnards » raconte-t-il simplement. Sauf que c’est quand même les gens qu’il aime observer et photographier.

Caractère de cochon
Caractère de cochon
Rodolphe Sebbah
Et surtout il a le chic de toujours attraper la scène étonnante, amusante ou émouvante. Il donne l’impression d’être toujours là au bon moment. Il rectifie « il n’y a pas de bon ou de mauvais moment. Il y a ce que je vois et que peut-être les autres ne voient pas, Ce qui m’intéresse c’est comment évoluent mes semblables dans la ville, comment ils se déplacent, ce qu’ils portent, qui les accompagnent, leurs attitudes parfois toutes simples." N'empêche, il a l'art de toujours capter le détail cocasse, quelque fois le ridicule, mais toujours avec bienveillance et puis aussi l’émotion. "C’est vrai je suis plus attiré par la petite mamie qui rentre toute chargée chez elle que par, je ne sais pas moi, un banc ou un lampadaire dit-il en riant."

"Des sourires et des Hommes"

"En tant que photographe de rue, je suis en permanence confronté aux affiches, enseignes, slogans publicitaires, tags et toute forme de textes écrits en général. Parfois la confrontation de ces messages urbains avec leur environnement peut donner des photos amusantes ou cocasses." La série présentée ci-dessous dont certaines ont fait l’objet de deux expositions: l’une au Salon de la Photo de Paris en novembre 2014 et l’autre au Salon de la Photo de Yokohama au Japon en février 2015, en est un aperçu.

"Cela n’a rien de très original, ce que je fais" reprend-il simplement. D’autres avant moi l’ont fait: Doisneau, Cartier-Bresson, Garry Winogrand, Robert Franck, Bruce Davidson. Je me sens de leur famille. Au départ, c’était des icônes dont on admire les photos. Mais en comparant les miennes aux leurs, je m’aperçois qu’on fait tous plus ou moins les mêmes. C’est juste l’époque qui change, les voitures, les costumes, les décors urbains. Comme eux, ce qui me plaît c'est de laisser une trace. Peut-être que dans des dizaines d'années, on dira "tiens alors les Parisiens ils étaient comme cela, au début du 21e siècle."

Un peu de chacun de nous…

On aime voir ces photos car c’est un peu de chacun de nous, citadins pressés ou flâneurs, importants ou modestes. Et ses quartiers préférés ? Il répond d’emblée; les quartiers populaires en général et les rues de Belleville et Ménilmontant en particulier. "Depuis l'époque de Doisneau et de Willy Ronis la population du quartier a changé, ainsi que les commerces, mais les petites rues bordées de leurs vieux immeubles centenaires sont toujours là et on trouve encore parfois des enfants jouant dans la rue, des ouvriers cassant la croûte sous un porche ou des commères assises sur le pas de leur porte. C’est sûr que c’est plus vivant que les grandes avenues du 17e en pleine après-midi" dit-il en riant, le visage qui s’illumine.
Il a le regard coquin Rodolphe Sebbah et la rue est son terrain de jeu. Dans le brouhaha de la ville il regarde aussi ses semblables avec tendresse. Et le métro lui offre de merveilleux instantanés de vie.
Il a toujours eu un appareil photo, il a toujours déclenché, il a toujours aimé cela. Alors il continue. Il n'en vit pas vraiment il a trouvé un petit job alimentaire et profite du temps que cela lui laisse pour parcourir la ville. Il regrette la difficulté parfois de pouvoir photographier librement les personnes du fait d'un droit à l'image assez raide. Secrètement il rêve qu'un éditeur le contacte. Une série de cartes postales a été éditée avec ses photos.

De Paris à Pékin

La reconnaissance dont il est le plus fier ? "Au tout début, une chinoise m'a contacté pour faire un portrait de moi dans un magazine de Pékin. Elle m'avait repéré sur Flick'r où j'avais posté quelques photos. J'étais scié." Et puis il a reçu le Zoom du Public, délivré par le Salon de la Photo qui lui a d'ailleurs consacré une exposition de 21 travaux. "Je n'en revenais pas, j’étais vraiment heureux parce que la photographie c’est quand même une grande solitude, tu te balades seul, tu fais des photos que tu trouves bien mais dont tu ne sais pas si les autres vont les trouver aussi marrantes que toi. Et soudain, tu as plein de gens qui admirent ton travail, qui rigolent de tes images, et qui ressortent de l’exposition avec le sourire."

Il raconte encore cette anecdote incroyable: "Je cite souvent un photographe français des années 50, que j'adore, René Maltête. Quand je regardais son travail je me disais voilà c'est cela que j'aime faire, moi aussi. Et un jour sur le salon de la Photo quand j'exposais, son fils Robin Maltête s'est présenté à moi en me disant que ce que je faisais était génial et que son père aurait adoré mes photos. Autant dire que je dégoulinais de fierté".
Vous pourrez bientôt voir le travail de Rodolphe Sebbah à la Mairie du 10e où il a été sélectionné pour exposer une vingtaine de photos pour la 7e édition des Rencontres Photographiques du 10e, du 16 octobre au 18 novembre 2017, une exposition organisée avec l’ association Fetart, organisatrice du festival Circulation(s),
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Pour sa déco en bois et cuir. Quand j'ai plusieurs heures de marche dans les jambes j'aime me poser au premier pour regarder sur mon appareil les photos que j'ai prises dans la journée.
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Des milliers de livres photo

Pour son choix hallucinant de livres de photos et son petit fauteuil crapaud en cuir où on peut s'asseoir pour les feuilleter sans être dérangé.
Le 29, librairie photographique
29, rue des Récollets Paris 10E
La serveuse
La serveuse
Rodolphe Sebbah

Les quais des bouquinistes

Prendre conscience que chaque année des millions de gens traversent des océans et des continents pour faire une fois dans leur vie cette balade que je peux faire chaque jour. Un bonheur.
Quai de Gesvres
Quai de Gesvres Paris 4E

C'est authentique et c'est bon

Pour avoir l'impression que le temps s'est arrêté en 1960, pour sa cuisine maison délicieuse, simple et pas chère et son couple de patrons charmants, monsieur au bar et madame aux fourneaux.
Le verre à pied
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Parisien
Parisien
Rodolphe Sebbah

Comme en vacances chez soi

Pour sa tonnelle de vigne, sa vue à 360 degrés sur Paris et ses touristes qui donnent le sentiment d'être en vacances dans sa propre ville. Assez peu connue des Parisiens.
Terrasse panoramique du Printemps
64 boulevard Haussmann Paris 9E

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